Librairie Abraxas-Libris
Spécialiste du livre ancien et moderne depuis 1999 à Bécherel la cité du livre en Bretagne
  • Abraxas-Libris achète vos livres.
  • À propos
  • Contact
  • Newsletter
RSS

23 Avr 2017

0 Comments

« L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline », de Valentine de Saint-Point, artiste multifacettes et féministe avant l’heure

La Trouvaille de cette semaine est une « tragédie en 3 moments avec musique de scène », intitulée « L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline« . Outre la qualité de l’oeuvre et la rareté du livre en question, c’est avant tout de l’auteure dont nous souhaitons vous parler. Cette artiste encore trop méconnue a tour a tour porté la casquette d’écrivain, de poète, de dramaturge, de critique d’art, mais aussi de peintre et de chorégraphe ! Portrait de cette « sur-femme ».

Valentine de Saint-Point : débuts littéraires

Né en 1875 à Lyon, Valentine de Saint-Point, de son vrai nom Anna J. V. M. de Glans de Cessiat-Vercell est l’arrière petite-nièce du poète Alphonse de Lamartine. C’est en hommage à son aïeul qu’elle prend le pseudonyme de Saint-Point (nom du château de ce dernier). Elle fait son entrée dans la vie publique à partir de son second mariage (1900) en organisant un salon littéraire. Plusieurs figures artistiques et politiques répondent présent : Mucha, Rachilde, Paul Fort, Gabriel d’Annunzio ou encore Auguste Rodin. Rodin pour lequel elle accepte d’ailleurs de poser et avec qui elle développe une tendre amitié qui ne manquera pas d’influencer son parcours artistique. En témoignent les poèmes d’admiration que Rodin lui inspire : « Le Penseur » ou « Ses mains« . Une inspiration réciproque -ce dernier la surnomme « la déesse de chair dans son inspiration de marbre », qui s’exprimera à travers leur correspondance.

Alors qu’elle met fin à son second mariage, elle décide de prendre le nom de Saint-Point et de ne plus jamais se marier afin de laisser libre cours à sa vie artistique. Suite à son divorce (1904), elle vit en union libre avec le poète italien Ricciotto Canudo, qui l’encourage à écrire. De Saint-Point ne tarde pas à publier ses premiers recueils de poésie (« Poèmes de la mer et du Soleil« ), à produire des articles pour diverses revues (« La nouvelle revue« , « Le Mercure », « Poésia« , etc). L’auteure explore également le genre romanesque, provoquant parfois le scandale, notamment avec son titre univoque « Un inceste« .

Après ces premiers écrits, Valentine de Saint-Point s’essaye au théâtre avec son premier drame en un acte : « Le Déchu » (1909). Bien que malmenée par la critique, son auteure continue sa production théâtrale ancrée dans un esprit féministe.

Le salon baroque de l’artiste Valentine de Saint-Point (1913)

Métachorie, luxure et politique

En 1911, elle s’installe dans un atelier d’artiste, au 19 rue de Tourville, afin de se consacrer (entre autres) aux arts picturaux. En multipliant les réceptions mondaines, elle gagne en notoriété et ses soirées « apolliniennes » sont courues dans le tout-Paris. De nombreux artistes et intellectuels s’y retrouvent et viennent présenter leur derniers poème, pièce ou sonate (Maurice Ravel, Villiers de l’Isle-Adam, Boccioni ou encore Filippo Tommaso Marinetti). Ce dernier est l’auteur du « Manifeste du futurisme« . Mouvement dont elle se rapproche mais en y apposant sa touche féministe en publiant le « Manifeste de la femme futuriste » et un peu plus tard « Le manifeste futuriste de la luxure« . De Saint-Point y prône une « sur-femme » virile et vivant pleinement sa sexualité, le pendant du « sur-homme » de Nietzsche. Elle se fait également remarquer en exposant ses tableaux et gravures sur bois au « Salon des indépendants » jusqu’en 1914.

En 1913, son compagnon lance la revue « Montjoie!« , autoproclamée « Organe de l’impérialisme artistique français » qui rallie l’avant-garde artistique du pays : Valentine Hugo, Guillaume Apollinaire, Fernand Léger ou André Salmon pour n’en citer que quelques-uns. C’est à cette époque que Valentine de Saint-Point s’intéresse de plus près à la danse. De ses expérimentations et de sa réflexion naissent une nouvelle forme d’art transdisciplinaire : la métachorie. Cette « danse graphique/idéiste » illustre donc des poèmes à l’aide de compositions de Claude Debussy, Maurice Ravel ou Erik Satie.

« […] dans la Métachorie, c’est l’idée qui en est l’essence, l’âme. La danse et la musique étant suggérées par elle, on peut donc dire que la Métachorie forme un organisme vivant, dont l’idée est l’âme, la danse le squelette, et la musique la chair. »

par Valentine de Saint-Point

Lorsque la guerre éclate, Valentine de Saint-Point -à l’instar de ses confrères masculins Apollinaire et Blaise Cendrars, s’engage au sein de la Croix-Rouge. Puis elle quitte la France en 1916 et part voyager en Espagne, aux États-Unis et au Maroc, où elle se convertit à l’islam. Quelques années plus tard, elle revient en France, le temps de constater que plus rien ne l’y retient. Elle publie son dernier roman en 1924 puis part s’installer au Caire avec deux amis. La vie culturelle qu’elle continue de mener activement se teinte de politique avec la création de « Phoenix, la revue de la renaissance orientale » (1925). La publication, très critique vis-à-vis de l’impérialisme du monde occidental sur le monde musulman, ne tarde pas à engendrer des conflits au sein de la communauté francophone et avec les autorités égyptiennes pour cause de troubles à l’ordre public. Si elle veut rester dans le pays, elle doit cesser toutes ses activités politiques. Ce qu’elle consent à faire.

Valentine de Saint-Point consacre le reste de sa vie à la spiritualité avec l’étude des religions et la pratique de la méditation. Elle s’éteint en 1953 au Caire alors âgée de 78 ans, sous le nom de Rawhiya Nour-el-Dine.

Concernant les décors pour l'édition de L'âme impériale ou l'Agonie de Messaline imprimée en 1929
Concernant les décors pour l'édition de L'âme impériale ou l'Agonie de Messaline imprimée en 1929
« ‹ of 8 › »

Si vous souhaiter en savoir plus sur Valentine de Saint-Point, voici un article complémentaire sur l’analyse de son œuvre.

By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Art, Ecrivain, Féminisme, journalisme, Poésie, théâtre, Valentine de Saint-Point

5 Avr 2017

0 Comments

« Les 1001 nuits », illustré par Lucien Laforge

Rendez-vous cette semaine à la croisée de deux univers : l’Orient exotique des « Mille et une Nuits » et un illustrateur français à contre-courant de son époque. La trouvaille que nous souhaitons partager avec vous cette semaine : « Les 1001 nuits » de 1912, illustré par Lucien Laforge, ou quand les contes traditionnels rencontrent le trait d’un dessinateur avant-gardiste, cela donne une œuvre unique !

Lucien Laforge, un homme de convictions

C’est à Paris et en 1889 que naît Lucien Laforge, d’une mère peintre de miniatures et d’un père violoniste. Nourri à l’art dès l’enfance, il hésite quelques temps entre devenir musicien professionnel ou bien dessinateur. Il choisit finalement le dessin et suit des cours à l’académie Humbert. Critique, il trouve que l‘enseignement y est trop académique et qualifie le style dominant de pompier. Laforge n’a en effet que peu de goût pour cette tendance prônant la profusion de détails, l’emploi de couleurs trop vives afin de créer un effet sensationnel. Il suffit de regarder quelques dessins du peintre-dessinateur pour s’apercevoir que son style se situe aux antipodes de celui de son époque.

Lucien Laforge (1889-1952)

En 1910, il commence à vendre ses talents pour plusieurs journaux dits de divertissement (« Tout-Paris »). Cependant, Laforge est un homme engagé et il préfère travailler pour les papiers lui permettant d’exprimer ses idées politique de gauche. On note ainsi sa participation à : « Les hommes du jour », « Le libertaire », « Le merle blanc », « L’Humanité » ou encore « Le Canard enchaîné » pour n’en citer que quelques uns. C’est en tant qu’illustrateur de journaux qu’il gagne (assez pauvrement) sa vie. Bien qu’il continue de peindre en parallèle, ses œuvres ne sont pas reconnues.

Lucien Laforge est un homme de convictions, aux valeurs profondément libertaires et pacifistes. Ainsi, il n’hésite pas à simuler la folie par deux fois afin de se faire réformer en 1915 et 1917. Mis à part quelques confrères (dont Gus Bofa), son oeuvre n’est pas reconnue de son vivant (et assez vite oubliée par la suite). Pour autant, il ne changera jamais de ligne ; qu’il s’agisse de son trait dépouillé ou de son esprit critique (vis-à-vis de la guerre notamment).

« Mais moi je ne suis pas à la mode […] je n’aime que la vie et la liberté. »

Le style avant-gardiste de Lucien Laforge

Outre le dessin d’humour et politique, Laforge illustre aussi quelques classiques, de Baudelaire à Perrault, en passant par Descaves et Rabelais. Trois oeuvres en particulier sont à retenir : « Ogier le Danois » (1913), « Les 1001 nuits » (1912) et « Le film 1914 » (1922). Pour les deux premiers ouvrages, Laforge met de côté son mordant pour s’adresser aux enfants. Le dernier dépeint quant à lui les horreurs de la guerre et la bêtise des hommes.

Vous l’aurez compris, notre dessinateur se distingue par son style unique, que l’on pourrait qualifier d’épuré, de dépouillé, sans fioritures aucune. Nous l’avons en effet mentionné plus tôt, Laforge a en horreur le style baroque et chargé de son époque. Au fil des années, Laforge ne cesse de simplifier son dessin, de réduire au minimum le décors et les détails pour au final ne garder que l’essence de l’idée qu’il souhaite partager. Le dessin gagne alors en puissance, en pureté et marque le lecteur durablement. Il est alors le seul à travailler de cette manière (excepté peut-être Grove), allant alors à l’encontre totale de la mode d’alors.

Ses illustrations pour la jeunesse nous permettent de voir les dessins de Laforge en couleurs, un art qu’il maniait également avec brio. Vous pouvez apercevoir dans nos photos son trait caractéristique. Et l’on peut imaginer grâce aux couleurs et à quelques tableaux présents dans le livre, le peintre qui se cache derrière le dessinateur. Laforge a également dessiné un abécédaire (cf notre article qui lui est consacré). Enfin, il aimait aussi se prêter à l’exercice de l’ex-libris dont voici un bel exemple !

C’est en 1952 que Lucien Laforge décède des suites d’un AVC, dans l’indifférence générale. Probablement écœuré par l’arrivée de la Seconde Mondiale, il avait cessé de dessiner.

Les 1001 nuits
Les 1001 nuits
Illustrations de Lucien Laforge
« ‹ of 7 › »
By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Contes, Enfantina, Illustration, littérature jeunesse, Lucien Laforge, Mille et une nuits, Orient, Récit illustré

10 Mar 2017

0 Comments

Égypte antique, ostraca et écriture hiératique

L’égyptologie n’a cessé de déchaîner les passions depuis sa naissance au XVIIIe siècle, sous l’impulsion de Napoléon Bonaparte. De « Napoléon en Égypte » de Barthélémy aux œuvres de Maspero, en passant par la ruineuse et fastueuse édition de la « Description de l’Égypte »(1809-1829), sans oublier le « Voyage dans la haute et la basse Égypte »  illustré par Vivant Denon (1803)… Quelques titres évocateurs qui rappellent que l’édition française est bien le lieu de l’expression de cette passion égyptienne. Au programme : hiéroglyphes, ostraca et autres antiquités. Vous l’aurez compris, nous vous emmenons cette semaine vers des temps anciens dont les découvertes et les secrets n’en finissent pas de nous fasciner !

Ostraca égyptiens

Ostracon et ostracisme

Les profanes se demanderont -à raison, quelle peut bien être la signification de ce mot aux sonorités barbares. Dans l’Antiquité, l’écriture était peu répandue et les supports restaient rares et onéreux. C’est pourquoi, il était courant de faire du recyclage en récupérant des tessons de poterie, éclats de calcaire ou fragments de céramique afin d’en faire un support d’écriture au quotidien. Les grecs nommèrent ces petits support des ostraca (oui, on dit un ostracon et des ostraca). Ils furent d’ailleurs utilisés par de nombreuses civilisations pendant des siècles (grecque, romaine et bien sûr égyptienne). Concrètement, leur usage était destiné à des formes éphémères d’écriture : aide-mémoire, brouillon ou bref rapport militaire pour n’en citer que quelques-unes. Le plus souvent, l’ostracon était jeté après avoir rempli sa mission. A la différence du papyrus ou du marbre et autres supports pérennes destinés à l’écriture officielle, l’ostracon témoigne du quotidien des peuples antiques.

Dans la Grèce Antique, et à Athènes notamment, la pratique du bannissement avait cours. Les membres de l’assemblée devaient pour cela voter en inscrivant sur un tesson de poterie l’identité de la personne dont il était question. Cette procédure d’éloignement était appelée ostracisme, nous vous laissons deviner pourquoi.

En Égypte antique, les ostraca permettaient notamment aux apprentis scribes de s’exercer avant de passer au coûteux papyrus réservé aux notes officielles. Les ostraca sont donc un support privilégié pour s’exprimer avec plus de liberté et permette -outre l’apprentissage de l’écriture, de créer des dessins explicatifs ou satiriques. Il faut en revanche savoir que la conservation des ostraca est délicate : les tessons se brisent, l’encre s’efface… Les plus lisibles se trouvent généralement dans les pays les plus chauds et secs comme la Lybie, la Syrie et bien sûr l’Égypte!

A History of Egypt from the End of the Neolithic period to the Death of Cleopatra VII B.C. 30 (8 volumes)

Quelques livres sur l’égyptologie chez Abraxas

Si nous avons choisi d’aborder ce sujet, c’est pour pouvoir vous présenter nos fabuleux exemplaires de livres en la matière!

  • Catalogues d’Ostraca (rares)

-« Documents de fouilles de l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire : Catalogue des ostraca hiératiques littéraires de Deir El-Médineh (Tomes I et II)« , de Georges Posener. Ils concernent les ostraca hiératiques littéraires de Deir El-Médineh.

-« Documents de fouilles de l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire : Catalogue des ostraca hiératiques non littéraires de Deir El-Médineh (5 volumes)« , de Serge Sauneron et Jaroslav Cerny. Ils concernent les ostraca hiératiques non littéraires de Deir El-Médineh.

-« Documents de fouilles de l’Institut Français d’Archéologie Orientale du Caire, Tome II : Catalogue des ostraca figurés de Deir El-Médineh (2 volumes, fascicules 1 à 4 et planches)« , de J. Vandier d’Abbadie. Ils concernent les ostraca figurés de Deir El-Médineh.

  • « Revue d’égyptologie »

Cette revue annuelle publiée par la Société française d’égyptologie, est la plus vieille revue scientifique de France consacrée au sujet. Nous vous en proposons quelques exemplaires ici.

  • « Annales du service des antiquités de l’Egypte »

Il s’agit de la revue officielle du Conseil suprême des antiquités égyptienne, une institution créée en 1858 par le français Auguste Mariette dans le but de surveiller les fouilles et d’en diffuser les découvertes. Nos exemplaires via ce lien.

  • Autres pépites

-« A History of Egypt from the End of the Neolithic period to the Death of Cleopatra VII B.C. 30 (8 volumes)« , de E. A. Wallis Budge.

-« Iamblichus de mysteriis aegyptiorum, chaldaeorum, assyriorum proclus in platonicum alcibiadem de anima, atque demone. idem de sacrificio« , ouvrage attribué à Jamblique sur « les mystères égyptiens ».

-« Le Nil – 24 aquarelles d’après nature« , de A. E. Brehm et Dumichen.

-« Lettres sur l’Egypte, où l’on offre le parallèle des moeurs anciennes et modernes de ses habitans, où l’on décrit l’état, le commerce, l’agriculture, le gouvernement du pays, et la descente de S. Louis à Damiette… (3 volumes)« , de Claude Savary.

Jetez un coup d’oeil sur les photos des livres en question grâce au diaporama ci-dessous :

Le Nil- 24 aquarelles
Le Nil- 24 aquarelles
Aquarelles de Charles Verner
« ‹ of 17 › »
By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Antiquité, Archéologie, Ecriture, Egypte, Egyptologie, Hiératique, Ostraca

8 Fév 2017

0 Comments

Les exquises gravures de Seitei Watanabe

Nous vous proposons cette semaine un voyage vers l’Asie ! Au programme : une histoire de l’estampe japonaise et un point culture sur l’œuvre de Seitei Watanabe, dont nous vous proposons une quinzaine de gravures. Un régal pour l’œil de l’amateur d’art, du Japon et pour les amoureux de la nature !

Diptyque « oiseaux » de Seitei Watanabe (1891)

L’estampe japonaise, symbole d’évolution sociale

Au pays du soleil levant, l’estampe est un art séculaire. En japonais, elle se nomme « ukiyo-e », et signifie littéralement « image du monde flottant ». Ce mouvement artistique, centré autour d’une technique : la gravure sur bois est indissociable de l’époque Edo, qui dura du début du XVIIe à la fin du XIXe siècle. Les évolutions sociales et économiques inhérentes à cette période ont une influence directe sur les arts. En effet, on assiste à l’émergence d’une bourgeoisie citadine et marchande au détriment de la vieille aristocratie militaire. Ce qui se traduit par une évolution des formes et techniques artistiques -dont l’apparition de l’estampe, qui permet notamment une reproduction sur papier moins onéreuse que les traditionnelles (et coûteuses) peintures aristocratiques.

Les thèmes majeures de l’estampe japonaise

Vous l’avez probablement remarqué, certains motifs sont récurrents dans la pratique de cet art. La naissance de l’ukiyo-e étant liée à l’avènement de la bourgeoisie, il est donc logique que les thèmes représentés correspondent aux centres d’intérêt de cette dernière. Bien sûr, les femmes sont une inspiration majeure pour les artistes et notamment les courtisanes célèbres (« oiran »), sans oublier les scènes érotiques (« shunga »). D’autres célébrités nippones y ont également leur place, telles que les lutteurs de sumo, ainsi que les très populaires personnages de théâtre kabuki. Des sujets du quotidien comme les calendriers ou les cartes de vœux rencontrent aussi un grand succès. Enfin, la nature et les sites célèbres tiennent une place de choix.

Pour l’élite japonaise, l’estampe – en choisissant de représenter des sujets jugés triviaux et à travers son succès populaire – , est considérée comme vulgaire. D’un autre côté, avec l’ouverture du pays vers l’Occident à partir du XIXe siècle, cet art s’exporte et connaît un grand succès en Europe. Il y inspire de nombreux artistes et notamment l’école de Pont-Aven (Cézanne, Picasso, Gauguin) ou encore les impressionnistes (Van Gogh).

Branchages, de Seitei Watanabe (1891)

Seitei Watanabe, un souffle nouveau

Né en 1851 sous le nom de Yashikawa Yoshimata, Seitei (aussi transcrit Shōtei), est adopté par la famille du lettré Watanabe Koshi dont il prendra le nom. Il réalise ses premières études à 16 ans, sous l’ère Meiji (1868-1912). Sous l’impulsion d’ouverture et de modernisation du gouvernement, il est envoyé (comme des milliers d’autres étudiants) à l’étranger afin d’étudier les techniques et savoirs des pays occidentaux. A partir de 1878, Watanabe découvre les Etats-Unis, puis l’Europe. Il s’installe à Paris pour trois ans et en profite pour visiter l’Exposition universelle, où il est d’ailleurs distingué pour son oeuvre. Son objectif est d’y étudier la peinture occidentale ; il devient ainsi le premier artiste nihonga* à vivre en Europe.

Rapidement, son art séduit les européens, mais l’enrichissement est mutuel. Fort de nouvelles idées et inspirations, il rentre au Japon et perfectionne sa technique. On note une collaboration avec l’artiste Namikawa Sosuke, qui renforce alors sa réputation internationale. Trois albums de peintures et d’illustrations sont à retenir deux « Shōtei kacho gafu » (« Albums d’images d’oiseaux et de fleurs de Shōtei » – 1890-91 et 1916) et « Kacho gafu » (« Album d’oiseaux et de fleurs » – 1903). Les gravures que vous pouvez voir dans notre article sont issues du premier album.

Watanabe Seitei meurt en 1918 après avoir apporté un souffle nouveau dans la pratique de l’estampe et exporté l’art japonais eu Europe. L’artiste a été exposé partout dans le monde et récompensé par de nombreuses distinctions. Il inspira d’ailleurs les générations suivantes d’artistes nihonga*, et notamment Mizuno Toshikata et Kiyokata Kaburagi.

Gravures de Watanabe Seitei (Seitei kacho gafu-1891)
Gravures de Watanabe Seitei (Seitei kacho gafu-1891)
Fleur
« ‹ of 14 › »

*Nihonga= peinture japonaise, il s’agit d’un terme générique désignant les peintures réalisées selon des techniques, matériaux et codes bien précis de la peinture japonaise traditionnelle.

By: Audrey Cosnier Blog, Les Trouvailles de la Librairie Tags: Art, dessin, dix-neuvième siècle, Estampes, Gravure, Japon, Nature, peinture, Seitei Watanabe

11 Jan 2017

0 Comments

Étoffez votre bibliothèque avec nos œuvres complètes !

Nous avons tous un ou plusieurs auteurs fétiches, dont l’œuvre nous a marquée et nous accompagne au fil des ans. Qu’il s’agisse de grands philosophes, d’écrivains de romans ou de dramaturges, il est souvent plaisant de réunir dans sa bibliothèque tous leurs écrits. C’est dans cette optique que les maisons d’édition ont créé les « œuvres complètes« , collections permettant de regrouper sous un même format toute la production d’un auteur. A la fois exhaustive et esthétique, l’œuvre complète tient une place de choix dans nos bibliothèques !

Anatole France en 24 volumes

Point sur les œuvres complètes

En fonction des époques et des éditeurs, les éditions d’œuvres complètes sont nombreuses, plus ou moins homogènes et prestigieuses. Comme pour toute publication, certaines ne sont qu’un effet de mode alors que d’autres traversent les âges. Faisons un point sur l’une des plus connues d’entre elles : la Bibliothèque de la Pléiade de chez NRF/Gallimard.

A l’origine, la Bibliothèque de la Pléiade appartient à la maison d’édition créée par Jacques Schiffrin en 1931. Son intention est simple mais novatrice : proposer au grand public (au format poche) les œuvres complètes des auteurs classiques de la littérature et de la philosophie. C’est en 1933 que, suite à des problèmes financiers, la Pléiade (notamment soutenue par André Gide et Jean Schlumberger) est affiliée aux Éditions Gallimard. Depuis, la formule n’a pas changé et s’enrichit d’une dizaine de volumes par an. Tous publiés sous le même format : un papier bible et une couverture de cuir souple, le tout permettant un grand confort de lecture.

La Bibliothèque de la Pléiade

Le saviez-vous? Les dorures présentes au dos sont composées d’or fin 23 carats. Chaque couleur de reliure (havane, vert émeraude ou bleu par exemple) correspond à l’époque à laquelle a vécu l’auteur dont il est question (XXe, XIXe ou XVIIIe s., etc.).

Quelques œuvres complètes d’auteur chez Abraxas-Libris

Même si la collection de la Pléiade est la plus célèbre (et légère!), il existe bien d’autres éditions d’œuvres complètes. En voici quelques-unes qui nous tiennent à cœur, par leur rareté, leur beauté ou leur qualité :

  • Philosophie

« Œuvres Complètes de Voltaire en 25 volumes« , chez Th. Desoer (1817)

« Oeuvres Complètes de Voltaire en 70 volumes« , chez P. Dupont (1825)

Voltaire en 70 volumes cartonnés

« Œuvres complètes de Jean-Jacques Rousseau, écrits sur la musique (tomes 19, 20, 21, 22)« , chez Poinçot (entre 1788 et 1793)

« Œuvres complètes de Condillac (20 volumes) » (1766)

  • Littérature populaire/romans

« Tout Simenon (25 volumes)« , chez France Loisirs (1989)

« Œuvres de Paul Féval soigneusement revues et corrigées (48 volumes)« , chez Paul Ollendorff

Paul Féval en 48 volumes

« Œuvres complètes de San-Antonio (26 volumes)« , chez Fleuve Noir (1967)

« Œuvres de Alexandre Dumas (35 volumes)« , chez Louis Conard et Jacques Lambert (1923)

Dumas en 35 volumes
  • Théâtre

« Œuvres complètes de Shakespeare en 10 volumes« , chez Librairie Hachette et Cie (1882)

Shakespeare en 10 volumes

« Œuvres complètes de M. De Marivaux, tome 1 à 12« , chez Duchesne (1781)

« Œuvres complètes de Molière (11 volumes)« , chez Éditions Richelieu (1949)

  • Religion

« Œuvres de Fénélon, archevêque-duc de Cambrai (10 volumes)« , chez Louis Tenré et Boiste (1822)

Fénélon en 10 volumes

« Chefs-d’œuvre des pères de l’Église (14 volumes)« , à la Bibliothèque ecclésiastique (1837)

« Œuvres complètes – Institution de la religion chrestienne (4 volumes)« , chez Les Belles Lettres (1961)

  • Autres

« Le Livre des Mille et Une Nuits (tomes 1 à 6)« , Le Club français du Livre (1970)

Les Mille et une nuits en 6 volumes
  • Auteurs pèle-mêle

–Balzac Honoré de (Alexandre Houssiaux) Baudelaire Charles (Dignimont) Bernardin de Saint-Pierre (Méquignon-Marvis) Berquin Arnaud (Mame-Delaunay)

–Camus Albert (André Sauret) Chateaubriand F. A. de (Fume, Jouvet & Cie)

–Daudet Alphonse  (Alexandre Houssiaux)

–Flaubert Gustave (Louis Conard)

–Genevoix Maurice (Ed. Diderot)

–Marivaux (Duchesne) Musset Alfred de (plusieurs éditions)

–Pagnol Marcel (Club de l’honnête homme) Pergaud Louis (Martinsart)

–Verlaine Paul (Vialetay)

By: Audrey Cosnier Blog, Idée cadeau Tags: Littérature, Oeuvres complètes, Philosophie, Pléiade, religion, roman, théâtre

23 Déc 2016

0 Comments

(re)découvrez la collection Blanche de Gallimard chez Abraxas

La librairie Abraxas a le plaisir de présenter des ouvrages de la collection Blanche. Après une rentrée littéraire assez intense, nous sommes fièr.e.s d’accueillir sur nos étagères de nombreux livres, dont une partie en version originale, de la prestigieuse collection littéraire de chez Gallimard.

Une petite histoire…

La collection Blanche est née en 1911, et reprenait alors des publications de la nouvelle revue française, avant la naissance de la Librairie Gallimard en 1919. On distingue sa couverture grâce à son apparence épurée, sa couleur crème, le titre rouge entouré de fins liserés noirs et rouges. La librairie Abraxas propose aujourd’hui de nombreux ouvrages, sur les 6500 titres diffusés par la collection depuis 1911. Nous avons choisi de faire la lumière sur quelques uns d’entre eux, en observant de plus près leur parcours…

Lumière sur des éditions originales

Le Roi des Aulnes de Michel Tournier.
Un travail consacré

Nous présentons une édition originale du Roi des Aulnes, paru en Septembre 1970 chez Gallimard. Sitôt sorti en librairie, le livre obtient un succès immense ; il se verra d’ailleurs remettre la même année le prix Goncourt à l’unanimité. Il s’agit du deuxième roman de Michel Tournier publié chez Gallimard, après Vendredi ou les limbes du Pacifique, qui a également connu un accueil très chaleureux dans les critiques et dans les librairies. Le Roi des Aulnes, qui réécrit dans une version extraordinairement étoffée, méticuleuse et documentée, le mythe de l’Ogre du poème de Goethe, est le fruit d’un travail acharné : « un livre, c’est deux ans d’enquête, deux ans de rédaction » dira Michel Tournier.

Nous vous invitons donc à vous replonger dans les pérégrinations ogresques d’Abel Tiffauge en édition originale, disponible chez Abraxas.

L’Ecume des Jours de Boris Vian
Une reconnaissance fastidieuse

L’Écume des Jours a connu une trajectoire bien différente ; le texte suivra, au même titre que son auteur, des chemins sinueux. Ce n’est d’ailleurs que récemment que l’œuvre obtiendra sa pleine consécration.

Publié le 20 Mars 1947, il s’agit de l’une des créations littéraires les plus rapides d’après-guerre. Au moment de sa publication, c’est une déception – malgré le soutien actif de Raymond Queneau et de Jean-Paul Sartre, qui publiera quelques extraits de L’Écume des jours dans sa revue « Les Temps modernes ». Boris Vian n’aura d’ailleurs qu’une très faible reconnaissance de son roman de son vivant, alors qu’il désirait obtenir le prix de la Pléiade pour son manuscrit. Il faut attendre 1960 (c’est à dire peu de temps après la mort de l’auteur), lors de la publication de l’ouvrage aux éditions 10-18, pour que l’ouvrage devienne une œuvre consacrée.  L’Écume des jours sera republiée en 1999 aux éditions Fayard avec les œuvres complètes de l’auteur, puis, enfin, fera son entrée à la Pléiade en 2010.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’Écume des jours, un article plus complet sur cet ouvrage est publié sur le blog d’Abraxas.

Raymond Queneau
Un auteur de taille chez Gallimard

Raymond Queneau sera un soutien actif des deux auteurs précédents au sein des éditions Gallimard. Il fera la passerelle de Plon à Gallimard pour Michel Tournier, et tentera vainement de défendre Boris Vian lors de la publication de L’Écume des jours. En effet, l’auteur sera un acteur important de la scène éditoriale, notamment depuis sa nomination à l’académie Goncourt, en 1951. Il publie son premier texte chez Gallimard, le Chiendent, refusé par les éditions Denoël, puis intègre la maison d’édition en 1938, en tant que lecteur et traducteur, et membre du comité de lecture. Il deviendra par la suite, en 1956, directeur de l’Encyclopédie de la Pléiade.

Le Vol d’Icare est le dernier Roman de Raymond Queneau, paru en 1968, après les premiers succès de l’auteur, Exercices de style en 1947 et Zazie dans le Métro en 1959. Ce roman reflète la volonté de l’auteur de faire cohabiter la composition romanesque et poétique, avec la publication des recueils de poèmes Battre la campagne en 1968, et Fendre les flots en 1969.

Le Vol d’Icare brouille, allie et confond les genres littéraires, créant une oeuvre mi-théâtrale mi-romanesque. A travers la quête d’Hubert Lubert dans Paris pour retrouver son personnage, échappé du décor morne de son « domicile graphique », le lecteur passe de la fiction à la réalité dans une aventure rocambolesque.

Et de nombreux titres à découvrir !

Dans la collection Blanche, vous trouverez aussi des publications rares ou peu communes :

La librairie Abraxas dispose de nombreuses autres titres de la collection Blanche, mais aussi de la Nouvelle Revue Française, de la Librairie du XXe siècle aux éditions du Seuil, des éditions  José Corti…

A bientôt chez Abraxas !

More
By: Aude Marty Les Trouvailles de la Librairie Tags: Boris Vian, collection blanche de Gallimard, Gallimard, Michel Tournier, pataphysique, Raymond Queneau

28 Nov 2016

0 Comments

Abraxas-Libris se prépare pour les fêtes de fin d’année !

Les festivités de Noël approchent à grands pas ! Abraxas-Libris prend de l’avance sur les livraisons du père Noël et emballe déjà vos commandes par internet avec de jolis paquets cadeau ! Une belle idée pour se faire plaisir ou surprendre vos proches.

De jolis emballages pour vos livres !
De jolis paquets pour toute commande de livre par internet !

Si vous cherchez des idées de cadeaux pour cette année, sachez que nous avons regarni nos étagères de nouvelles bandes dessinées. Pourquoi ne pas commencer une nouvelle collection avec ces BD en édition originales de la Collection du Lombard ? Ou encore redécouvrir les albums du « Scorpion » ou de « Plume aux vents » avec ces magnifiques tirages de tête.

Une jolie idée de cadeau
Des bandes dessinées pour les petits et les grands enfants !

Les enfants ne sont pas en reste chez Abraxas-Libris ! Venez découvrir notre rayon enfants, allant des jolis albums illustrés, idéals pour raconter des histoires aux plus petits, aux livres de ceux qui savent déjà lire tout seuls ! Des grands classiques comme « Le Petit Prince » ou « Pinocchio » à des histoires plus récentes et tout aussi envoûtantes, il y en a pour tous les goûts.

Littérature pour les enfants
Littérature pour les enfants (« enfantina »).

Enfin, surprenez vos amis amateurs d’histoire de l’art et d’architecture en leur offrant une plongée dans la France romane ! Grâce à la célèbre collection « La Nuit des Temps », redécouvrez nos régions à travers l’art roman. Découvrez note offre en boutique comme en ligne !

La collection Nuit des Temps, une collection culte !
La collection Nuit des Temps, une collection culte !
By: Audrey Cosnier Idée cadeau, La Vie de la Librairie Tags: Cadeau, Noël

13 Nov 2016

0 Comments

« La bête est morte ! » La guerre en bande dessinée par Calvo et Dancette. Edition originale.

Zoom cette semaine sur une interprétation décalée de la Seconde Guerre Mondiale. Celle de Victor Dancette et surtout d’Edmond-François Calvo, qui réunissent leurs talents sous la forme d’une bande-dessinée à l’influence cartoon et Disney. Leur projet se nomme « La bête est morte ! La guerre mondiale chez les animaux » et comprend deux fascicules.

Nous vous proposons en librairie leur édition originale !

dechainee_couv2

Une satire animalière sanglante

Sous ses airs de cartoon destiné aux enfants, « La bête est morte ! » n’en est pas moins une satire violente de la seconde guerre mondiale. Le dessin de Calvo n’a rien d’édulcoré et n’épargne pas les enfants de certaines visions d’horreur, à l’instar du dessin de la gare de Bécon-les-Bruyères qui reproduit avec un réalisme cru les atrocités de la guerre. Bien que patriotes, à l’image de leur public, les auteurs restent lucides sur les origines de la guerre ainsi que sur les erreurs commises par la France, comme le contournement de la « Ligne Livarot » (Maginot) par les forces allemandes. Les références historiques et culturelles ne manquent pas. On pense notamment à la libération de Paris, représentée par un hommage au tableau « La liberté guidant le peuple » d’Eugène Delacroix.

Dancette et Calvo utilisent leur propre dénomination pour personnifier leurs protagonistes à plumes et à poils. Ainsi les allemands sont les loups, avec à leur tête « le Grand Loup, toujours en fureur » secondé par « le Cochon Décoré » (Hermann Göring). Dans le camp des Alliés nous retrouvons : les américains représentés par les bisons , les belges par les lionceaux, les britanniques par les dogs et les français pas les lapins, grenouilles, écureuils et cigognes. La « bête » présente dans les titres, « déchaînée », puis « terrassée » étant bien évidemment une allégorie du nazisme.

bb3893_2

Calvo, digne représentant de « l’école française »

Edmond-François Calvo est né en 1892 dans la Seine-Maritime de parents commerçants. Il s’essaye à plusieurs métiers, d’artisan du sabot à aubergiste avant de passer définitivement au dessin, mais seulement en 1938. De 1919 à 1921, Calvo fait ses armes au « Canard Enchainé » en tant que caricaturiste. En 1938 il collabore avec les publications Offenstadt en illustrant notamment les revues jeunesse « Fillette« , « L’épatant » et « Junior« .

C’est en illustrant « La bête est morte !  » en 1944 et 1945 que Calvo entre dans la postérité. Le succès est immédiat  et tel que Walt Disney le contacte pour lui proposer de travailler dans ses studios. Calvo refuse et se plonge dans différents projets personnels : « Rosalie« , le « Cricri journal » ou encore « Moustache et Trotinette ». A l’image d’autres dessinateurs pour enfants de sa génération (Marijac, Auguste Liquois, Jean Trubert, Le Rallic  et Roger Lécureux), Calvo serait probablement tombé dans l’oubli sans cet ouvrage phare. Ces dignes représentants de l’école française seront en effet éclipsés peu de temps après par l’essor de l’école belge  (années 1950). Pour l’anecdote, notre incontournable dessinateur et scénariste de bande dessinée Albert Uderzo rendait souvent visite à Calvo, en qui il disait reconnaître son maître.

terrassee_couv2

Nous vous proposons donc de (re)découvrir cette BD incontournable de notre Histoire. Les amateurs du genre connaissent peut-être le « Maus« * de l’américain Art Spiegleman, qui dans les années 1972 et 80 transpose le génocide juif dans un univers animalier. A noter que son vénérable ancêtre « La bête est morte ! » est la première bande dessinée à mentionner l’existence de la Shoah. Une édition originale assez rare dans cet état de conservation et qui n’a rien perdu de son mordant.

La bête est morte. La guerre mondiale chez les animaux. Calvo et Dancette
La bête est morte. La guerre mondiale chez les animaux. Calvo et Dancette
« ‹ of 11 › »

Maus signifie souris en allemand.

By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Bande dessinée, cartoon, édition originale, Editions G.P., Edmond-François Calvo, Enfantina, guerre, Nazisme, satire, Seconde Guerre Mondiale, Victor Dancette

1 Nov 2016

0 Comments

« La Nature », une revue de vulgarisation scientifique fondée en 1873

Nous souhaitons vous parler cette semaine d’un périodique mythique dans le monde des sciences : la revue « La Nature ». Créée par un amoureux des sciences naturelles et des techniques, « La Nature » avait pour but de mettre à la portée de tous les actualités scientifiques et autres inventions de l’époque. Découvrons ensemble les moments-clefs de son histoire et de celle de son fondateur.

 

Revue La Nature 1886
Revue La Nature 1886

La petite histoire de « La Nature »

C’est au milieu de l’année 1873 que paraît le premier numéro de « La Nature », aux éditions G. Masson. Son fondateur se nomme Gaston Tissandier, qui est un chimiste et également pionnier de l’aérostation. Son objectif est simple, il souhaite partager avec le plus grand nombre son intérêt pour les sciences et les inventions. Un engouement assez caractéristique de cette époque, d’ailleurs bien illustrée par le gouvernement alors en place. En effet, le Ministère de l’Instruction publique reconnaît dans « La Nature » une publication de qualité et souscrit un abonnement pour les bibliothèques scolaires et populaires. La revue paraît au début de sa vie chaque semaine jusqu’en 1926. A partir du 1er janvier 1927, elle change de périodicité en devenant bimensuelle puis mensuelle en 1948. Suite au décès de Gaston Tissandier, plusieurs rédacteurs en chef se succèdent, de Henri de Parville à Louis de Launay, en passant par Paul Ostoya. La revue changera de titre 3 fois :

                                             – « La Nature Science Progrès » (1961)

                                             – « Science Progrès La Nature » (1963)

                                             – « Science Progrès Découverte (1969)

En 1972, « La Nature » fusionne avec le mensuel scientifique « La Recherche ».

Revue La Nature, année 1897
Revue « La Nature », année 1897

Gaston Tissandier, digne descendant des Lumières

Ce français naît en 1943 à Paris, 4 ans après son frère Albert. Très vite intéressé par les sciences, il décide d’étudier la chimie au Conservatoire des arts et métiers et se spécialise dans l’étude des gaz. Il poursuit ensuite une carrière d’enseignant-chercheur, au travers de diverses sociétés savantes (Société polymathique notamment). Curieux comme un enfant, il aime par-dessus tout partager ses connaissances, découvertes et observations avec les petits et les grands, ce qui le place dans la lignée humaniste des Lumières.

Gaston Tissandier a également une passion, en relation avec sa vocation scientifique : l’aéronautique. S’intéressant de près à la météorologie et aux phénomènes atmosphériques, il n’aura de cesse, à l’aide de son frère Albert, de repousser le progrès dans le domaine de l’aérostation. Lors du siège de Paris, ses récentes avancées permettront notamment l’observation des champs de bataille. Il accomplira par la suite d’autres exploits inédits dans le domaine de l’aérostation, en battant par exemple le record de durée de vol les 23 et 24 mars 1875 (22h40 à bord du ballon le Zénith).

1873, 1ère année de la revue La Nature
1873, année de lancement de la revue « La Nature »

Outre ses épopées aéronautiques, Gaston Tissandier restera un grand aventurier des sciences et du progrès. Il n’aura de cesse d’écrire et de publier des ouvrages de vulgarisation scientifique, et se verra d’ailleurs décerner de nombreux prix, dont la Légion d’honneur. Humaniste avant tout, il aura su insuffler dans « La Nature », la joie du partage des connaissances et de l’éveil au savoir scientifique.

By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Gaston Tissandier, Hebdomadaire, Inventions, La Nature, Mensuel, Périodique, Revue, Revue illustrée, Sciences Naturelles, Technique, Vulgarisation

26 Oct 2016

0 Comments

Les statues magiques de Maria, une vision surréaliste

Les amateurs d’arts plastiques sont à l’honneur cette semaine avec Abraxas ! Gros plan sur une artiste peu connue en Europe mais qui a marqué l’histoire de l’art brésilien et américain : Maria Martins. Nous la découvrons à travers ses « Statues magiques » * un ouvrage rare, présenté par messieurs André Breton et Michel Tapié.

Couverture
Les statues magiques de Maria

Maria Carlos Martins Pereira de Souza, artiste avant-gardiste

De nationalité brésilienne, Maria de Lourdes Alves est née en 1894 à Capanha d’un père ministre et d’une mère pianiste. En 1926, elle prend le nom de son second mari et devient Maria Martins. En 1939, elle suit son époux ambassadeur aux États-Unis, à New York plus précisément. C’est dans cette ville que Maria Martins étudie les arts plastiques avec les sculpteurs Jacques Lipchitz et Stanley William Hayter. Deux ans plus tard, l’artiste expose pour la première fois son travail, sobrement intitulé « Maria », à la Galerie d’Art Corcoran de Washington. En 1943, la Galerie Valentine de New York, organise une double exposition, mettant en avant les travaux de Piet Mondrian et de Maria Martins. Cette dernière y fait d’ailleurs l’acquisition d’un des célèbres tableaux du peintre (« Broadway Boogie Woogie ») pour seulement 800$. Par la suite, elle fit don de l’œuvre au Musée d’Art Moderne.

Maria Martins a également eu une liaison avec le célèbre artiste Marcel Duchamp (inventeur du ready-made) ; elle dura de 1946 à 1954. En 2009, les membres de la famille de la sculptrice brésilienne publient la correspondance des deux amants qui confirme que Maria Martins a servi de modèle pour le dernier chef-d’œuvre de Duchamp, une installation « voyeuriste » intitulée « Étant donnés« . En 1951, Maria Martins retourne dans son Brésil natal où elle participe à la création de la toute première édition de la Biennale d’Art de Sao Paulo. Elle décède en mars 1973, à Rio de Janeiro et restera connue pour ses sculptures modernes.

Les statues magiques de Maria

Le point de vue de Breton et Tapié

Dons l’ouvrage, plusieurs textes « illustrent » les œuvres de Maria Martins. On trouve tour à tour des propos recueillis lors de l’exposition de l’artiste à la Julien Levy Gallery de New York en 1947, des analyses surréalistes et même l’intégralité du texte que Maria a gravé en français sur des plaques de cuivre, à l’occasion d’une exposition à New York en 1946. Le tout sous le prisme littéraire, artistique et surréaliste d’André Breton, de Michel Tapié et de l’artiste elle-même. Pour rappel, le premier était écrivain, poète et critique, un des pères du surréalisme. Le second était critique d’art et s’est également essayé aux arts visuels et à la musique. Deux figures françaises de l’art toutes désignées pour présenter l’œuvre de Maria Martins.

Encore une fois, cet ouvrage est d’une extrême rareté, son tirage étant limité à seulement 350 exemplaires, tous numérotés (ici le n°171). Nous vous laissons maintenant avec quelques extraits des « Statues magiques de Maria ».

Les statues magiques de Maria
Les statues magiques de Maria
Justificatif de tirage
« ‹ of 8 › »

*A l’heure où nous publions cet article, « Les statues magiques de Maria » n’est malheureusement plus disponible à la vente.

By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: André Breton, Art, art contemporain, art visuel, arts plastiques, Exposition, Maria Martins, Michel Tapié, sculpture, surréalisme
«‹ 5 6 7 8›»

Articles récents

  • baL’histoire de Babar
    28 juin 2024
  • Mouches à miel titreDe la ruche et des « mouches à miel » : un état des lieux de l’apiculture en France au XIXe siècle
    22 avril 2024
  • Cavafy FassiaDe l’envoi : Céline, Cocteau, Aragon, Ionesco et compagnie…
    22 octobre 2023
  • IMG_2243De l’or en bulles
    13 octobre 2023
  • anti-tranchLe Fleuve Noir de l’espace
    10 octobre 2023

Liens

  • Abraxas-Libris, le site internet plus de 50 000 livres en ligne !!!
  • La bibliothèque nationale
  • La maison d'Hôte de la porte Saint-Michel
  • La maison du livre à Bécherel, ses animations, ses expositions.
  • Le blog de François Bon
  • Le moulin du Verger, papeterie artisanale depuis 1539…
  • Salon du Grand Palais

Categories

  • A Bécherel
  • A travers la toile
  • Affiche
  • Arrivage
  • Avis des clients
  • Blog
  • Catalogue
  • Citations
  • Featured
  • Idée cadeau
  • Images
  • La Vie de la Librairie
  • La Vie du blog
  • Les mains dans les poches
  • Les Trouvailles de la Librairie
  • Life
  • Lifestyle
  • Neiges d'Antan
  • News
  • Non classé
  • Nos vitrines auteurs
  • Nos vitrines collections
  • Nos vitrines thématiques
  • Nos vitrines trésors
  • Notules abraxiennes
  • Parcours d'éditeur
  • RSS Accueil du site
  • RSS Articles du Site
  • RSS Vitrines
  • Salon
  • Top Stories

Liens

  • Abraxas-Libris, le site internet plus de 50 000 livres en ligne !!!
  • Le blog de François Bon
  • Le moulin du Verger, papeterie artisanale depuis 1539…
  • La bibliothèque nationale
  • La maison d'Hôte de la porte Saint-Michel
  • Salon du Grand Palais
  • La maison du livre à Bécherel, ses animations, ses expositions.

N’hésitez pas à nous suivre

  • Facebook
  • Google+
Politique de confidentialité
© Librairie Abraxas-Libris 2026
Powered by WordPress • Themify WordPress Themes