Nous avons récemment eu la chance de pouvoir ajouter aux livres déjà présents dans nos rayonnages un superbe lot de Poètes d’aujourd’hui en très bel état. Cette collection de monographies, principalement dédiée aux poètes du XXème siècle, a été fondée en 1944 par Pierre Seghers, poète, directeur de revue, éditeur et résistant. Le but du fondateur des Editions Seghers était de faciliter l’accès à la poésie au plus grand nombre. Chaque numéro se décompose en deux parties : une étude consacrée au poète, puis une sélection de textes ; chaque réédition tient compte de l’évolution de l’œuvre de l’auteur concerné. Du premier numéro consacré à Paul Eluard, la série s’achève en 1994 avec le numéro 270 thématisé autour de l’œuvre de Jude Stefan. On peut également mentionner le numéro 93, consacré à Léo Ferré, qui marque l’entrée de la chanson au sein de la collection des Poètes d’aujourd’hui. Les numéros dont nous venons de faire l’acquisition présentent un très bel état général ; vous pourrez ainsi y retrouver les numéros consacrés à Allen Ginsberg, Michel Butor, Luis Cernuda, Charles Péguy, pour n’en citer que quelques-uns… Vous pouvez voir les volumes actuellement disponibles en cliquant ici !
Rare et précieux ouvrage imprimé en Finlande, aux « éditions de la main droite » en 1945.
Magnifique collaboration entre Pierre Bettencourt – pour le texte et le frontispice -, Victor Brauner – pour le dessin gravé en couverture -, Henri Michaux pour l’exergue et « at last but not least »… Stendhal dont une citation est recopiée en couverture : « elle avait une petite robe blanche, courte et étroite, qui laissait voir les pieds. »
Tirage sur Arches (il n’aurait été tiré que 75 exemplaires). On consultera pour références l’étude dirigée par Sophie Lesiewicz : « Pierre Bettencourt : sous le signe du désordre, l’auteur et l’éditeur ».
La Trouvaille de cette semaine est une « tragédie en 3 moments avec musique de scène », intitulée « L’âme impériale ou l’Agonie de Messaline« . Outre la qualité de l’oeuvre et la rareté du livre en question, c’est avant tout de l’auteure dont nous souhaitons vous parler. Cette artiste encore trop méconnue a tour a tour porté la casquette d’écrivain, de poète, de dramaturge, de critique d’art, mais aussi de peintre et de chorégraphe ! Portrait de cette « sur-femme ».
Valentine de Saint-Point : débuts littéraires
Né en 1875 à Lyon, Valentine de Saint-Point, de son vrai nom Anna J. V. M. de Glans de Cessiat-Vercell est l’arrière petite-nièce du poète Alphonse de Lamartine. C’est en hommage à son aïeul qu’elle prend le pseudonyme de Saint-Point (nom du château de ce dernier). Elle fait son entrée dans la vie publique à partir de son second mariage (1900) en organisant un salon littéraire. Plusieurs figures artistiques et politiques répondent présent : Mucha, Rachilde, Paul Fort, Gabriel d’Annunzio ou encore Auguste Rodin. Rodin pour lequel elle accepte d’ailleurs de poser et avec qui elle développe une tendre amitié qui ne manquera pas d’influencer son parcours artistique. En témoignent les poèmes d’admiration que Rodin lui inspire : « Le Penseur » ou « Ses mains« . Une inspiration réciproque -ce dernier la surnomme « la déesse de chair dans son inspiration de marbre », qui s’exprimera à travers leur correspondance.
Alors qu’elle met fin à son second mariage, elle décide de prendre le nom de Saint-Point et de ne plus jamais se marier afin de laisser libre cours à sa vie artistique. Suite à son divorce (1904), elle vit en union libre avec le poète italien Ricciotto Canudo, qui l’encourage à écrire. De Saint-Point ne tarde pas à publier ses premiers recueils de poésie (« Poèmes de la mer et du Soleil« ), à produire des articles pour diverses revues (« La nouvelle revue« , « Le Mercure », « Poésia« , etc). L’auteure explore également le genre romanesque, provoquant parfois le scandale, notamment avec son titre univoque « Un inceste« .
Après ces premiers écrits, Valentine de Saint-Point s’essaye au théâtre avec son premier drame en un acte : « Le Déchu » (1909). Bien que malmenée par la critique, son auteure continue sa production théâtrale ancrée dans un esprit féministe.
Le salon baroque de l’artiste Valentine de Saint-Point (1913)
Métachorie, luxure et politique
En 1911, elle s’installe dans un atelier d’artiste, au 19 rue de Tourville, afin de se consacrer (entre autres) aux arts picturaux. En multipliant les réceptions mondaines, elle gagne en notoriété et ses soirées « apolliniennes » sont courues dans le tout-Paris. De nombreux artistes et intellectuels s’y retrouvent et viennent présenter leur derniers poème, pièce ou sonate (Maurice Ravel, Villiers de l’Isle-Adam, Boccioni ou encore Filippo Tommaso Marinetti). Ce dernier est l’auteur du « Manifeste du futurisme« . Mouvement dont elle se rapproche mais en y apposant sa touche féministe en publiant le « Manifeste de la femme futuriste » et un peu plus tard « Le manifeste futuriste de la luxure« . De Saint-Point y prône une « sur-femme » virile et vivant pleinement sa sexualité, le pendant du « sur-homme » de Nietzsche. Elle se fait également remarquer en exposant ses tableaux et gravures sur bois au « Salon des indépendants » jusqu’en 1914.
En 1913, son compagnon lance la revue « Montjoie!« , autoproclamée « Organe de l’impérialisme artistique français » qui rallie l’avant-garde artistique du pays : Valentine Hugo, Guillaume Apollinaire, Fernand Léger ou André Salmon pour n’en citer que quelques-uns. C’est à cette époque que Valentine de Saint-Point s’intéresse de plus près à la danse. De ses expérimentations et de sa réflexion naissent une nouvelle forme d’art transdisciplinaire : la métachorie. Cette « danse graphique/idéiste » illustre donc des poèmes à l’aide de compositions de Claude Debussy, Maurice Ravel ou Erik Satie.
« […] dans la Métachorie, c’est l’idée qui en est l’essence, l’âme. La danse et la musique étant suggérées par elle, on peut donc dire que la Métachorie forme un organisme vivant, dont l’idée est l’âme, la danse le squelette, et la musique la chair. »
par Valentine de Saint-Point
Lorsque la guerre éclate, Valentine de Saint-Point -à l’instar de ses confrères masculins Apollinaire et Blaise Cendrars, s’engage au sein de la Croix-Rouge. Puis elle quitte la France en 1916 et part voyager en Espagne, aux États-Unis et au Maroc, où elle se convertit à l’islam. Quelques années plus tard, elle revient en France, le temps de constater que plus rien ne l’y retient. Elle publie son dernier roman en 1924 puis part s’installer au Caire avec deux amis. La vie culturelle qu’elle continue de mener activement se teinte de politique avec la création de « Phoenix, la revue de la renaissance orientale » (1925). La publication, très critique vis-à-vis de l’impérialisme du monde occidental sur le monde musulman, ne tarde pas à engendrer des conflits au sein de la communauté francophone et avec les autorités égyptiennes pour cause de troubles à l’ordre public. Si elle veut rester dans le pays, elle doit cesser toutes ses activités politiques. Ce qu’elle consent à faire.
Valentine de Saint-Point consacre le reste de sa vie à la spiritualité avec l’étude des religions et la pratique de la méditation. Elle s’éteint en 1953 au Caire alors âgée de 78 ans, sous le nom de Rawhiya Nour-el-Dine.
De cet Irlandais, Prix Nobel en 1995, j’ai appris que la poésie s’épanouissait pleinement dans un hiatus. Tout à la fois mystérieux et accessibles, ses textes frappent et sonnent, par leur largeur poétique et historique et leur trivialité du quotidien. Pour lui, l’universel que cherche le poète n’est pas dans la Sphère des Idées, mais se situe dans le concret du monde.
Je me souviens, notamment, de ce beau poème écrit lors de la découverte dans une tourbière d’un corps momifié (« L’Homme de Grauballe », dans « North »). Tout y est. La tourbe sur les mains et l’histoire sous les yeux. Et c’est tout le sens également de ce recueil d’essais et d’interventions, rassemblés sous le nom « The Redress of Poetry ».
Aujourd’hui, la librairie vous présente une maison d’édition aux publications pleines de poésie. Les éditions Dana nous proposent de belles associations d’auteurs et d’illustrateurs, le tout sublimé par une mise en page et des matières originales. De véritables livres-objets !
Couverture
Des ouvrages en tirage très limité !
Ces beaux-livres ont été tirés à très peu d’exemplaires. Ainsi, il n’existe que 50 exemplaires de l’édition originale des Éléments du P., par Joël Leick. Le nôtre, le n°15, fait partie des 20 entièrement peints par l’auteur. Il en va de même pour nos autres ouvrages dont le tirage a été limité à 150 exemplaires :
Ombre ouverte, de Zéno Bianu et illustré par Lise-Marie Brochen (1 des 10 ex. numérotés hors-commerce).
Ombre ouverte, id. (1 des 30 ex. numérotés de I à XXX). Couverture en bois.
Tisse la ressemblance, de François Rannou, illustré de 8 encres et accompagné d’une linogravure de Huang Rannou (1 des 10 ex. hors-commerce).
Un regard en abîme, de Bernard Noël et illustré de 4 gravures de Véronique Sablery (1 des 10 ex. hors-commerce).
Kad Godeu, de Taliesin accompagné de dessins originaux d’Eric Brault (tirage limité à 40 ex., 1 des 33 ex. numérotés de 1 à 33). Couverture en bois.
Justificatif de tirage, signature et linogravure
Ces ouvrages sont d’autant plus recherchés qu’ils sont tous numérotés et signés, par les auteurs et illustrateurs (excepté le « Kad Godeu », seulement signé par le dessinateur). On remarque une erreur dans « Un regard sublime » : le colophon ne correspond pas. C’est le colophon de l' »Ombre ouverte », signé par Zéno Bianu et Lise-Marie Brochen qui a été collé à la place.
Zoom sur Bernard Noël
Cet auteur prolifique est né en 1930 dans l’Aveyron et publie son premier recueil de poésie « Extraits du corps », à 28 ans. Il ne s’arrêtera plus, écrivant également romans, essais et critiques d’art. En 1975, il invente même un nouveau concept, celui de « sensure« , désignant la privation de sens d’un mot (sa compréhension et sa signification). L’oeuvre de Bernard Noël est plusieurs fois récompensée : Prix Guillaume-Apollinaire en 1976, Grand prix national de la poésie en 1992 ou encore Prix international de poésie Gabriele d’Annunzio en 2011, pour ne citer qu’eux !
Un souci de l’esthétique
Tout le charme de ces ouvrages repose sur leur dimension charnelle. Leur mise en page est en accordéon, ou leporello pour les bibliophiles. Ainsi chaque page est unique et les vers sélectionnés sont sublimés par leurs jolis écrins. Les illustrations, plutôt sobres et abstraites et s’étendant parfois sur plusieurs pages sont propices à laisser l’imagination vagabonder au gré de nos paysages intérieurs.
L' »Ombre ouverte » et le « Kad Godeu » ont une autre singularité. Leur couverture est faite de bois peint et invite par la vue et le toucher, le lecteur à entrer.
Plats en bois
Les « Eléments du P. » se distinguent des autres ouvrages car ce n’est pas un leporello. Il est composé de cahiers sous chemise, et surtout, il a été entièrement peint par son auteur.
Les éditions Dana mettent donc en avant des poètes et illustrateurs contemporains tout en leur laissant une grande liberté de composition. Le rendu de cette mise en relation entre images et mots : une union parfaite entre le fond et la forme.
Il y a parfois des oeuvres qui font se dérober sous vos pieds le sol rassurant de vos habitudes littéraires. Qui gomment votre système de repères pour le remplacer par un autre, tout aussi élaboré mais qui vous est strictement étranger et, par là même, fascinant.
C’est ce qui m’est arrivé lors de ma première lecture de ce recueil de Victor Segalen. Écrit durant son voyage en Chine, ces poèmes doivent leur forme aux stèles funéraires couvertes d’idéogrammes qu’il va y découvrir. Transposant son choc culturel dans ses oeuvres, y employant des épigrammes en chinois, et allant même jusqu’à publier ce recueil dans un format asiatique, Victor Segalen va puiser à la fois dans la culture chinoise et dans sa propre existance pour créer une forme poétique extrêmement moderne.
Ce petit recueil va vous enchanter, dans le sens premier : sa magie va indubitablement par vous ensorceler, et va vous ouvrir la porte d’un monde entièrement composé, en fait, de poésie…
Le billet du jour porte sur un ouvrage rare, drôle et mythique. Nous avons mentionné son auteur dans notre dernier article « Robes et Femmes. » Il s’agit de « Popolôrepô, morceaux choisis par un imbécile et illustré par un autre », les deux acolytes étant Paul Poiret pour l’écriture et Pierre Fau pour les illustrations. Un titre à répéter plusieurs fois avant de pouvoir le prononcer correctement !
L’exemplaire, un in-8 initialement broché a été légèrement modifié. Les premiers plats ont en effet été remontés sur une chemise cartonnée pour accueillir l’ouvrage, par ailleurs intact. Le premier plat illustre bien le titre. Le livre se compose de 35 calligrammes illustrés par autant d’aquarelles couleurs hors-texte de Pierre Fau. Les coloris ont été réalisés par les spécialistes du pochoir Jean Saudé et Charpentier. Notre Popolôrepô est bien complet du livret de table des matières en vers, soit deux feuillets reliés par un ruban bleu ciel traversant un œillet.
Page de titre
Le tirage de l’édition originale de Popolôrepô est limité à 300 exemplaires numérotés, tirés sur du papier vélin blanc de Rives, pour le compte de l’éditeur Henri Jonquières. Notre exemplaire porte le numéro 95. Nous attirons ici votre attention sur l’existence de réimpressions pirates de l’ouvrage ! Certains éléments comme la numérotation de l’exemplaire ou la qualité du papier (normalement vieilli) peuvent vous aider à identifier une contrefaçon. Outre la numérotation, un autre « détail » rend notre exemplaire d’autant plus unique (et justifie son prix). Il s’agit de l’envoi composé par Paul Poiret à la page de garde. A l’instar des compositions de Popolôrepô, l’envoi est humoristique et poétique. Voyez plutôt : « Après un bon déjeuner / je n’ai / pas pu / repu / arriver / à trouver / une dédicace digne / des willing ». Par ailleurs, nous joignons à notre exemplaire un fac-similé édité par Chandeigne (2007).
Les calligrammes, assez peu conventionnels représentent à la fois une énigme et un jeu. Représentatifs de la légèreté et de la fantaisie de l’époque, ils ne sont pas sans rappeler l’humour de Bobby Lapointe allié à l’écriture SMS d’aujourd’hui. Pour la petite histoire, les calligrammes sont une idée de Paul Poiret pour divertir son fils Colin, alors enrôlé dans l’armée. Fort du succès de ce jeu phonétique auprès de son fils et de ses camarades, Poiret développe son idée avec la complicité de Fau. C’est ainsi qu’est publié Popolôrepô en 1927, un livre devenu culte à sa sortie. Un exercice de lecture à la fois poétique, absurde et malicieux qui plaît aux jeunes lecteurs comme aux plus grands.
Envoi de Paul Poiret
Un petit mot sur nos deux « imbéciles »…
Paul Poiret est né en 1879 à Paris. Il consacrera sa vie à la couture et à la mode, ouvrant sa propre maison de couture en 1903. Favorable à l’émancipation des femmes, il prônera une mode sans corsets. Il connaît un succès fulgurant mais éphémère. Bien que couturier de formation, il n’hésitera pas à laisser s’exprimer son art dans d’autres domaines (jouets, parfums, meubles, etc.). Paul Poiret est d’ailleurs considéré comme un précurseur du style Art déco. Bien qu’il soit mort ruiné et dans l’indifférence du grand public, sa griffe aura marqué son époque et survit encore aujourd’hui.
Pierre Fau (1888-1960) est dessinateur, dont les domaines de prédilection sont l’humour et l’actualité. Son trait, plutôt tortueux met en scène des « bonshognomes ».
Alors, êtes-vous prêt à vous régaler des bons mots de Popolôrepô ? Pour rappel, ce premier et seul tirage rend l’album introuvable, sans compter l’envoi rarissime de l’auteur !
Imprimé en 1625, ce très rare exemplaire issu de la bibliothèque de Frédéric Lachèvre est la véritable édition originale de ce qui sera plus tard la troisième partie des œuvres de Théophile de Viau.
Exemplaire de la bibliothèque de Frédéric Lachèvre : édition originale de 1625 des Œuvres de Théophile de Viau, reliure plein maroquin rouge signée Chambolle Duru, dos à cinq nerfs, titre et date à l’or.
Bibliographe et critique littéraire, Frédéric Lachèvre (1855-1943) est un spécialiste du libertinage du XVIIe siècle.
Son idée du libertinage réduit cette forme de libre-pensée à la seule indiscipline, à la licence des mœurs. Il refuse d’y voir une philosophie à part entière et va jusqu’ à faire du libertin un idiot et un dépravé sans aucune morale.
Son œuvre comprend une vaste étude sur le libertinage du XVIIe siècle, des recueils de poésies des XVIe et XVIIe siècles, des bibliographies. Cette passion pour le XVIIe siècle le mène à Pierre Louÿs (1870-1925), auteur et grand bibliophile, dont la bibliothèque regorge de richesses. Une amitié intellectuelle s’instaure entre les deux hommes, de cette collaboration naissent les Recueils collectifs de poésies libres et satiriques publiés depuis 1600 jusqu’à la mort de Théophile (1626).
Un super-libris très reconnaissable, un serpent enserrant une plume, apposé sur le plat supérieur
Une vanité en ex-libris collé sur le contre-plat
Ouvrages de Lachèvre sur Théophile de Viau : Les Recueils collectifs de poésies libres et satiriques publiés depuis 1600 jusqu’à la mort de Théophile (1626), Paris, Champion, 1914. Le Procès du Poète Théophile de Viau, 2 vol., 1909-1911 – Honoré Champion, . Réédition à Genève, Slatkine Reprints en 1968.
Cette édition, la seule véritable et sans ajouts est imprimée en 1625, année de sortie de prison de Théophile de Viau et un an avant sa mort. L’auteur nous précise d’ailleurs dans un « Au lecteur » que ces pages sont de sa propre plume, contrairement aux précédentes éditions qui sont « un amas de discours (…) empruntés de plusieurs autres ».
Ces pages sont écrites pendant son séjour en prison. En effet Théophile de Viau, élevé dans la religion protestante, se convertira au catholicisme plus tard mais fini par rejeter complètement les croyances chrétiennes. C’est un libertin d’esprit et de moeurs, plutôt épicurien, ce qui lui vaudra le bannissement dès 1619.
Son oeuvre, composée de pièces de théâtre et de poésie est baroque, lyrique et un peu maniérée (on ne s’étonnera pas de devoir sa « redécouverte » à Théophile Gautier). Il est surtout connu pour sa tragédie en cinq actes : Les Amours tragiques de Pyrame et Thisbé (1621).
Sommaire de cette édition des Œuvres de Théophile de Viau
Au sommaire de cette très belle édition, vous trouverez :
La plainte de Théophile à son ami Tircis
La pénitence de Théophile
Requête de Théophile au Roi
Théophile incarcéré
Apologie de Théophile
Requête de Théophile à Nosseigneurs de Parlement
Très humble requête de Théophile à Monseigneur le premier président
Remerciement de Théophile à Corydon
Théophile à son ami Chiron
Prière de Théophile aux poètes de ce temps
Remontrance de Théophile à Monsieur de Vertamont conseiller en la Grand-Chambre
La maison de Sylvie par Théophile
Lettre de Théophile à son frère
J’aime la poésie. Et il y a une collection qui m’aide à m’ouvrir de nouvelle friches poétiques : Orphée (des éditions La Différence). Grâce à cette collection, je découvre des poètes que je ne connaissais pas encore (comme C. K. Williams), ou les flancs poétiques d’auteurs lus par ailleurs (« Les Cavaliers noirs » de Stephen Crane, le recueil de J. M. Synge« Sachant toute solitude »…). Parfois aussi, c’est une redécouverte, sous une nouvelle traduction, de textes que j’aime (je vous avais parlé des Élégies de Duino il y a peu, mais je pense aussi aux haïkus de Buson…)
Et c’est grâce à cette collection que j’ai découvert la poésie d’Ivan A. Bounine. Ici dans un florilège intitulé « Mon coeur pris par la tombe ».
Bien entendu, on connait cet auteur comme l’un des très grands écrivains en prose russes du XXe siècle, et qui obtint le Prix Nobel de Littérature en 1933.
Mais on connait peu les magnifiques poèmes, lyriques et évocateurs qui sont nés de sa plume… Vladimir Nabokov tenait la poésie de Bounine pour l’une des plus merveilleuse (il le dit merveilleusement dans un texte mis en avant-propos de cette édition).
Une belle découverte.
Aujourd’hui, un autre fondamental : la poésie de Rainer Maria Rilke.
Dans ces dix Élégies, qui sont autant de cyclones poétiques, Rainer Maria Rilke s’ingénie à interroger (comme seul le poète peut le faire) la place de l’homme au sein du monde, dans son rapport à la parole humaine et au silence.
Ce court recueil est très certainement le volume de poésie que j’ai le plus relu. Et son écriture, sa présence physique, incarnée, de notre rapport humain au « rien » du monde, est pour moi un art de vie poétique, qui se renouvelle à chacune de mes lectures.
Le dernier mot sera pour Lou-Andreas Salomé, qui dit de ces Élégies de Duino qu’elles sont « l’inexprimable (…) élevé à la présence »
19 Jan 2022
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Poètes d’aujourd’hui
Nous avons récemment eu la chance de pouvoir ajouter aux livres déjà présents dans nos rayonnages un superbe lot de Poètes d’aujourd’hui en très bel état. Cette collection de monographies, principalement dédiée aux poètes du XXème siècle, a été fondée en 1944 par Pierre Seghers, poète, directeur de revue, éditeur et résistant. Le but du fondateur des Editions Seghers était de faciliter l’accès à la poésie au plus grand nombre. Chaque numéro se décompose en deux parties : une étude consacrée au poète, puis une sélection de textes ; chaque réédition tient compte de l’évolution de l’œuvre de l’auteur concerné. Du premier numéro consacré à Paul Eluard, la série s’achève en 1994 avec le numéro 270 thématisé autour de l’œuvre de Jude Stefan. On peut également mentionner le numéro 93, consacré à Léo Ferré, qui marque l’entrée de la chanson au sein de la collection des Poètes d’aujourd’hui. Les numéros dont nous venons de faire l’acquisition présentent un très bel état général ; vous pourrez ainsi y retrouver les numéros consacrés à Allen Ginsberg, Michel Butor, Luis Cernuda, Charles Péguy, pour n’en citer que quelques-uns… Vous pouvez voir les volumes actuellement disponibles en cliquant ici !