Petite trouvaille amusante que ce carnet de chants contenant des chansons inédites de Francine Cockenpot. Avant de l’ouvrir et en regardant les dates je me suis dit : « On dirait des illustrations de Paul Grimault » Sans doute l’association des oiseaux et du dessin. Puis en ouvrant je tombe sur le nom de l’illustrateur : Chris Marker !!! Chris Marker ? le Chris Marker de « La Jetée » ? « Les Statues meurent aussi » ? Celui qui commença sa carrière cinématographique en 1952 par un film sur Les jeux olympique « Olympia 1952 » et qui continue encore maintenant à faire parler de lui pour son approche moderne du cinéma ?
Je n’ai malheureusement pas trouver lors de mes courtes recherches de traces de livres illustrés par lui. A-t-il un homonyme ? Où est-ce bien lui qui a illustré ce petit livre ? quelqu’un aurait-il une piste. Je suis preneur d’informations. A vos bibliothèques ou à vos claviers. Merci d’avance pour votre aide.
Couverture de la route aux oiseaux chansons inédites de Francine Cockenpot, 58 oiseaux d'agrément par Chris MarkerIllustration de Chris Marker pour la route aux oiseaux.Page de titre de la route aux oiseaux.
Le quinzinzinzili chez "édition spéciale" 1972, la première édition date de 1935 dans la collection Hypermonde
De la société du spectacle et de sa fin :
« Dans la période qui précéda immédiatement la deuxième guerre mondiale, l’opinion européenne sembla uniquement préoccupée de scandales qui n’avaient au fond qu’une importance minime, et auxquels d’ailleurs personne ne comprenait grand-chose… On ne pouvait jamais savoir sur le policier chargé de poursuivre les escrocs n’était pas à la solde du chef escroc, et l’on s’attendait à chaque instant à voir le ministre de la justice arrêté et conduit en prison par ses propres subordonnés… »
Ainsi commence le troisième chapitre de ce roman de Régis Messac. Je dois avouer que ce texte m’a évoqué une période plus récente. C’est la preuve de la modernité de ce court roman. Après avoir décrit rapidement et sans concession la vie sous la 3° république Régis Messac nous peint avec force les relations internationales de l’Europe et surtout de la France dans les années 30 : il cite Hitler, Léon Blum, Herriot et les journaux de son temps. Puis il imagine l’histoire de notre monde, les blocs qui s’affrontent et qui finissent pas se détruire. Se détruire totalement.
Si la première partie relève de la fiction politique, la seconde décrit le monde tel que le voit et le vit le narrateur : un « Monsieur tout le Monde » qui a survécu dans une grotte avec un poignée d’enfants. Ici l’auteur est acide, sans espoir et décrit la déchéance de l’Homme. La disparition de la civilisation. La plume de Régis Messac est dans ces pages proche de Delteil ou même de Céline. Certes, elle n’a pas la même intensité mais on y retrouve le même humour grinçant : « l’intelligence n’est pas très répandue dans le monde nouveau. Aussi on y est grand homme à bon compte. Les cavernicoles deuxième série voient du génie partout. Ils ont l’enthousiasme facile, et tombent en extase pour rien, devant les futilités, des niaiseries. Le moindre geste, le plus petit incident prennent des proportions épiques. » Le pessimisme qui en ressort est rendu léger par la verve mais le constat est grave et comme dans sa Majesté des Mouches les enfants régressent.
Alors pourquoi lire Messac. A cause du contexte historique et de son antériorité aux livres de la même veine et pour son écriture, surtout. Elle surclasse de loin les autres auteur de romans post-apocalyptique. La deuxième partie aurait pu être mis en scène par Blier. On cite souvent en rapport : Merle (Malvil), Golding mais tout ceux-là ont écrit après la seconde guerre mondiale au court de laquelle il trouva la mort, dans un camp de concentration. Quant à « La route » de MacCarty elle est reléguée au rang de superproduction américaine. On relira également pour faire le début du tour de la question « un cantique pour Leibowitz » (1952) de Walter M. Miller et » Les grands moyens » de Roger Ikor (1952), et Jacques Spitz : La guerre des Mouches qui lui date de 1938.
Nous alimentons en permanence notre rayon concernant la SF d’avant guerre et notamment les grands auteurs français comme Regis Messac. Pour les retrouver en ligne c’est ici et à la librairie ou vous trouverez en rayon tous les ouvrages disponibles des éditions ex-nihilo qui s’attache à rééditer toutes les oeuvres de Messac.
Depuis quelques jours nous vendons à la librairie de très jolies sérigraphies contemporaines. (D’après Wikipédia : La sérigraphie (du latin sericum la soie et du grec graphein l’écriture) est une technique d’imprimerie qui utilise des écrans de soie interposés entre l’encre et le support. Les supports utilisés peuvent être variés et pas nécessairement plans (papier, carton, textile, métal, verre, bois, etc.). Elles ont pour la plupart servi outre atlantique à annoncer des concerts ou des festivals, certaines sont des réalisations purement artistiques. Une petit choix en image de l’offre présente à la librairie.
Une bonne idée de cadeau de Noël. Les prix sont vraiment très doux pour la qualité d’impression. A voir sur place de préférence. (Attention les tirages sont limités à 100 exemplaires : certains tirages sont déjà épuisés)
Le texte se passe de commentaire. J’en reproduis ici la quasi intégralité :
Instruit que la malveillance aristocratique, qui se replie en tout sens, pour parvenir à son but, avoit porté ses vues jusqu’à employer, & faire agir l’égoïsme des domestiques de campagne ; lesquels de personnes perfides & placées dans la société, pour y faire circuler le poison de la division, les persuadent que dans cette circonstance, existant une pénurie de cultivateurs, occassionnée par la réquisition de la première levée, ils peuvent & doivent mettre à contribution les maitres qui abandonnent audacieusement, au moment que la récolte est prête à s’ameublir, & après avoir resté chez leur maitres pendant l’hiver, qui est une saison morte pour les travaux.
Considérant qu’il est de la plus grande nécessité de prévenir ces abus, qui ne sont que trop fréquens dans les campagnes, & qu’ils deviendront très préjudiciables à l’agriculture, si, par des mesures de rigueur, on ne prévenoit les suites facheuses qui pourroient en résulter au détriment des cultivateurs, que la justice & l’intérêt communs doivent protéger.
Des temps où il ne fait pas bon quitter son travail sous peine d'être suspecté de trahison envers les idéaux du moment...
Arrête en conséquence :
Article premier.
Tous les domestiques de la campagne de l’un et de l’autre sexe qui quitteront ou auroient quitté leurs maitres avant leur temps fixé par des conditions particulières faites avec leurs maitres, ne soit expiré, perdront la totalité de leur gages qui leur seront dus au moment de la fortie, seront exceptés ceux qui pourroient avoir des raisons légitimes.
II : Ceux des domestiques compris dans la première dispositions du précédent article, seront aussi réputés comme personnes suspectes et traittés comme tels. Autorisons en conséquences les juges de paix, de prononcer contre eux telles peines ou condamnations qu’ils jugeront convenables.
III : S’il élève des diffucultés entre les domestiques et les maitres et que ces derniers donnassent lieu à la sortie de leurs domestiques, elles seront également terminées par les juges de paix et leur rendront la plus prompte justice.
Au Puy, ce 27 Germinal an second de la République Française, une & indivisible.
Martine à la mer, Martine en avion, Martine au parc, Martine au cirque, Martine fait du théâtre, Martine en voyage, Martine à la ferme, Martine à la maison, Martine en Bateau viennent d’atterrir sur nos rayons… Quelques images pour preuve… A la fin il semble que se soit François qui gagne… Quand au Petit Nicolas, fort de son succès, il a disparu de nos rayons.
Martine nous mène en bateau ???
Martine fait un rêve...
Mais il semble que se soit François qui va gagner la course !
A ceux qui aurait du mal à faire un choix parmi ces trois aventuriers des temps modernes : un petit texte sur Kafka par Hannah Arendt à méditer : on trouve ce texte dans « la philosophie de l’existence et autre essais » Payot 2000 : « Franz Kafka »
Il est toujours délicat de retirer un passage de son contexte, mais l’envie me taraudait depuis un moment de vous faire partager ce morceau de texte. (Je vous invite bien entendu, fortement à lire le petit texte sur Kafka en entier, et le reste du livre évidemment)
Alors pourquoi aujourd’hui. Car en ces moments où nous avons été invité à choisir et où les hommes publiques on fait des choix. Il me semble que ce texte éclaire bien des positionnements.
« La puissance de la machine qui s’empare de K. et qui le tue n’est rien d’autre que l’apparence de la nécessité qui peut se concrétiser grâce à l’admiration des hommes pour la nécessité. La machine se met en marche car la nécessité est considéré comme une chose supérieur et parce que son mécanisme, que seul l’arbitraire vient interrompre est considéré comme le symbole de la nécessité. La marche de la machine est assurée par les mensonges accomplis par la nécessité, si bien que, logiquement, un homme qui ne veut pas se soumettre à cet « ordre du monde », à cette machinerie, est considéré comme un criminel à l’encontre de quelque ordre divin. Sa soumission est acquise lorsque la question de la culpabilité et de la non-culpabilité disparaît totalement et qu’à sa place apparait la détermination de jouer dans le jeu de la nécessité le rôle assigné par l’arbitraire. »
Sans commentaire… Ah… Si… Recopions le morceau de choix : « Les personnes qui lui procureront des commissions un peu considérables, auront par dans la remise… »
Annonce collée à la fin d'un livre imprimé en 1778 par un libraire soucieux de la bonne marche de ses affaires.
C’est assez rare pour le noter, nous venons d’acquérir une poignée de livres sur l’escrime et le duel datant de la fin du XIX° siècle. Quelques titres en français et en espagnol. Ils sont consultables ICI.
Visite en images d’une de nos dernières trouvailles. Un rare exemplaire de « Samovar et Baculot dans… Parade des diplodocus » imprimé en 1933 par Paul Hartmann. Le titre évoque déjà la modernité de la mise en page. Paul Hartmann éditeur présente… Samovar et Baculot dans… Formule emprunté au cinéma ? En tout cas l’ouvrage a la modernité des nouveaux média. Cet album tout bonnement magnifique a parfois des airs de bande-dessinée. Un chef d’oeuvre graphique aux couleurs splendides et à la mise en page très moderne.
Couverture de la parade des Diplodocus par Samivel, 1933
Prologue à la parade des Diplodocus par Samivel
Page de la parade des Diplodocus avec des cases proches de la bande-dessinée
14 Nov 2011
1 CommentLéo Malet par Tardi
L’objet visuel de la semaine : sérigraphie en couleurs signée (Pas de tirage indiqué).