Cet été la ville de Saint-Malo organise une exposition des oeuvres de Mathurin Méheut, vous y verrez des toiles, des peintures, des livres et fait exceptionnel de magnifiques fresques : 25 œuvres du décor réalisé pour l’Institut de Géologie de Rennes, qui sont le seul témoignage encore actuellement conservé en l’état de l’art de Méheut en tant que décorateur monumental, la majeure partie de ses autres réalisations ayant disparu aujourd’hui. (Voir l’affiche)
Affiche de l'exposition Mathurin Méheut à Saint-Malo en 2011
Sur nos rayons actuellement les magnifiques ouvrages sur la broderie et quelques petits ouvrages dont le recueil Saint-Pol Roux.
Broderies Bretonnes illustrés par Mathurin Méheut et texte de Jean de la Varende
La première enquête de Maigret (1918) chez G.P. 1964
Le Monde et Pierre Assouline viennent de rééditer une partie des oeuvres de Simenon. C’est effectivement un bon choix. Un grand auteur, populaire mais suffisamment écrivain pour plaire aux amateurs de littérature « Blanche ». Enfin « Noire » ou « Grise fonçée » pour Simenon serait plus juste. Monsieur Assouline qui tient un blog très interessant a réorganisé l’oeuvre et la présente. Il a entre autre publié une bonne biographie de l’auteur chez Julliard. « Chaque ouvrage est enrichi de textes passionnants, dans lesquels Simenon lui-même éclaire son œuvre et son existence. » Voilà de bonnes raisons de réimprimer.
Je repose la question : Faut-il ENCORE réimprimer Simenon ? J’y ajoute ENCORE, car nos rayons et nos réserves regorgent de collections dédiées à cet auteur : les éditions originales ou anciennes chez Fayard, aux Presse de la cité (et d’autres éditeurs pour les titres sous pseudos), les intégrales chez Rencontres, aux Presses de la Cité réimprimée par France Loisirs et Omnibus ; les format poches : Presses de la Cité, Livre de Poche, Pocket, Folio…
Tout cela fait au total dans notre petite librairie de province plus de 400 volumes.
Les éditeurs ont-ils la mémoire courte. Quid de l’histoire de l’édition ? Est-ce que pour eux un livre lu est jeté ?
Il me semble que le marché de l’occasion devrait suffire à alimenter les nouveaux et les anciens lecteurs de Simenon. Je dois sans-doute me tromper.
La collection poésie au format poche des éditions Gallimard compte à ce jour 429 titres et 245 auteurs. C’est environ 150 nouveaux volumes différents de la collection dont nous disposons actuellement. Egalement sur nos rayons de nombreux volumes de la collection les poètes d’aujourd’hui chez Seghers. Avis aux amateurs : ils ne passeront pas l’été. De Rimbaud à Prévert, les portes de la perception sont ouvertes pour le plaisir des yeux, des oreilles et de la langue.
Les oeuvres de Rimbaud en poésie chez Gallimard
En avant goût deux cadeaux. Un passage d’ « enfance » de Rimbaud qu’il faut imaginer chanté par les Frères Jacques. (On trouve cette très jolie version sur le disque : En sortant de l’école, Rym Music, 2001)
Au bois il y a un oiseau, son chant vous arrête et vous fait rougir.
Il y a une horloge qui ne sonne pas.
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches.
Il y a une cathédrale qui descend et un lac qui monte.
Il y a une petite voiture abandonnée dans le taillis, ou qui descend le sentier en courant, enrubannée.
Il y a une troupe de petits comédiens en costumes, aperçus sur la route à travers la lisière du bois.
Il y a enfin, quand l’on a faim et soif, quelqu’un qui vous chasse.
Et l’Inventaire de Jacques Prévert par les frères cités ci-dessus. Sans oublier le raton laveur…
Je tiens à vous faire partager deux lectures de cette semaine : « Le journal d’Hiroshima » de Michihiko Hachiya, préface de Benoist Méchin (Albin Michel, 1956) et « Avoir détruit Hiroshima » correspondance de Claude Eatherly avec Gûnther Anders. Préface de Bertrand Russell et de Robert Jungk (Robert Laffont 1962).
Le premier a toutes les qualités du grand reportage : entre « le Peuple de l’Abîme » de Jack London et les revues XXI dont nous parlons souvent ICI, nous pouvons placer ces deux livres, qui ont toute la qualité du grand reportage. Dans le premier l’adage « la réalité dépasse la fiction » trouve sa démonstration. On y découvre l’horreur de l’après explosion, mais aussi la dignité du peuple japonais, son attachement à l’empereur et à son histoire. Certains passages, très durs, ne sont pas sans rappeler « La Route » de Comac MacCarty ou les livres de Ballard tel que « Sécheresse » ou « le vent de nul part ». Mais l’auteur sait aussi prendre de la distance et certaines de ses petites histoires ne sont pas du tout dénuées de poésie.
Dans le second nous découvrons la correspondance de Claude Eatherly qui était pilote de l’avion de reconnaissance qui devança « Enola Gay » au dessus d’Hiroshima, avec Günther Anders disciple de Husserl et d’Heidegger. Il y est beaucoup question de responsabilité et de culpabilité. On notera surtout la préface de Robert Jungk dont nous citons ici un large passage tant il colle à l’actualité : « Nous devrions tous ressentir sa douleur (celle d’Eatherly qui se rend compte de sa culpabilité, qui n’a pas recours au refoulement mais qui pousse un cris d’alarme ou d’autres se taisent, dans une attitude de résignation.) et la proclamer (S’indigner !!!), nous devrions lutter avec toutes les forces de notre conscience et de notre raison contre l’apparition dans le monde de l’inhumain et de l’antihumain.
Mais nous restons muets, nous gardons notre sang-froid, nous jouons les « blasés ».
Notre paix pourtant n’est qu’apparence. En réalité, nous sommes tout aussi incapables de supporter l’épreuve psychologique des « armes » nouvelles. Sous leur impact, les bases de notre existence morale et politique s’effondrent. L’écart entre ce que nous voulons défendre et les moyens mis en oeuvre s’agrandit de jour en jour…. Plus loin : les armes atomiques vident la démocratie de son sens en déléguant à une petite minorité le pouvoir des décisions suprèmes, elles mènent à la déshumanisation des hommes chargées de la défense des pays, puisque ceux-ci doivent toujours être prêts à jouer leur va-tout. Elle désintègrent dans les pays qui en disposent la foi profonde des citoyens dans leur vocation humaine et morale. »
Sans commentaire…
En prime le cauchemar nucléaire vu par le grand Akira Kurosawa’s en 1990. Extrait de Dreams : le mont Fuji en Rouge. On s’interessera également à la vision de Katshiro Otomo dans Akira…
Le journal d'Hiroshima par Michihiko Hachiya chez Albin Michel en 1956Avoir Détruit Hiroshima correspondance de Claude Eatherly avec Günther Anders Robert Laffont 1962
Nos murs sont actuellement décorés par de jolies « estampes » japonaises (reproduites au japon au début du début du XIX) tandis que dans une de notre vitrine trône un exemplaire magnifique des promenades japonaises d’Emile Guimet. Deux raisons de se laisser aller à quelques rêveries orientales. Pour commencer cette ballade on consultera le magnifique travail de la BNF sur le Ukiyo-e. Et pour aller à l’essentiel la très bonne page sur Wikipédia. Pour finir nous vous offrons un passage filmé de la littérature japonaise. En 1985 sortait « Mishima » de Paul Schrader. Ce film illustré par la musique envoutante de Philip Glass m’a laissé un souvenir marquant. En voici un des plus beaux passage : Kinkakuji : le pavillon d’or.
Promenades japonaises Tokkyo Nikko illustrées par Félix Regamey 1880Impression japonaise début XX° d'estampe plus ancienne
Les revues Spirou et Tintin viennent de remplir nos rayons (doit-on les présenter ?). Ce ne sont pas moins de 31 volumes en reliures d’éditeur qui viennent de rentrer sur nos étagères. Les collectionneurs y retrouveront :
Pour Spirou : les numéros, 91, 92, 94, 95, 97, 99, 100, 101, 102, 111, 112, 114, 117, 120 , 129, 130, 150. (de 1963 à 1978, complet des mini récits et maxi-récits)
Pour Tintin : les numéros 53, 54, 55, 57, 58, 59, 62 (dos jaune notre photo), 63, 65, 67, 79, 82, 85, 87. (Année 1960 à 1970 environ)
Reliure Tintin dos jaune numéro 62Reliure Spirou numéro 91
Si vous aviez à votre disposition une machine à remonter le temps, quel livre ramèneriez vous après une visite chez un libraire de neuf l’époque ?
C’est une question amusante que nous nous posons de temps en temps. Parfois la machine se présente à nous sous forme de cartons intouchés dans un grenier. Ce fut le cas la semaine dernière. Nous avons ramené de notre voyage dans le temps un lot exceptionnel, par son état, d’éditions originales de Fleuve Noir espionnage. Les 162 premiers numéros (sans le bandeau rouge) tous illustré par Gourdon sauf les numéros 3/6/7/28/29/31/32/54/55/108/111/141, 160 et 161, et quelques uns avec le bandeau. Les exemplaires sont donc pour une très grande partie non massicotés (sauf quelques numéros de la tête de série.)
Couverture de Gourdon pour d'où vient la mort de Graham Livanderth N° 12Consigne impitoyable par Paul Kenny, couverture de Gourdon pour les éditions Fleuve Noirvitrine fleuve noir espionnage début de sérievitrine fleuve noir espionnage...
La biodiversité a toujours eu ses défenseurs et ses observateurs. De Dezallier d’Argenville (dont nous présentons ici la magnifique 3° édition) à Bernard Heuvelmans il y a 200 ans (1757 pour l’édition de la Conchyliologie, 1955 pour l’édition de sur la piste des bêtes ignorées – Tome 1. Indo-Malaisie – Océanie – Tome 2 : Amérique – Sibérie – Afrique). Pendant cette longue période l’édition à vu passer les Buffon et autres Lacépède. Depuis de nouveaux encyclopédistes se sont emparés de ce travail de titan. Nous en parlions ICI. Aujourd’hui je souhaite attirer votre attention sur une collection courante dans laquelle on été publié les textes de Jacques Delamain sur les oiseaux : Les livres de nature chez Stock. C’est une édition dont les textes sont toujours écrits à la manière de nos grands auteurs naturalistes de Maurice Genevoix à Paul Géroudet. N’hésitez pas à nous les demander en librairie. Ce sont des petits livres dont vous deviendrez vite friand.
La vie des rivieres, livre de nature à la librairie StockSur la piste des bêtes ignorées volume I chez Plon.
La Conchyliologie, ou Histoire naturelle des coquilles de mer, d’eau douce, terrestres et fossiles, avec un traité de la zoomorphose, ou représentation des animaux qui les habitent : Troisième édition augmentée (la plus rare) de ce texte devenu un classique depuis sa parution en 1742. Sa Conchyliologie a pour but de faciliter la détermination des coquillages, qu’ils soient marins, fluviaux ou terrestres, fossiles ou actuels. D’Argenville entame une troisième édition de cet ouvrage réédité en 1757 et souvent critiqué, mais sa mort la laisse inachevée. C’est le graveur et éditeur Jacques de Favanne (1716-1770) et le fils de celui-ci Jacques Guillaume de Favanne qui la fait paraître en 1780. Cet ouvrage, très populaire auprès des collectionneurs, est utilisé par Carl von Linné pour l’organisation de sa propre collection. Il y utilise en outre, dès 1742, une nomenclature binominale qui préfigure celle de Linné.
frontispice de la Conchyliologie édition de 1780 Chez de Bure
17 Juil 2011
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Cet été la ville de Saint-Malo organise une exposition des oeuvres de Mathurin Méheut, vous y verrez des toiles, des peintures, des livres et fait exceptionnel de magnifiques fresques : 25 œuvres du décor réalisé pour l’Institut de Géologie de Rennes, qui sont le seul témoignage encore actuellement conservé en l’état de l’art de Méheut en tant que décorateur monumental, la majeure partie de ses autres réalisations ayant disparu aujourd’hui. (Voir l’affiche)
Sur nos rayons actuellement les magnifiques ouvrages sur la broderie et quelques petits ouvrages dont le recueil Saint-Pol Roux.