16 Jan 2016
0 CommentsCatherine Morland (Northanger Abbey), de Jane Austen
Je suis un grand lecteur, et fervent adorateur, des romans gothiques (et en cela, je vous recommande fortement les publications des Éditions Otrante).
Mais je suis aussi un grand lecteur de Jane Austen.
Face à ces deux influences, une seule lecture : « Catherine Morland (Northanger Abbey) ».
Ce texte, l’un des trois romans majeurs qu’elle écrivit avant sa vingt-cinquième année, est sa réponse ironique à la grande vague de romans gothiques ayant les faveurs du public à son époque.
La jeune héroïne, nommée Catherine Morland, donc, ne rêve que des sombres aventures qu’elle imagine dans de vieux châteaux anglais et de vieilles abbayes abandonnées… Invitée à séjourner à l’abbaye de Northanger, elle y rencontre Henri Tilney, l’un des fils du propriétaire, et une idylle commence à poindre entre eux.
Son désir romanesque de la lutte du Bien contre le Mal, dans le décor de cette abbaye gothique, va peu à peu se voir contrebalancer par le monde telle qu’elle le vit, la mettant dans une situation morale bien inconfortable…
Véritable roman d’apprentissage, ce « Catherine Morland » se pose comme le contre-point, magnifique, ou comme le côté face, des « Mystères d’Udolphe » d’Ann Radcliffe.
Une lecture immersive et drôlement intelligente.















19 Jan 2016
0 CommentsÉléazar, ou La Source et le Buisson, de Michel Tournier
Tristesse aujourd’hui, avec la disparition de Michel Tournier.
Aussi, je ne pouvais pas ne pas citer un de ses romans. Un roman très court, nu (comme le désert à travers lequel passe le personnage principal et sa famille) : Éléazar, ou La Source et le Buisson.
Nous sommes au milieu du XIXe siècle. Un pasteur quitte l’Irlande avec toute sa famille, en pleine Grande Famine, et part vers la Terre Promise du moment : les États-Unis. Débarqué en Virginie, ils doivent maintenant traverser le désert du Colorado pour arriver en Californie. Épreuve physique tout autant que spirituelle et intime, cette aventure va soudain éclairer pour lui, dans sa chair et dans son vécu intime, le destin de Moïse menant son peuple vers la Terre Promise.
Roman, sans fioriture, d’une lecture dépouillée des textes sacrés, ce petit volume (124 pages en poche) inscrit la croyance dans son rapport au contexte quotidien.
La foi est intime, et n’est qu’intime, semble nous dire, comme quelques derniers mots, le grand Michel Tournier.