Le tirage de cette chemise est sur le même mode que celui de la chemise précédente : si les 12 premiers exemplaires sont toujours sur papier Japon des Manufactures de Shidzuoka, réimposé, dédicacé, et proposant, chacun, un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en deux tons, les exemplaires suivants ne sont plus sur papier Japon. Ils sont tirés sur Papier Vélin de Cuve. Tout d’abord, 17 exemplaires sont proposés dédicacés, avec des remarques originales. Et enfin, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette sixième publication sont donc de Fernand Siméon :
Planche 1 : La Jeune Mère
Planche 2 : Piano et chant
Planche 3 : Danse
Planche 4 : Amazone
Planche 5 : Aux Courses
Planche 6 : La Chasseresse
Planche 7 : L’Homme volant
Planche 8 : Intérieur
Planche 9 : La Parure
Planche 10 : L’Attentat
Planche 11 : Bric-à-brac
Planche 12 : L’Écran
Paul Valéry (1871-1945), écrivain, poète et philosophe français, fait partie du panthéon des auteurs du XXe siècle. Bien qu’ayant commencé des études de droit, après une école dominicaine où ses parents l’avaient inscrite, il commence à écrire et à publier, à partir de 1889. Sa poésie d’alors est fortement inscrite dans la mouvance symboliste, et l’amène à côtoyer Pierre Louÿs, André Gide et surtout Stéphane Mallarmé. C’est en 1892 qu’il va commencer, selon ses propres dires, à s’éveiller à sa réelle « vie de l’esprit ». Il se consacre alors totalement à l’écriture, philosophique tout autant que fictionnelle ou poétique. Toujours fidèle à la vision poétique mallarméenne, il privilégie la maîtrise formelle, et place le sens en second plan, prétextant que « [ses] vers ont le sens qu’on leur prête ». Il se verra reconnu et comblé d’honneurs après la Première Guerre Mondiale. Il devient membre de l’Académie Française en 1925, où il prend la place d’Anatole France (qu’il parvient à ne pas citer une seule fois dans son discours de réception, en représaille de la position d’Anatole France contre la poésie de Stéphane Mallarmé), premier dépositaire d’une chaire de poétique au Collège de France en 1937… Durant toutes ces années, et les années qui suivent, sa curiosité intellectuelle le mène également dans les parages de la nouvelle physique, et il côtoie des scientifiques et philosophes comme Raymond Poincaré, Louis de Broglie, Henri Bergson ou Albert Einstein. Refusant de collaborer lors de l’Occupation, et allant même jusqu’à prononcer l’éloge funèbre d’Henri Bergson (dénigré par Vichy car d’origine juive), il est démit de ses nombreuses fonctions par le gouvernement. Membre du Front National de la Résistance, il mourra quelques semaines à peine après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Fernand Siméon (1884-1928) est un peintre, illustrateur et graveur français. Élève de l’École des arts décoratifs, il y apprend et perfectionne son art de la peinture et surtout de l’eau-forte. C’est Auguste Lepère qui l’initie à la gravure sur bois. Il participera à de nombreux projets de cette époque, amenant surtout son style typique et sa maîtrise artistique dans le monde du livre, mais également dans celui des tapisseries, pour les Manufactures d’Aubusson.
Avec cette chemise, le mode de tirage des Modes et Manières d’aujourd’hui évolue. Les 12 premiers exemplaires, réimposés et dédicacés, sont toujours sur papier Japon des Manufactures de Shidzuoka, et proposent, chacun, un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en noir. Mais les exemplaires suivants, quant à eux, sont tirés sur Papier Vélin d’Arches. Tout d’abord, 17 exemplaires sont proposés dédicacés, avec des remarques originales. Et enfin, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette sixième publication sont donc de Robert Bonfils :
Planche 1 : La Robe d’amour
Planche 2 : Au Bois
Planche 3 : Le Golf
Planche 4 : Cure de soleil au Maroc
Planche 5 : Le Bain
Planche 6 : Tailleur chinois
Planche 7 : Chapeaux de printemps
Planche 8 : La Marseillaise
Planche 9 : Le Jour des coupons
Planche 10 : Vers Le Dancing
Planche 11 : En Écoutant Satie
Planche 12 : La Journée du Poilu
Robert Bonfils (1886-1972) est un illustrateur, graveur et peintre (et il s’est même distingué dans le travail de reliure). Ayant étudié à la fois à l’École des Beaux Arts de Paris et aux Arts Décoratifs, il possède une large palette technique, et une connaissance approfondie de l’art du livre. Il deviendra, de ce fait, un des grands professeurs, reconnu et encensé, de l’École d’Estienne (de 1919 à 1951).
Juste après la Première Guerre Mondiale, et après la chemise réalisée la même année par Georges Lepape, Pierre Corrard va confier à André E. Marty et Tristan Bernard le volume publié en 1919. Cette chemise propose une vision à la fois du retour des soldats, et ouvre sur la joie folle, immédiatement postérieure, qui va animer les arts sous toutes leurs formes : les Années Folles…
Cette chemise est tirée, comme la précédente, à 300 exemplaires numérotés, tous sur Japon des Manufactures de Shidzuoka. Aux 12 premiers exemplaires, réimposés et dédicacés, sont joints un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en noir. Viennent ensuite 17 exemplaires dédicacés, avec des remarques originales. Enfin, toujours sur papier Japon, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette cinquième publication sont donc de André-Édouard Marty :
Planche 1 : La Démobilisation
Planche 2 : Le Matin dans le parc
Planche 3 : La Répétition générale
Planche 4 : Le Golf
Planche 5 : Le Ciné
Planche 6 : Le Bal des sauvages
Planche 7 : Racing
Planche 8 : À l’oasis, la jupe lumineuse
Planche 9 : Le samedi à Médrano
Planche 10 : La Rythmique
Planche 11 : Chez l’antiquaire
Planche 12 : Les Ailes dans le vent
André-Édouard Marty (1882-1974) est un illustrateur, affichiste et décorateur français, dont le style est l’exemple parfait de ce que la période Art Déco a de meilleur. Ayant fait ses armes à l’École des Beaux-Arts de Paris, puis dans l’atelier de Fernand Cormon, à Montmartre, il met son style typique au service de revues diverses, et réalise des publicités, des affiches de théâtre (et même quelques costumes et décors, notamment avec la complicité de Jean Poiret), et illustre de nombreux ouvrages.
Tristan Bernard (1866-1947) est un romancier et auteur dramatique français. Sur l’impulsion de ses parents, il suit des études de droit, et prend ensuite la direction d’une usine d’aluminium… Mais rapidement, il va tout abandonner pour se consacrer à ses deux passions : le vélo et l’écriture. Il commence en 1891 à collaborer avec la Revue Blanche, et enchaîne ensuite sur de petites scènes qui vont avoir un certain succès. Si bien qu’il embrassera ensuite très vite la carrière de dramaturge. Humoriste facétieux, il est notamment connu pour ses petites phrases et ses mots d’esprit.
Arrive la Première Guerre Mondiale, et la série « Modes et Manières d’aujourd’hui » entre en sommeil jusqu’à la victoire de 1918. Pour la quatrième publication, qui paraîtra au début de l’année 1919, Pierre Corrard va refaire appel à Georges Lepape, avec un texte de Henry-Jacques. L’illustrateur va raconter ces années de guerre en douze « stations » (la mobilisation, la permission, les alertes, la victoire…), en prenant pour personnage central : la femme, dont le mari est au front.
Cette chemise est tirée, comme la précédente, à 300 exemplaires numérotés, tous sur Japon des Manufactures de Shidzuoka. Aux 12 premiers exemplaires, réimposés et dédicacés, sont joints un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en noir. Viennent ensuite 17 exemplaires dédicacés, avec des remarques originales. Enfin, toujours sur papier Japon, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette quatrième publication sont donc de Georges Lepape :
Planche 1 : Août 1914
Planche 2 : À l’hôpital
Planche 3 : Permissionnaire
Planche 4 : Les Adieux
Planche 5 : Le Bien-aimé absent
Planche 6 : La Leçon
Planche 7 : Nostalgie
Planche 8 : Pluviose
Planche 9 : L’Alerte
Planche 10 : La Onzième Heure
Planche 11 : Fox-Trot
Planche 12 : La Victoire
Henry-Jacques est le pseudonyme littéraire d’Henri Edmond Jacques (1886-1973). Cet écrivain français eut plus d’une corde à son arc : musicologue, poète et prosateur, marin et journaliste. C’est d’ailleurs en temps que journaliste qu’il débute sa carrière dans l’écriture. Dès 1909, il écrit dans Paris Journal, puis à L’Ère nouvelle. À 28 ans, en 1914, il se trouve mobilisé pour la Première Guerre Mondiale. Cette expérience le marquera longuement. C’est donc tout naturellement qu’il va fournir à Pierre Corrard douze poèmes racontant cette expérience, pour ce volume des Modes et manières d’aujourd’hui.
Cette chemise est tirée, comme la précédente, à 300 exemplaires numérotés, tous sur Japon des Manufactures de Shidzuoka. Aux 12 premiers exemplaires, réimposés, sont joints un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en noir. Viennent ensuite 17 exemplaires dédicacés, avec des remarques originales. Enfin, toujours sur papier Japon, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette troisième publication de la série sont de George Barbier :
Planche 1 : La Belle Matineuse
Planche 2 : La Vasque
Planche 3 : Le Coup de vent
Planche 4 : L’Oiseau volage
Planche 5 : L’Arc rouge
Planche 6 : Midi sur l’eau
Planche 7 : L’Îlot
Planche 8 : Roses dans la nuit
Planche 9 : Shéhérazade
Planche 10 : La Loge
Planche 11 : La Danse
Planche 12 : Arlequin
George Barbier (1882-1932) est l’un des artistes les plus emblématique de l’Art Déco. Peintre, dessinateur de mode et illustrateur, il figure régulièrement en bonne place, dès 1912, au Salon des artistes décorateurs. Collaborateur régulier de journaux satiriques (comme Le Rire ou La Baïonnette), il apparaît également dans les pages de la Gazette du Bon Ton, Femina, Vogue France, Comoedia illustré, Les Feuillets d’art… Il créa également de nombreux costumes et décors, pour le théâtre, le cinéma ou le music-hall.
Henri de Régnier (1864-1936), est un romancier et un poète proche du symbolisme. Issu d’une famille aristocratique de Normandie, il devait intégrer le corps diplomatique, et, pour se faire, il poursuivit des études de droit. Rapidement, pourtant, il quitte ces domaines pour se consacrer à la littérature. Dès 1885, il commence à publier de la poésie dans les revues symbolistes de France et de Belgique (notamment dans le revue Lutèce). Grand admirateur de Stéphane Mallarmé, on reconnait également dans sa plume les influences de Lecomte de Lisle et de José-Maria de Heredia (dont il épousa une des filles, Marie, elle-même connue sous le nom de plume de Gérard d’Houville, et qui signa également le texte du Modes et manières d’aujourd’hui de 1920 illustré par Robert Bonfils).
Cette chemise est tirée, comme la précédente, à 300 exemplaires numérotés, tous sur Japon des Manufactures de Shidzuoka. Aux 12 premiers exemplaires sont joints un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise. Viennent ensuite 17 exemplaires dédicacés, avec des remarques marginales. Enfin, toujours sur papier Japon, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette deuxième publication de la série sont de Charles Martin :
Planche 1 : La Dame et le perroquet
Planche 2 : La Neige
Planche 3 : La Surprise
Planche 4 : La Mule
Planche 5 : Le Bain
Planche 6 : Le Retour de la chasse
Planche 7 : La Dame et l’enfant
Planche 8 : Les Lucioles
Planche 9 : La Passerelle
Planche 10 : L’Orage
Planche 11 : Les Cerises
Planche 12 : La Musique
Charles Martin (1884-1934) débute sa carrière dans des revues un peu légères, et peu à peu (à partir de 1912), il va dessiner et publier ses dessins dans les grandes revues de mode, françaises (La Gazette du bon ton, Fémina, et, bien sûr dans Modes et Manières d’aujourd’hui) ou américaines (Harper’s Bazar, Vanity Fair). Son trait, délicat, un peu influencé par les épures du cubisme, caractérise en le magnifiant l’Art Déco qui éclot à cette époque. Charles Martin va mettre son talent au service de toutes les formes qui le lui permettront : la mode, bien sûr, mais aussi les affiches, les papiers peints, les flacons de parfum, les meubles, etc.
« L’habit fait le moine. Pour les timorés que cela fâche et contrarie dans leurs habitudes de voir travestir un proverbe, communément reçu, mettons que l’habit révèle le moine. Les concessions sont la condition de la politesse. »
Pour expliquer son choix de publier cette série de chemises, consacrées à la mode du début du XXe siècle, Pierre Corrard prend la plume. Une plume précise, évocatrice, définitive.
« Car la Femme est l’éternelle occasion d’art »
Tirage à 300 exemplaires numérotés, sur Papier du Japon des manufactures de Shidzuoka. Les dix-sept premiers exemplaires possèdent des remarques originales.
Les planches de cette première chemise sont signées de Georges Lepape :
Planche 1 : La toilette
Planche 2 : L’entracte
Planche 3 : Les papillons
Planche 4 : La balançoire
Planche 5 : Les coussins
Planche 6 : Le verger
Planche 7 : Le festin
Planche 8 : Les hermines
PLanche 9 : Sur les marches du jardin
Planche 10 : Le rideau qui s’écarte
Planche 11 : L’habit persan
Planche 12 : Travesti
Georges Lepape est ce grand artiste de l’Art Déco, né à Paris le 26 mai 1887 et mort à Bonneval (Eure-et-Loir) le 15 février 1971. Dessinateur de mode, affichiste, graveur et illustrateur français, il possède un style élégant, souvent orientalisant, et éclatant de couleurs. Il est même considéré par certains comme le précurseur de la ligne claire. Il fut un proche de Paul Poiret, gravita autour des Ballets Russes, et illustra de très nombreux ouvrages, dont, par exemple, sa magnifique interprétation de « L’Oiseau bleu » de Maurice Maeterlinck.
La Librairie est incroyablement heureuse de vous présenter un ensemble unique et sans aucun équivalent.
Ayant acquis il y a peu quelques exemplaires exceptionnels de cette magnifique revue d’art et de mode qu’était Modes et manières d’aujourd’hui, nous nous proposons ici de parcourir l’histoire de la revue, ainsi que de ses illustrateurs et auteurs prestigieux.
Comme vous le savez certainement, « Modes et manières d’aujourd’hui » représente le meilleur de la mode du début de siècle, par les artistes l’ayant faite, au plus haut de leur art. Il s’agit probablement de l’entreprise éditoriale du début de siècle la plus aboutie et la plus fascinante.
Il y a maintenant plus de 100 ans, le projet de créer une revue d’art et de mode de haute qualité est porté par Pierre Corrard, auteur et éditeur de la première moitié du XXe siècle. Afin d’accompagner la révolution artistique et vestimentaire des années folles, il publie, en 1912, une première chemise comportant quelques textes signés de lui, et un ensemble de douze magnifiques planches couleurs, réalisées par Georges Lepape à son apogée.
Cette chemise est seulement tirée à 300 exemplaires, tous sur papier Japon des Manufactures de Shizuoka.
Devant l’accueil fait à cette première publication, Corrard décide, chaque année, de proposer une chemise de même facture, avec des auteurs et des artistes différents.
Dès 1913, c’est Charles Martin et Nozières qui prennent la place de Georges Lepape et Pierre Corrard.
En 1914, c’est George Barbier, sur des textes de Henri de Régnier.
La guerre éclatant, la publication de la série s’interrompt. Début 1919, c’est à nouveau Georges Lepape, qui propose un volume consacré aux « années de guerre » (1914-1919). les illustrations sont Accompagnées de textes de Henry-Jacques.
Puis, en 1919 à nouveau, il demande à A. E. Marty de réaliser un volume couvrant à la fois le retour des soldats et la folie, immédiatement postérieure, qui va animer les arts sous toutes leurs formes : ce sont les fameuses Années Folles. Les textes accompagnant le volume sont de Tristan Bernard.
En 1920, Robert Bonfils et Gérard d’Houville livrent leur volume. Et il faudra attendre 1922 pour voir paraître le septième et dernier volume, illustré par Fernand Siméon, pour accompagner un beau texte raffiné de Paul Valéry.
Chaque chemise se présente de la même manière : un cartonnage fort, dont le premier plat est frappé des seuls titres et années, et qui en son centre est décoré d’une illustration couleurs. Les planches prennent place dans un ensemble de quatre rabats fait du même papier que celui utilisé pour la contre garde, et dont le motif a été dessiné par l’artiste réalisant les planches intérieures. L’ouvrage, en feuilles, débute par une page de titre reprenant l’illustration de couverture. Puis viennent les pages proposant le texte, et, après le colophon, les planches illustrées.
Un soin tout particulier est apporté à la réalisation de ces planches, de la gravure au passage des pochoirs.
Le livre que nous vous présentons aujourd’hui fut et restera le point culminant du travail de l’éditeur et imprimeur Léon Curmer (1801-1870).
Page de titre de Les évangiles des dimanches et fêtes de l’année imprimé par Curmer en 1864
Ce qui frappe en premier lieu quand on ouvre « Les évangiles des dimanches et fêtes de l’année » , c’est la qualité extraordinaire des reproductions, (surtout lorsqu’on la met en regard des techniques disponibles à l’époque). C’est également la grande précision et la justesse des commentaires et descriptions qui l’accompagnent.
Les 2 premiers volumes comportent 401 chromolithographies en couleurs, reproduites d’après des livres d’heures et des manuscrits anciens, avec une attention particulière sur le rendu des miniatures, bordures et autres décorations. Ce travail est tout simplement magnifique. Même nos yeux de bibliophile habitués aux chromolithographies sont éblouis à chaque page, tant par la variété des couleurs que par la complexité des impressions et la soin apporté au choix de l’iconographie reproduite.
Le dernier volume, appendice aux évangiles, contient la liste des souscripteurs. Certains sont prestigieux, et au premier rang d’entre eux, nous pouvons lire Napoléon III en personne.
Ce volume contient également les actions de grâces, illustrées de 80 photographies originales d’après d’anciennes gravures sur cuivre. Ces dernières pages font de ce livre un des tous premiers livres illustrés par photographie.
Ce volume, enfin, propose toutes les notices, l’ornementation de l’appendice, la classification des diverses écoles de peinture des manuscrits.
Pierre Larousse dira dans son dictionnaire : « M. Curmer a entrepris la reproduction en couleur des anciens manuscrits. Il y a réussi au-delà de toute espérance. Il a fouillé et exploré toutes les bibliothèques du continent et de l’Angleterre, il n’existe pas un manuscrit capital qui ne soit pas représenté dans ses éditions des Evangiles des Dimanches. Ce dernier ouvrage surtout, par la haute importance des reproductions, leur variété, leur authenticité, restera comme l’un des plus beaux livres qu’on ait jamais tenté d’exécuter » (Larousse du XIX°, tome 5, page 684). Les deux premiers volumes sont montés sur onglets, et les trois volumes sont reliés plein maroquin rouge du Levant.
Reliure plein maroquin rouge du levant par Segouin pour « les évangiles des fêtes et des dimanches » livre édité par Curmer !
Notre exemplaire comporte la page de titre avec la date de 1872 couplée à la mention : « réimprimé par Bachelin-Deflorenne », mais suivi par la page de titre portant la date de 1864. Comme certains spécialistes l’ont relevé, on peut à juste titre penser que Curmer avait fait imprimer un peu plus de 800 exemplaires (nombre donné par la liste des souscripteurs). Ségouin et Bachelin-Deflorenne auraient donc récupéré les exemplaires disponible à la mort de Curmer et les auraient vendus. Cet état de fait est d’ailleurs confirmé par le bon de commande de l’ouvrage, qui se trouve dans notre exemplaire, dans lequel Ségouin dit être actuellement le propriétaire de l’ouvrage dans une quantité fort restreinte. Il ajoute même que le livre ne sera pas réédité, les pierres étant depuis longtemps effacées. Ségouin vend le livre 1000 francs, en feuilles. L’ancien propriétaire de notre exemplaire a acheté ce volume et une bible pour 1200 francs.
Bon de commande des évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer, livre imprimé en 1864.
Description de notre exemplaire :
3 volumes in-4°, 28 x 20,5 cm, reliés plein maroquin rouge du levant : le volume I contient 3 feuillets montés sur onglet (comme toutes les planches des deux premiers volumes) comprenant le titre avec la date d’impression par Curmer (1864) et le titre avec la date Ségouin (1872), plus une autre chromo donnant les adresses de Ségouin et Bachelin Deflorenne, puis 38 planches numérotées de III à XLI, puis 170 planches (169 numérotées), et pour finir IV planches pour la table. Le deuxième volume : 2 planches non numérotées, puis la numérotation reprend de 172 à 361 puis 4 planches non numérotées et enfin V planches pour les tables. Le troisième volume comprend : XXXII pages, 172 pages non paginées, puis 154 pages, 6 pages non paginées, puis 255 pages, puis 3 pages non paginées, une petite dizaine de feuillets comportent des rousseurs dans le troisième volume, très bel exemplaire de ce MAGNIFIQUE livre qui préfigure le travail que feront les éditeurs de Fac-Simile de la fin du XX° siècle comme Fac-Simile Verlag à Luzern. Un chef d’oeuvre de technique de l’impression !
Chromolithographie pour les évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer
Chromolithographie pour les évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer
Nous proposons un ouvrage extrêmement rare de Guy Le Querrec sur la Révolution des Oeillets, Portugal 1974-1975 : Regards sur une tentative de pouvoir populaire (1979), consultable ici.
« Etre photographe c’est avant tout une manière de vivre, de se promener sur le fil du hasard pour attraper une étoile filante ». Guy Le Querrec
Le photographe breton Guy Le Querrec propose ses premiers clichés de musiciens dans les années 50 à Londres, et entame sa carrière professionnelle en 1967. Recruté en 1969 par l’hebdomadaire « Jeune Afrique » en tant que photographe et rédacteur, il réalise ses premiers reportages au Tchad, au Cameroun et au Niger.
En 1972, il participe à la création de l’agence de presse photographique Viva, pour la quitter trois ans plus tard et rejoindre en 1976 l’agence Magnum, une des toutes premières coopératives photographiques, créée en 1947 par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Georges Rodger, William Vandivert et David Seymour. Créée dans le but de permettre aux photographes de garder un contrôle total sur les droits de leurs photos, l’agence regroupe quelques-uns des plus grands photojournalistes au monde. Le mode de recrutement de ses membres, long et exigeant, lui permet de sélectionner les meilleurs professionnels de l’image. L’agence Magnum compte aujourd’hui plus de 70 membres.
Guy Le Querrec est connu pour ses nombreux reportages en Chine et en Afrique et sur les Indiens nord-américains (Sur la piste de Big Foot, Editions Textuel, 2000). Son travail de reporter est ponctué de périodes consacrées au jazz, sa grande passion Jazz sous les platanes, Editions Java, 1984 ; Scaneditions, 1993 ; Jazz Light and Day (Federico Motta Editore, 2001). Il a notamment voyagé à travers ving-cinq pays africains avec le trio Romano-Sclavis-Texier. Trois de ses albums ont d’ailleurs été inspirés par ses photos. En 1977, Guy Le Querrec publie son premier ouvrage, Quelque part, aux Editions Contrejour.
L’ouvrage que nous proposons à la vente, Portugal 1974-1975 : Regards sur une tentative de pouvoir populaire, est le deuxième livre du photographe, publié en 1979 aux Editions Hier & Demain. Il s’agit d’un regard collectif de plusieurs photographes sur les deux années qui ont suivi la Révolution des Oeillets au Portugal, tentant de suivre le mouvement à travers ses paysages sociaux et accordant une importance particulière aux images du peuple plutôt qu’à celle des dirigeants et de l’armée.
Le livre propose des photographies noir et blanc de Alecio de Andrade, Gérard Dufresne, Vojta Dukat, Jean-Claude Francolon, Jean Gaumy, Fausto Giaccone, Benoît Gysemberg, François Hers, Sylvain Julienne, Guy Le Querrec, Jacques Minassian, Alain Mingan, Jean-Paul Miroglio, Daniel Mularoni, Jean-Paul Paireault, Gilles Peress, Sebastiano Salgado, présentées par Jean-Paul Miroglio et Guy Le Querrec, avec les textes de Jean-Pierre Faye.
Notre exemplaire est en bel état, intérieur frais. A découvrir rapidement !
4 Déc 2015
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Ce ne sera qu’en 1922, que la septième et dernière chemise de la série « Modes et Manières d’aujourd’hui » paraîtra. Elle sera réalisée par Paul Valéry et Fernand Siméon.
Le tirage de cette chemise est sur le même mode que celui de la chemise précédente : si les 12 premiers exemplaires sont toujours sur papier Japon des Manufactures de Shidzuoka, réimposé, dédicacé, et proposant, chacun, un original du dessin ayant servi à l’une des 12 planches de la chemise, ainsi qu’une suite en deux tons, les exemplaires suivants ne sont plus sur papier Japon. Ils sont tirés sur Papier Vélin de Cuve. Tout d’abord, 17 exemplaires sont proposés dédicacés, avec des remarques originales. Et enfin, 271 exemplaires complètent le tirage.
Les planches de cette sixième publication sont donc de Fernand Siméon :
Paul Valéry (1871-1945), écrivain, poète et philosophe français, fait partie du panthéon des auteurs du XXe siècle. Bien qu’ayant commencé des études de droit, après une école dominicaine où ses parents l’avaient inscrite, il commence à écrire et à publier, à partir de 1889. Sa poésie d’alors est fortement inscrite dans la mouvance symboliste, et l’amène à côtoyer Pierre Louÿs, André Gide et surtout Stéphane Mallarmé. C’est en 1892 qu’il va commencer, selon ses propres dires, à s’éveiller à sa réelle « vie de l’esprit ». Il se consacre alors totalement à l’écriture, philosophique tout autant que fictionnelle ou poétique. Toujours fidèle à la vision poétique mallarméenne, il privilégie la maîtrise formelle, et place le sens en second plan, prétextant que « [ses] vers ont le sens qu’on leur prête ». Il se verra reconnu et comblé d’honneurs après la Première Guerre Mondiale. Il devient membre de l’Académie Française en 1925, où il prend la place d’Anatole France (qu’il parvient à ne pas citer une seule fois dans son discours de réception, en représaille de la position d’Anatole France contre la poésie de Stéphane Mallarmé), premier dépositaire d’une chaire de poétique au Collège de France en 1937… Durant toutes ces années, et les années qui suivent, sa curiosité intellectuelle le mène également dans les parages de la nouvelle physique, et il côtoie des scientifiques et philosophes comme Raymond Poincaré, Louis de Broglie, Henri Bergson ou Albert Einstein. Refusant de collaborer lors de l’Occupation, et allant même jusqu’à prononcer l’éloge funèbre d’Henri Bergson (dénigré par Vichy car d’origine juive), il est démit de ses nombreuses fonctions par le gouvernement. Membre du Front National de la Résistance, il mourra quelques semaines à peine après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Fernand Siméon (1884-1928) est un peintre, illustrateur et graveur français. Élève de l’École des arts décoratifs, il y apprend et perfectionne son art de la peinture et surtout de l’eau-forte. C’est Auguste Lepère qui l’initie à la gravure sur bois. Il participera à de nombreux projets de cette époque, amenant surtout son style typique et sa maîtrise artistique dans le monde du livre, mais également dans celui des tapisseries, pour les Manufactures d’Aubusson.