La série de livres pour enfant « Babar » a été inventée par Cécile de Brunhoff pour, à l’origine, endormir ses enfants Mathieu et Laurent. Ces derniers ont demandé à leur père d’illustrer l’histoire afin de faciliter leur compréhension et le premier tome intitulé « Histoire de Babar » paraît donc en 1931. C’est la première œuvre illustrée par Jean de Brunhoff. Grâce au succès que rencontre la série, Cécile de Brunhoff crée un personnage chez les jeunes. Cette série de livres raconte en 27 tomes les aventures de l’éléphanteau. Les six premiers albums sont réalisés par Jean de Brunhoff puis c’est son fils, Laurent qui continua de divertir les enfants à travers le monde, en effet, les livres ont été traduit dans 27 langues.
Les ouvrages racontent la vie de « Babar », un éléphanteau qui quitte la jungle pour aller dans une grande ville suite à la mort de sa mère tuée par un chasseur. Il va faire la rencontre d’un vieille dame qui pourvoit à son éducation. Après peu de temps, il retourne finalement dans un clan d’éléphants qui tente en permanence d’échapper aux chasseurs. A la suite de la mort du roi des éléphants et pour avoir déjoué le plan d’un chasseur « Babar » est couronné roi et épouse sa cousine Céleste. Ils vivent à « Célesteville », où chaque peuple animal construit sa maison et vit selon ses propres coutumes.
Nous avons actuellement dans nos rayonsquatre volumes de Babar de la collection « albums de Babar » : « Histoire de Babar » 1931, «Le roi Babar» sorti en 1933, « Babar et ce coquin d’Arthur » 1946 et « Pique-nique chez Babar » publié en 1949. Les deux premiers ont été écrit par Jean de Brunhoff quant aux derniers, ils ont été réalisé par Laurent de Brunhoff. Contrairement aux nouvelles éditions de « Babar », ces dernières ont des couleurs vives et les dessins ont des traits fins assez imprécis, ce qui nous donne l’impression que les illustrations ont été faites à la main. Cet effet est dû à l’impression faite en lithographie qui désigne la technique de dessiner puis de graver dans la pierre, autrement dit dessiner sur une pierre, puis imprimer l’image en la pressant contre une feuille de papier.
En lisant ces histoires certains se demandent : « Babar » fait-il l’éloge de la colonisation ? En effet, plusieurs aspects du livre sont discutables. Par exemple, dans le tome « Babar en voyage », les africains sont représentés de manière caricaturée et sont dépeints comme des « vilains cannibales sauvages ». Ce passage a évidemment été supprimé au fil des rééditions. Également, en devenant roi, Babar demande aux autres éléphants d’adopter les normes sociétales comme les vêtements, l’architecture, l’éducation ou encore les métiers. Sorti pendant l’exposition coloniale, en 1931, on retrouve notamment dans « Histoire de Babar », des messages passés à la jeunesse, notamment sur la « grandeur » de la France. Jean de Brunhoff reproduit les codes de la société dans laquelle il vit, ce que nous percevons aujourd’hui comme problématique mais qui ne l’était pas à l’époque. En revanche, lorsque son fils Laurent reprend le flambeau, il invente des aventures qui se veulent plus légères et qui s’adaptent à l’évolution de la société.
Lire les premiers ouvrages « Babar » est très enrichissant grâce à aux illustrations uniques et à la qualité de cet objet plutôt rare. Bien quecertains messagestransmis au travers de quelques anciens livres ne soient plus d’actualité et puissent parfois être problématiques, lesrécentes éditions de « Babar » sont encore beaucoup achetées et lues.
écrit par Suzanne et Morgane, stagiaires de seconde
Quoi de plus plaisant pour l’amateur de bédé que d’ouvrir un album et d’y retrouver, au-dessus de son prénom manuscrit, un dessin original ? Réalisé par l’auteur, il confère une valeur singulière à l’ouvrage ainsi orné. Une valeur à la fois affective et pécuniaire.
J.L. Pesch (de son vrai nom Jean-Louis Poisson) est disparu cette année. Ce qui a commencé sa carrière à 14 ans laisse derrière lui une œuvre immense. Reprenant Sylvain et Sylvette, la création de Maurice Cuvillier, dès 1957, il travaillera sur la série jusqu’en 2022.Faute d’héritier à la hauteur de ses exigences, il clôt la série et pose définitivement le pinceau peu de temps avant sa disparition ; il a 94 ans !
Fans
Vous n’avez pas peur de faire la queue des heures durant pour un dessin de votre illustrateur favori ? Munis d’un casse-croûte vous assiégez le stand d’un éditeur, posé sur un siège pliant ? Oui ? Alors vous êtes un authentique chasseur de dédicaces! Mais seriez-vous prêts à vous battre pour ce même dessin ? Peut-être pas… Pourtant, cela arrive parfois sur les plus grands salons et pour les auteurs les plus renommés. « Le fan déçu n’est pas toujours facile à gérer », expliquait il y a quelques années le responsable d’un stand à Angoulême.
Entre promotion et création, l’acte de dédicacer un album à un lecteur, en ajoutant une illustration originale à l’identité du fan, fait couler beaucoup d’encre.
Un véritable business
Pour certains, la revente d’un album dédicacé est devenue assez lucrative pour en faire une activité à part entière. En effet, mettre sur un site de vente en ligne un ouvrage fraîchement signé peut rapporter beaucoup au « lecteur ». Qui n’est plus un fan passant un moment privilégié avec son illustrateur favori mais un spéculateur profitant du travail d’autrui.
Lors d’un salon, il n’est en effet pas rare qu’un dessinateur passe une journée à dédicacer sans pour autant toucher un centime pour ce « bonus » d’encre.
Cette pratique de revente soulève assez de questions pour que des auteurs, dégoûtés, cessent de soulever leur crayon lors des festivals. Sur certains stands de salons, on a institué le tirage au sort de tickets pour obtenir ce moment précieux avec l’illustrateur. Ce qui a conduit à d’autres dérives, comme la revente dudit ticket gagnant !
Une dédicace peut être l’occasion pour l’auteur de détourner ses propres personnages. Avec plus ou moins de légèreté !
Faut-il rémunérer les auteurs présents sur les salons et les festivals ? Doivent-ils exiger de leurs acheteurs un supplément pour la réalisation d’une dédicace ? Éditeurs, auteurs, organisateurs… les avis divergent et le débat n’est pas clos. Il ne le sera sans doute jamais.Aux grands salons certains amateurs préfèrent les séances en librairie. Ces lieux plus intimistes permettent souvent de passer un moment complice avec le dessinateur.
Que vous soyez chasseur d’autographes, de dédicaces ou de simples amateurs de dessins originaux, les albums que nous vous proposons, dédicacés avant cette ère de spéculation, ont tous ce petit quelque chose en plus qui ouvre le cadre de l’ouvrage à d’autres univers… parfois plus coquins !
Annie Goetzinger pensait créer des costumes pour le théâtre, elle deviendra dessinatrice de bédé. L’une des premières en France ! Son style réaliste à la fois élégant, fin et coloré, mettra souvent en valeur les scénarios historiques de Pierre Christin.Né en 1951, Goetzinger disparaît à 66 ans. Casque d’Or, à l’inspiration très Art Nouveau, paraît en 1976. C’est son 1er album.
Hans Kresse (1921-1992)Cet auteur néerlandais est principalement connu pour sa série Les Peaux rouges, parue en France en 9 volumes entre 1974 et 1982. Un monument : Kresse est considéré comme l’un des Big Three de la bd néerlandaise. On lui doit aussi un « strip » animalier humoristique, Robijn, et surtout la série Eric le Brave créée avant Les Peaux Rouges.
Sources : Le Parisien libéré, France Info, RTBF, Wikipedia, Le Monde, lambiek.net
B.R Bruss figure parmi les auteurs prolifiques de SF. Ancien vichyste, il écrira au Fleuve une SF humaniste : »Bruss ne parle pas tant de combats et de conquêtes que de rencontres, de contacts », dira de lui J.P. Andrevon.
Forte de plus de 2000 titres* et de cinq décennies de publication, la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir a sans conteste marqué l’histoire de la science-fiction française.
Fondée en 1951, elle connaîtra plusieurs vies, créera des vocations, révélera des auteurs, inspirera des éditeurs avant de s’éteindre en 1997. Un adieu en clin d’œil : cet ultime numéro 2001 s’intitulera L’Odyssée de l’espèce. Un ouvrage de Roland C. Wagner distingué par le Grand prix de l’Imaginaire.
Acquérir les 151 premiers volumes c’est faire entrer dans sa bibliothèque l’aventure de la SF populaire française et sa fantastique variété.
Robe noire
Au cours de sa longue histoire la série connaît plusieurs chartes graphiques. La première, familièrement intitulée « Fusée », en est sans aucun doute la plus emblématique. Avec sa robe noire, ses lettrages manuscrits, ses couleurs vives, elle se distingue aussitôt. Aux pinceaux sévit un unique illustrateur, René Brantonne (voir encadré), garantie d’une identité forte.
Le dos agit comme la rampe de lancement d’une fusée différente à chaque titre : stylisée ou plus réaliste, mono tuyère, flanquée de moteurs auxiliaires (ou bien sont-ce des habitacles ?), filant à l’oblique dans une orbe rouge et blanche vers un nuages d’étoiles multicolores ou un simple astre immaculé… ces variations souvent subtiles, parfois importantes, enrichissent la présentation de la collection.
Il existe autant de fusées que de titres dans la collection, Brantonne les redessinant chaque fois avec l’illustration et la « titraille » de couverture. Vous noterez aussi les variations de l’écriture de la maison d’édition.
Elle reprend en fait le spationef du premier volume de la collection, Le Météore, celui-lui là même qui envoie ces héros inventés par F. Richard-Bessière vers leur quête intersidérale.
Le Météore entraîne, tous feux allumés, ses passagers dans ce 1er numéro de la collection.
De nouveaux univers
Le Fleuve Noir n’a que deux ans d’existence lorsque François Richard crée au sein des éditions la collection Anticipation. Tout d’abord limitée à un unique titre par mois, la fréquence atteindra vers la fin de son existence cinq ouvrages. Les volumes, d’un format poche et de 188 pages, imprimés sur un papier de qualité moyenne, sont vendus à un prix modique. Il s’agit de toucher un large lectorat, accro à l’aventure, pas forcément exigeant sur la qualité ou l’originalité, cherchant l’évasion à peu de frais. En somme, ce que l’on appelle la « littérature de gare », destinée ici à des passagers terrestres avides d’étoiles, de confins et d’explorations plus ou moins scientifiques.
Le space-opera de Richard-Bessière (duo d’auteurs constitué de François Richard et Henri Bessière) par exemple, avec ses Conquérants de l’univers aux quatre épisodes remplit le cahier des charges.
Ici Brantonne reconnaît sa dette envers Ralph Andrew Smith, un éminent illustrateur de la British Interplanetary Society disparu en 1958.
Si des auteurs anglo-saxos figurent parmi les premières publications, dont Poul Anderson, Arthur C. Clarke, Ron Hubbard, Paul French (pseudo d’Isaac Asimov quand il écrit pour la jeunesse) Van Vogt… très vite la collection n’accueillera plus que des écrivains francophones. Certains d’entre eux franchissent alors la passerelle tendue entre littérature d’espionnage ou policière du « Fleuve » et SF ; ils vont écrire au cours des ans plusieurs dizaines de titres, souvent sous pseudonyme. Les Jimmy Guieu (inlassable défenseur de la réalité extraterrestre des OVNIS), les G.J. Arnaud (connu pour sa colossale Compagnie des Glaces) y fourbiront leurs armes… imaginaires.
Le territoire de la science-fiction est vaste et Anticipation en explore les grands espaces : conquête galactique désuète de Jean-Gaston Vandel ou horreur contemporaine de Wyndham avec ses Triffides venus d’outre-espace, sombre évocation des dangers du pouvoir absolu chez Gilles d’Argyre, pseudo de Gérard Klein…
Quelques auteurs se distinguent parmi cette profusion de récits souvent écrits à la chaîne : par exemple Kurt Steiner (pseudo d’André Ruellan) qui, après une carrière de médecin deviendra scénariste pour le grand écran ; ou Stefan Wul, de son vrai nom Pierre Pairault. Comme d’autres écrivains du Fleuve, Wul exerce en marge de l’écriture un métier trop prenant pour lui permettre de créer plus d’une poignée d’ouvrages. Sa SF poétique et humaniste fera de lui un « classique » du genre et au-delà. Oms en série puis L’Orphelin de Perdide, figurants dans ce lot, seront adaptées au cinéma par René Laloux sous les titres La Planète sauvage (1973, avec Topor) et Les Maîtres du temps (1981, avec Moebius). Son œuvre possède une force d’une telle intemporalité que de jeunes auteurs continuent de les adapter de nos jours en BD, chez Ankama.
*Au final, deux mille et un titres plus un hors-série seront estampillés Anticipation.
Un illustrateur haut-en-couleurs
La série Anticipation n’aurait sans doute pas gagné son statut culte sans ses couvertures signées Bratonne. L’artiste est un tel personnage de roman qu’il aurait inspiré, à l’en croire, le Bérurier de Frédéric Dard, auteur phare du Fleuve.
Né au début du XXe siècle, René Brantonne part aux USA dans les années 20 travailler dans la publicité pour de grande agences et leurs clients prestigieux. Les plus grands studios hollywoodiens l’emploient. On lui devrait l’une des variations du sigle Esso, employée durant un demi-siècle par le pétrolier américain. Il revient vivre en France après-guerre et cet « anar de droite » autoproclamé signera des plaquettes pour le PC. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait la pige !
Bande dessinée, illustration, publicité, retouche, lettrage, affiches de cinéma… et même étiquettes de camembert… dessin au trait, gouache : il aura conjugué tous les modes d’expression pour faire bouillir la marmite, en mercenaire de l’image.
Mais c’est sûrement grâce au Fleuve Noir que sa longue carrière lui vaudra estime et reconnaissance. Il y réalise des centaines d’images – des « maquettes » dit-il, plutôt que des « œuvres ». À tel point que lorsque l’éditeur décide de se séparer de lui, à partir du numéro 274, les ventes déclinent.
Quand il est rappelé à la barre de la fusée Anticipation à partir du numéro 562, son style a évolué tout comme l’époque. D’aucun le qualifie alors de « froid ». Qu’importe, le touche-à-tout de génie convainc de nouveaux afficionados. Il enchantera les rêveurs d’imaginaire jusqu’au numéro 792. Il est l’un des tous premiers illustrateurs à employer l’aérographe en France.
Hélas pour les collectionneurs, les originaux de Brantonne ont pour la plupart disparus : les éditeurs les jetaient sitôt employés et lui-même ne faisait pas grand cas d’un travail qui était pourtant devenu une œuvre de valeur aux yeux de beaucoup.
La collection que nous vous proposons aujourd’hui, en un état de préservation remarquable, reste le meilleur moyen de retrouver l’art si singulier de Brantonne, mélange de naïveté scientifique, d’inquiétude, de couleurs acidulées, de poésie et d’épique.
La librairie « les mains dans les poches » contient plus de 35 000 livres… de poche d’occasion. Elle est fermée le Lundi et le Mardi, ouverte sur demande le Mercredi et Jeudi et ouverte du Vendredi au Dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 19h. Pendant les vacances scolaires elle est ouverte tous les jours.
En entrant dans la première salle vous découvrirez les livres de fantasy et de SF, ainsi que la littérature française. On peut y trouver des classiques tels que Le trône de fer ou Le seigneur des anneaux.
En continuant votre visite dans la deuxième pièce, vous trouverez au centre les livres pour enfants, à gauche le rayon des sciences humaines et au fond les étagères des polars. Vous pourrez vous asseoir sur une chaise à droite pour lire un livre à la lueur du soleil. Non loin se trouve un petit meuble sur lequel sont posés, à défaut de bandes dessinées, quelques mangas, et dans le coin du fond une petite étagère contenant des livres en anglais.
Les prix sont relativement bas, entre 2 et 6 € en général. Si vous recherchez un livre précis, le mieux est de s’adresser au libraire. Si vous faites la recherche vous-même, il faut savoir que les livres sont triés par genre, collection et auteur, ce qui rend leur recherche plus facile et plus rapide.
La librairie générale compte plus de 100 000 livres dont 6 réserves. Les livres peuvent être vieux ou récents, tous à un prix différents, mais toujours d’occasion. Parmi ces livres, il y a de la littérature classée par pays: française, anglaise, espagnole, italienne, roumaine, …
Dans la librairie, il y a aussi des dictionnaires de langue, des encyclopédies, disques, bandes-dessinées, livres pour enfants ou autobiographies, des livres sur l’histoire, les arts…
Chaque pièce compte un ou deux thèmes, avec des oiseaux qui décorent la salle des vieux livres près des fenêtres. Il y a aussi une chatte très douce qui s’appelle Olympe et qui se ballade dans la librairie.
L’emblème de la librairie est un papillon, que l’on peut apercevoir dans chaque pièce. Le nom de cette librairie vient du papillon Abraxas (Abraxas Grossulariata en latin), et c’est donc le symbole de ce lieu.
Abraxas (grec : Αβραξας), Abrasax, ou encore Abracax, est également un terme gnostique, utilisé notamment par Basilide, qui désigne les 365 émanations du dieu suprême. Ce serait en effet une transcription altérée d’un cryptogramme d’origine hébraïque, dont l’interprétation isopséphique renvoie à 365. Le terme se retrouve gravé sur des amulettes ou des talismans qu’on appelle abraxas par métonymie. Pour les chrétiens orthodoxes le terme désigne un démon.
Horaires: ouvert 7/7 de 10h à 12h et de 14h à 19h.
« Votre petit Baudelaire me ravit. C’est une merveille de présentation”, André Gide à Jacques Schiffrin dans une lettre du 23 novembre 1931.
Nous avons récemment eu la chance d’obtenir un lot conséquent d’ouvrages de la Bibliothèque de la Pléiade (environ 300 volumes) ainsi qu’une collection complète des Albums en excellentes conditions. Pour découvrir cette collection et acquérir des volumes c’est ICI.
À cette occasion, plongeons-nous un peu dans l’histoire de cet objet fétiche des éditions Gallimard.
Ce que l’on appelle aujourd’hui couramment « la collection de la Pléiade » c’est presque un millier d’ouvrages (982 ouvrages au 3 Mars 2022 en incluant les albums et l’encyclopédie) et plus de 250 auteurs (hors ouvrages collectifs) publiés sur une période d’un peu plus de 90 ans.
Elle naît de la volonté de Jacques Schiffrin (1892-1950, éditeur et traducteur originaire d’Azerbidjan alors situé dans l’Empire russe) de proposer des œuvres complètes d’auteurs classiques dans un format à la fois pratique et confortable. En effet l’éditeur avait choisi d’adopter un format poche compact (105×170 mm) avec un papier bible opacifié couleur chamois ainsi qu’une couverture en cuir pleine peau souple et dorée à l’or fin, qui permettait, avec son caractère Garamond 9, une bonne lisibilité tout en conservant un nombre impressionnant de pages par ouvrage. Cette charte précise et rigoureuse, pensée pour mêler l’élégance à l’exhaustivité, demeure inchangée depuis sa création.
Il en est de même pour son code couleur, celle-ci dépendant de l’époque à laquelle a vécu son auteur (ou pendant laquelle elle a été produite) : vert antique pour l’antiquité, violet pour le Moyen Âge, corinthe pour le XVIe, rouge vénitien pour le XVIIe, bleu pour le XVIIIe, vert émeraude pour le XIXe et havane pour la littérature du XXe siècle comme on peut le voir ci-dessous (on peut noter quelques exceptions : gris pour les textes de référence des principales religions monothéistes et rouge Churchill pour les anthologies ainsi que des choix ponctuels souvent rectifiés par la suite, comme le noir de la première édition de Saint-Simon).
Les couleurs de la Pléiade : chacune réfère à une période.
C’est donc en 1923 que Jacques Schiffrin créé les Éditions de la Pléiade et c’est en 1931 qu’il entame cette collection singulière au sein de ses éditions et dont nous parlons aujourd’hui avec un premier tome des œuvres de Baudelaire.
L’origine du nom de la maison d’édition, et par conséquent de la bibliothèque, n’est pas clairement défini, par manque d’archives écrites de cette époque. Nous devons ainsi nous contenter de la tradition orale de la maison Gallimard et des proches de Schiffrin.
Si l’on pense évidemment à la constellation et aux poètes français du XVIe siècle, l’appellation aurait une origine plus proche des racines de l’auteur. Et c’est là où les versions divergent, une première voudrait qu’elle soit la transcription du mot russe «pleiada » signifiant «empaqueter», une façon pour Schiffrin de préciser son concept: «Publier le maximum de l’œuvre d’un auteur dans le minimum de volume». Cependant le mot russe pleiada viendrait lui-même du grec et signifierait en russe la même chose qu’en français, c’est-à-dire une référence à la constellation ou au groupe de poètes.
Néanmoins, selon des propos de Simon Schiffrin, son frère directeur de production dans le cinéma et recueillis par Pierre Assouline, « pleiada » en russe voudrait dire « esprit de groupe », et il l’aurait appelé ainsi parce qu’ils étaient « une petite bande de juifs russes exilés à Paris ».
Et d’après André Schiffrin, un de ses fils qui fut lui aussi éditeur aux États-Unis : « Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce nom de Pléiade ne venait ni de la mythologie grecque ni de la Renaissance française, mais d’un groupe de classiques russes ». En effet, au départ, faute d’auteurs à sa disposition, Jacques Schiffrin lança une collection de classiques russes – Pouchkine, Gogol, Dostoïevski… – qu’il traduisit lui-même.
Cette diversité de versions semble dessiner une histoire commune empreinte d’un flou mémoriel qui participe à la légende de la collection.
Si dès 1931 la collection fait du bruit (elle devra être rachetée par Gallimard en 1933, Schiffrin ne parvenant pas à subvenir à la forte demande des lecteurs), c’est après-guerre qu’elle s’instaurera comme l’édition de référence qu’elle est aujourd’hui.
À partir des années 50 l’appareil critique se développe et s’amplifie, on peut notamment penser à la création de l’« Encyclopédie de la Pléiade » dirigé par Raymond Queneau en 56 et, dans cette continuité, à la création des « Albums », à proprement parler, en 1962, dédié chaque année à un auteur différent (mais aussi parfois à une période spécifique : Les écrivains de la Révolution française en 1989, ou à un focus de la collection : Le livre des mille et une nuits en 2005) et dirigé par un expert reconnu en la matière.
Ces albums, vendus à prix coûtant aux libraires et offerts par ceux-ci aux clients après l’achat de trois pléiades, sont devenus une ressource précieuse et pour les savants et pour les collectionneurs. Tirés en une seule fois à environ 40 000 exemplaires chacun, ils ne peuvent être mis en vente ni réimprimés. Ce qui les rend accessibles à l’achat uniquement sur le marché de la librairie ancienne et d’occasion.
De par le temps et leur succès certains albums sont réputés comme plus rares, à l’exemple de ceux sur Proust (1965), Céline (1977) ou encore Balzac (1962).
C’est donc une véritable aubaine de pouvoir vous proposer à la fois une collection quasi-complète de 61 albums ( à laquelle il ne manque que le livret-disque de 1961 et le dernier album consacré à Kafka) ainsi qu’une soixantaine d’autres albums dépareillés pouvant venir compléter des collections déjà entamées.
Une telle collection ne peut pas exister pendant aussi longtemps sans créer son lot de critiques et d’adulateurs et cela est aussi vrai pour les auteurs qui en font aujourd’hui parties. Par exemple, Céline a vivement insisté pour être publié dans la Pléiade de son vivant, notamment en écrivant une célèbre lettre à Gaston Gallimard en 1956 : « Les vieillards, vous le savez, ont leurs manies. Les miennes sont d’être publié dans la Pléiade (Collection Schiffrin) et édité dans votre collection de poche… Je n’aurai de cesse, vingt fois que je vous le demande. Ne me réfutez pas que votre Conseil, etc. etc… tout alibis, comparses, employés de votre ministère… C’est vous la Décision. »
Tandis que d’autres ayant décliné d’en faire partie de leur vivant s’y sont finalement retrouvés après leur mort comme Henri Michaux qui y entrera en 1998.
Quoi qu’il en soit la Bibliothèque de la Pléiade a su évoluer avec le temps tout en gardant une identité singulière et reconnaissable entre mille, l’instaurant comme un objet incontournable du paysage littéraire français, autant pour les collectionneurs que pour les curieux et ceux-ci pourront se faire allègrement plaisir avec ce stock en excellent état que nous venons de rentrer.
La collection des Œuvres complètes que nous vous présentons aujourd’hui se compose des trois ouvrages essentiels de Charles Rollin, figure importante de la fin du XVIIème siècle : le Traité des Études, l’Histoire ancienne et l’Histoire romaine, ainsi que d’un dernier volume regroupant le reste de l’activité éditoriale de l’auteur. Composée de 30 volumes, cette édition est augmentée de notes de François Guizot et imprimée chez Lequien en 1826. Cette anthologie présente une reliure Restauration à demi-veau (strictement d’époque) d’une remarquable qualité et d’excellente conservation.
Historien et professeur de français, Charles Rollin (1661-1741) est devenu la référence pédagogique par excellence du XVIIIème siècle. Actif à Paris, sa ville d’origine, Rollin commence sa carrière lorsqu’il est nommé professeur de rhétorique au collège du Plessis en 1687, puis professeur d’éloquence au Collège royal en 1688. Il devient recteur de l’université de Paris en 1694 puis directeur du collège de Beauvais en 1696, où il entreprend de nombreuses réformes. Il est exclu de son poste en raison de sa sympathie pour le jansénisme. Réélu recteur en 1720, il est destitué quelques jours plus tard par lettre de cachet. Écrivain prolifique, la plume de Charles Rollin se concentre principalement sur deux sujets : l’enseignement et l’histoire de l’Antiquité.
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De la manière d’enseigner et d’étudier les Belles-Lettres par rapport à l’esprit et au cœur, plus connu comme le Traité des Études, publié entre 1726 et 1728, retranscrit les différentes expériences pédagogiques de Rollin, notamment les changements opérés par ce dernier au collège de Beauvais. Destiné aux professionnels de l’enseignement, cet ouvrage connaît un fort succès, à un point tel que l’on compte pas moins de 21 éditions entre 1726 et 1845 ! De manière plus discutée, il aurait également influencé l’Émilede Rousseau. Le Traité des Études présente une image réflexive des méthodes d’éducation contemporaines de son auteur : le succès de l’essai réside dans la méthode novatrice de Rollin qui enseignait en français, et prône un usage plus large de la langue vulgaire en lieu et place du latin.
Rollin insiste également sur l’enseignement de l’histoire antique pour la formation morale des élèves.
C’est elle [l’histoire] « qui nous fait entrer en commerce avec tout ce qu’il y a eu de grands hommes dans l’Antiquité ; qui nous met sous les yeux toutes leurs actions, toutes leurs entreprises, toutes leurs vertus, tous leurs défauts : et qui par les sages réflexions qu’elle nous fournit, ou qu’elle nous donne lieu de faire, nous procure en peu de temps une prudence anticipée, fort supérieure aux leçons des plus habiles maîtres. » (III, 3).
Latiniste et helléniste, Rollin est également l’auteur d’une Histoire ancienne (Histoire ancienne des Égyptiens, des Carthaginois, des Assyriens, des Babyloniens, des Mèdes et des Perses, des Macédoniens, des Grecs…) parue une première fois entre 1730 et 1738 et qui a trait à l’histoire de différentes civilisations méditerranéennes et du Proche-Orient durant l’Antiquité. À la suite, il rédige une Histoire romaine depuis la fondation de Rome jusqu’à la bataille d’Actium, publiée à partir de 1738 et terminée par Crevier jusqu’en 1748, après la mort de Rollin. En complément du Traité des Études, ces ouvrages se présentent comme des recueils de vie exemplaires, destinés à inspirer « la bonne morale » et à participer à la construction philosophique et intellectuelle des élèves. D’Aguesseau écrivait très justement à l’auteur, le 16 octobre 1731 : « C’est moins une histoire qu’une leçon perpétuelle de vertu et de grandeur d’âme, d’amour de la patrie et de la religion »
Les librairies ont ré-ouvert leurs portes le samedi 28 novembre. Depuis le confinement nous avons eu le plaisir de partager notre passion du livre par correspondance. Il est de temps de se retrouver. Bien sûr il faudra respecter les gestes barrières, garder vos distances physiques. Vous trouverez des indications sur la vitrine et la porte de la librairie pour le bon respect des règles de sécurité.
Noël approche, nous envoyons tous nos livres sous paquet cadeau et n’hésitez pas à nous demander ce service à la librairie.
En ce qui concerne vos achats : n’hésitez pas à nous téléphoner pour réserver certains ouvrages et à visiter notre site à ces fins. Dans ce cas merci de prendre rendez-vous. Ce sera un plaisir de mettre les livres de côté pour vous.
Pour les personnes qui souhaitent nous vendre des livres : sauf cas exceptionnel nous n’achetons pas de livres en ce moment et préférons remettre les achats à plus tard, reprise des achats de livres courants dans des conditions normales en Janvier. En attendant nous pouvons échanger sur vos bibliothèques avec grand plaisir et faire des estimations éventuelles et en discuter avec vous si vous le souhaitez. En ce qui concerne les livres anciens, bibliothèques spécialisées, bibliophilie nous étudions toujours les propositions.
Bien sûr il en va de même pour la pochothèque et la librairie Neige d’Antan. Pour l’instant les horaires restent les mêmes. Il peuvent évoluer selon les circonstances. N’hésitez pas à téléphoner pour vérifier si nous sommes ouverts ou non.
Les librairies Abraxas-Libris, la pochothèque et Neiges d’Antan sont donc fermées jusqu’à nouvel ordre. C’est d’ailleurs le cas de tous vos libraires. Il n’en reste pas moins que le livre joue pour nous et pour vous un rôle essentiel dans ces périodes difficiles.
Une grande partie de notre stock est visible sur notre site internet, nous y référençons actuellement plus de 56 000 livres ! Si vous avez repéré un livre vous pouvez le commander sur internet, par mail ou encore par téléphone. Nous pourrons ensuite soit vous l’expédier, soit le mettre à votre disposition à la librairie où vous pourrez venir le chercher sur rendez-vous, dans le respect de la procédure sanitaire et des conditions du « cliquer /collecter ».
Pour ceux qui auraient des questions sur la disponibilité d’un livre qui ne serait pas sur notre site, appelez nous au 02 99 66 78 68 :
Pour les personnes qui souhaitent nous vendre des livres : sauf cas exceptionnel nous n’achetons pas de livres en ce moment et préférons remettre les achats à plus tard. En attendant nous pouvons échanger sur vos bibliothèques avec grand plaisir et faire des estimations éventuelles et en discuter avec vous si vous le souhaitez.
28 Juin 2024
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La série de livres pour enfant « Babar » a été inventée par Cécile de Brunhoff pour, à l’origine, endormir ses enfants Mathieu et Laurent. Ces derniers ont demandé à leur père d’illustrer l’histoire afin de faciliter leur compréhension et le premier tome intitulé « Histoire de Babar » paraît donc en 1931. C’est la première œuvre illustrée par Jean de Brunhoff. Grâce au succès que rencontre la série, Cécile de Brunhoff crée un personnage chez les jeunes. Cette série de livres raconte en 27 tomes les aventures de l’éléphanteau. Les six premiers albums sont réalisés par Jean de Brunhoff puis c’est son fils, Laurent qui continua de divertir les enfants à travers le monde, en effet, les livres ont été traduit dans 27 langues.
Les ouvrages racontent la vie de « Babar », un éléphanteau qui quitte la jungle pour aller dans une grande ville suite à la mort de sa mère tuée par un chasseur. Il va faire la rencontre d’un vieille dame qui pourvoit à son éducation. Après peu de temps, il retourne finalement dans un clan d’éléphants qui tente en permanence d’échapper aux chasseurs. A la suite de la mort du roi des éléphants et pour avoir déjoué le plan d’un chasseur « Babar » est couronné roi et épouse sa cousine Céleste. Ils vivent à « Célesteville », où chaque peuple animal construit sa maison et vit selon ses propres coutumes.
Nous avons actuellement dans nos rayons quatre volumes de Babar de la collection « albums de Babar » : « Histoire de Babar » 1931, «Le roi Babar» sorti en 1933, « Babar et ce coquin d’Arthur » 1946 et « Pique-nique chez Babar » publié en 1949. Les deux premiers ont été écrit par Jean de Brunhoff quant aux derniers, ils ont été réalisé par Laurent de Brunhoff. Contrairement aux nouvelles éditions de « Babar », ces dernières ont des couleurs vives et les dessins ont des traits fins assez imprécis, ce qui nous donne l’impression que les illustrations ont été faites à la main. Cet effet est dû à l’impression faite en lithographie qui désigne la technique de dessiner puis de graver dans la pierre, autrement dit dessiner sur une pierre, puis imprimer l’image en la pressant contre une feuille de papier.
En lisant ces histoires certains se demandent : « Babar » fait-il l’éloge de la colonisation ? En effet, plusieurs aspects du livre sont discutables. Par exemple, dans le tome « Babar en voyage », les africains sont représentés de manière caricaturée et sont dépeints comme des « vilains cannibales sauvages ». Ce passage a évidemment été supprimé au fil des rééditions. Également, en devenant roi, Babar demande aux autres éléphants d’adopter les normes sociétales comme les vêtements, l’architecture, l’éducation ou encore les métiers. Sorti pendant l’exposition coloniale, en 1931, on retrouve notamment dans « Histoire de Babar », des messages passés à la jeunesse, notamment sur la « grandeur » de la France. Jean de Brunhoff reproduit les codes de la société dans laquelle il vit, ce que nous percevons aujourd’hui comme problématique mais qui ne l’était pas à l’époque. En revanche, lorsque son fils Laurent reprend le flambeau, il invente des aventures qui se veulent plus légères et qui s’adaptent à l’évolution de la société.
Lire les premiers ouvrages « Babar » est très enrichissant grâce à aux illustrations uniques et à la qualité de cet objet plutôt rare. Bien que certains messages transmis au travers de quelques anciens livres ne soient plus d’actualité et puissent parfois être problématiques, les récentes éditions de « Babar » sont encore beaucoup achetées et lues.
écrit par Suzanne et Morgane, stagiaires de seconde