A l’heure des #metoo et des combats pour l’égalité homme-femme, nous vous proposons aujourd’hui un ouvrage décrivant les mœurs d’un autre temps. Un « charmant » livre intitulé « Les muselières pour femmes et autres supplices » écrit par le sociologue Jean Finot au début du XXe siècle ; avec au programme un « ravissant » assortiment d’accessoires pour museler les femmes, accompagné de quelques exemples de tortures punitives. La lutte est toujours d’actualité et cet incroyable catalogue historique nous rappelle -malgré tout- le chemin heureusement parcouru!
Un ouvrage féministe rare écrit par un humaniste éclairé
Contrairement à ce que peut laisser penser le titre, l’auteur ne promeut pas l’utilisation de ces accessoires (de véritables tortures). Au contraire, Jean Finot réalise un travail d’historien et de sociologue critique en étudiant ces pratiques. L’auteur, issu d’une famille juive polonaise, est né à Varsovie à la fin du XIXe siècle. Il est surtout connu pour sa prise de position contre les théories racistes avec son ouvrage majeur « Le préjugé des races » (1905). A l’époque, rares sont les intellectuels qui émettent une opinion différente des théories « scientifiques » racistes ambiantes. Par ailleurs, Jean Finot s’engage dans la lutte et la prévention contre l’alcoolisme (« L’Alarme« ).
Outre son combat contre le racisme et l’alcoolisme, l’auteur cherche aussi à mettre les femmes sur un même pied d’égalité sociale que les hommes, on peut citer :
« La création monosexuelle fait ainsi faillite de nos jours dans la sphère morale et politique, de même qu’elle l’avait déjà fait dans un passé ténébreux, dans le domaine physiologique. »
« Le concours de l’homme et de la femme, indispensable pour la formation des êtres humains, est non moins nécessaire lorsqu’il s’agit d’engendrer une organisation sociale, paisible et stable. »
« Dans tous les pays du globe les revendications des femmes ont abouti ou sont en train de triompher. Et la souveraine de nos destinées de demain prendra sans doute quelque plaisir à constater le chemin qu’elle a parcouru depuis deux ou trois siècles! »
A travers l’ouvrage que nous vous présentons, l’auteur cherche à expliquer pourquoi les femmes sont méprisées depuis l’Antiquité et le Moyen-Âge. Il a écrit un autre ouvrage consacré au sujet du féminisme (même s’il n’en porte pas le nom) : « Préjugé et problèmes des sexes » (1912). Constatant que les mœurs ont évolué rapidement et dans le bon sens, il est convaincu que l’égalité homme-femme sera bientôt établie. Ces propos choisis font pourtant encore écho un siècle plus tard !
Un époux en promenade humiliante avec sa femme muselée et en laisse
Petit musée des horreurs
« Très indulgent pour ses propres défauts, l’homme supportait et supporte difficilement ceux de la femme. Il lui a donc reproché de tout temps d’être bavarde, méchante et potinière. Et il a imaginé un remède devant non seulement la préserver de son pêché capital, mais encore l’empêcher d’une façon absolue de se livrer à un vice dont l’homme se réservait visiblement le monopole. »
Les muselières dont il est question dans cet ouvrage auraient été créées et principalement utilisées en Écosse et en Angleterre à partir des XVIe et XVIIe siècles. De nombreux modèles existent, en fonction de la sévérité de la punition allant d’une sensation désagréable à douloureuse voire insoutenable. Punition qui peut être infligée par le mari bien sûr, mais aussi par ordonnance d’un magistrat et appliquée par le geôlier local. Des modèles simples aux plus sophistiqués, le but est le même: empêcher la femme de parler, l’humilier voire la faire souffrir. Certains des ces dispositifs sont équipés d’une « languette » de métal écrasant la langue afin d’empêcher la parole. Parfois la languette est aiguisée, d’autres fois remplacée par des pointes, etc. pouvant causer des blessures importantes aux « mégères ». Certains modèles sont assortis d’une chaîne afin que le mari puisse exhiber et humilier sa femme plus facilement, ou l’attacher quelque part (place du Marché par exemple). D’autres sont garnis d’une clochette pour prévenir de sa présence, puisqu’elle ne peut émettre d’autres sons. Certaines muselières se contentent de couvrir la bouche et disposent même de trous pour boire, manger ou baver quand elle ne pouvait déglutir.
D’autres supplices plus « classiques » sont aussi décrits, je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même. A noter que l’usage de ces muselières était aussi courant pour punir et contrôler les esclaves, qui cherchaient notamment à se suicider en ingérant toute substance provoquant la mort. Notons que l’utilisation des muselières en Grande-Bretagne perdura jusqu’en 1824.
Ce livre, d’une grande rareté est une curiosité du XXe siècle que nous vous invitons à découvrir aussi bien en boutique que sur notre site de vente en ligne.
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En vitrine cette semaine 8 volumes de Paul Lacroix, Paris, édités par la Librairie de Firmin-Didot et Cie et magnifiquement illustrés de chromolithographies et de figures sur bois.
Connu sous les pseudonymes P.L. Jacob ou Bibliophile Jacob, Paul Lacroix (1806-1884) est un érudit, auteur de romans et de livres d’histoires, mais il est surtout l’ « homme livre », celui qui a su le mieux parler des livres et de son amour inconditionnel pour eux.
Ses publications historiques et bibliographiques qui concernent la vie artistique et culturelle du Moyen-Âge au XVIIIe siècle, restent des modèles et sont devenues une source d’inspiration, mêlant érudition et facilité de lecture.
Octave Uzanne (homme de Lettres, bibliophile et éditeur, 1851-1931) le choisit d’ailleurs comme maître à penser et écrit dans une épître dédicatoire placée en tête de la Guirlande de Julie, en 1875 « heureux ou non dans l’avenir, ayant votre exemple comme guide et votre mérite comme but, je marcherai fièrement en avant ». Dans le revue Livre, il le décrit comme « un causeur intarissable, spirituel, délicat, un narrateur exquis, qui savait faire revivre ses souvenirs avec une précision et un charme de jeunesse inoubliables. »
C’est un procédé d’impression lithographique (reproduction par impression de dessins tracés sur une pierre calcaire) en couleurs, fondé sur la quadrichromie, théorisé et mis en pratique par Godefroy Engelmann (1788-1839). Cette technique permet d’obtenir une multitude de nuances possibles en utilisant des impressions successsives des trois couleurs primaires, cyan, jaune et magenta, auxquelles on ajoute le noir mais égalements des ors.
Vous pouvez retrouver les ouvrages de Paul Lacroix sur notre site :
Visite en images de notre exemplaire de Petrus Ciacconius Toletanus de Triclinio, sive de modo convivandi apud priscos romanos &~ de convivorum appartu, accedit fulvi ursini, imprimé en 1689 à amsterdam, ce charmant ouvrage est illustré de belles gravures décrivant les moeurs de la table et autour de la table chez les romains. Ouvrage orné d’un titre gravé et de 21 figures gravées in et hors-texte. Livre de prix donné en 1700 à Francisco Verryn pour son passage de 8° en 7°.
23 Juin 2018
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A l’heure des #metoo et des combats pour l’égalité homme-femme, nous vous proposons aujourd’hui un ouvrage décrivant les mœurs d’un autre temps. Un « charmant » livre intitulé « Les muselières pour femmes et autres supplices » écrit par le sociologue Jean Finot au début du XXe siècle ; avec au programme un « ravissant » assortiment d’accessoires pour museler les femmes, accompagné de quelques exemples de tortures punitives. La lutte est toujours d’actualité et cet incroyable catalogue historique nous rappelle -malgré tout- le chemin heureusement parcouru!
Un ouvrage féministe rare écrit par un humaniste éclairé
Contrairement à ce que peut laisser penser le titre, l’auteur ne promeut pas l’utilisation de ces accessoires (de véritables tortures). Au contraire, Jean Finot réalise un travail d’historien et de sociologue critique en étudiant ces pratiques. L’auteur, issu d’une famille juive polonaise, est né à Varsovie à la fin du XIXe siècle. Il est surtout connu pour sa prise de position contre les théories racistes avec son ouvrage majeur « Le préjugé des races » (1905). A l’époque, rares sont les intellectuels qui émettent une opinion différente des théories « scientifiques » racistes ambiantes. Par ailleurs, Jean Finot s’engage dans la lutte et la prévention contre l’alcoolisme (« L’Alarme« ).
Outre son combat contre le racisme et l’alcoolisme, l’auteur cherche aussi à mettre les femmes sur un même pied d’égalité sociale que les hommes, on peut citer :
A travers l’ouvrage que nous vous présentons, l’auteur cherche à expliquer pourquoi les femmes sont méprisées depuis l’Antiquité et le Moyen-Âge. Il a écrit un autre ouvrage consacré au sujet du féminisme (même s’il n’en porte pas le nom) : « Préjugé et problèmes des sexes » (1912). Constatant que les mœurs ont évolué rapidement et dans le bon sens, il est convaincu que l’égalité homme-femme sera bientôt établie. Ces propos choisis font pourtant encore écho un siècle plus tard !
Petit musée des horreurs
Les muselières dont il est question dans cet ouvrage auraient été créées et principalement utilisées en Écosse et en Angleterre à partir des XVIe et XVIIe siècles. De nombreux modèles existent, en fonction de la sévérité de la punition allant d’une sensation désagréable à douloureuse voire insoutenable. Punition qui peut être infligée par le mari bien sûr, mais aussi par ordonnance d’un magistrat et appliquée par le geôlier local. Des modèles simples aux plus sophistiqués, le but est le même: empêcher la femme de parler, l’humilier voire la faire souffrir. Certains des ces dispositifs sont équipés d’une « languette » de métal écrasant la langue afin d’empêcher la parole. Parfois la languette est aiguisée, d’autres fois remplacée par des pointes, etc. pouvant causer des blessures importantes aux « mégères ». Certains modèles sont assortis d’une chaîne afin que le mari puisse exhiber et humilier sa femme plus facilement, ou l’attacher quelque part (place du Marché par exemple). D’autres sont garnis d’une clochette pour prévenir de sa présence, puisqu’elle ne peut émettre d’autres sons. Certaines muselières se contentent de couvrir la bouche et disposent même de trous pour boire, manger ou baver quand elle ne pouvait déglutir.
D’autres supplices plus « classiques » sont aussi décrits, je vous laisse le plaisir de les découvrir par vous-même. A noter que l’usage de ces muselières était aussi courant pour punir et contrôler les esclaves, qui cherchaient notamment à se suicider en ingérant toute substance provoquant la mort. Notons que l’utilisation des muselières en Grande-Bretagne perdura jusqu’en 1824.
Ce livre, d’une grande rareté est une curiosité du XXe siècle que nous vous invitons à découvrir aussi bien en boutique que sur notre site de vente en ligne.
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