Un texte génial et drôle et génialement drôle : Martiens, go home ! de Fredric Brown…
L’humour en science-fiction n’est pas toujours la chose la plus réussie qui soit… Deux exceptions : certaines pages du Guide du Routard Galactique de Douglas Adams, et TOUTES l’oeuvre de Fredric Brown !
En quelques mots, l’histoire : Luke Devereaux est un écrivain de science-fiction en pleine crise de la page blanche. Il décide donc s’isoler dans un petit cabanon en plein désert californien, pour se consacrer pleinement à son écriture, sans tous ces éléments perturbateurs de la vie quotidienne. Mais au moment même où une idée (forcément géniale) germe dans sa tête, on frappe à la porte. Il ouvre … et se retrouve nez à nez avec un être petit, humanoïde et vert, qui lui dit « Salut Toto, c’est bien la Terre ici ? » Les martiens ont débarqué !
Ils sont nombreux, ont des pouvoirs incroyables (voir dans le noir, et à travers les objets ou les murs, se téléporter, entendre des chuchotements à plusieurs kilomètres à la ronde…) mais le plus grave, c’est qu’ils disent toujours la vérité ! Et ça, l’Humanité est-elle prête à le subir ?
L’un des plus grands éclats de rire de ma vie de lecteur (Ah ! La scène de Roméo et Juliette !…).
Comme on dit : À LIRE AU PLUS VITE !
Aujourd’hui, un autre fondamental : la poésie de Rainer Maria Rilke.
Dans ces dix Élégies, qui sont autant de cyclones poétiques, Rainer Maria Rilke s’ingénie à interroger (comme seul le poète peut le faire) la place de l’homme au sein du monde, dans son rapport à la parole humaine et au silence.
Ce court recueil est très certainement le volume de poésie que j’ai le plus relu. Et son écriture, sa présence physique, incarnée, de notre rapport humain au « rien » du monde, est pour moi un art de vie poétique, qui se renouvelle à chacune de mes lectures.
Le dernier mot sera pour Lou-Andreas Salomé, qui dit de ces Élégies de Duino qu’elles sont « l’inexprimable (…) élevé à la présence »
Aujourd’hui, le prologue d’un thriller politico-historique de très grand talent : MONSTER, de Urasawa Naoki.
Jeune neuro-chirurgien de génie dans une grande clinique allemande, le docteur Tenma a un avenir tout tracé. Pourtant, un jour, il décide d’opérer (et sauve) un jeune garçon blessé d’une balle dans la tête, plutôt que le maire de Düsseldorf. Pour ce choix, le docteur est rétrogradé par son chef de service, et sa petite amie le quitte.
Le jeune garçon a une soeur jumelle, arrivée en même temps que lui à la clinique, en état de choc. En effet, les enfants ont été retrouvés dans la même pièce que leurs deux parents assassinés. Quelques jours plus tard, le frère et la soeur disparaissent mystérieusement et des responsables de l’établissement sont retrouvés morts à leur tour.
Les années passent, et le Docteur Tenma, suspecté par la police, découvre peu à peu la place de ce jeune garçon dans une machination meurtrière bien plus large que ce qu’il imaginait…
Efficace et intelligent, le manga s’étale sur 18 volumes, et ses faux airs de la série (et du film) « Le Fugitif » cachent en fait une réelle réflexion philosophique sur l’identité et sur les ressorts qui nous font agir.
Commençons 2016 en revenant aux fondamentaux : Cristal qui songe, de Theodore Sturgeon !
Toute l’oeuvre de Theodore Sturgeon est à lire, pour son humanité et son interrogation sur l’Autre et sa différence, tout autant que sur son incroyable sens narratif, et ses histoires simples mais tellement prenantes.
Dans ce roman, un jeune garçon adopté, Horty Bluett, se voit renvoyé de l’école, parce qu’il a encore mangé des fourmis. Son père adoptif, un homme sauvage, brutal, et juge à la cour, le maltraite une nouvelle fois, « pour lui apprendre »… Las de toute cette violence, Horty fugue, emmenant son seul trésor : un Diable-dans-la-boîte (le seul objet qui ne l’ait jamais quitté depuis sa naissance). Il arrive alors au sein d’un cirque itinérant, remplis de femmes à barbe, de nains et autres freaks, tous d’une immense gentillesse. Mais ce cirque est dirigé d’une main de fer par Pierre Ganneval, un ancien médecin misanthrope…
Simplement : un chef-d’oeuvre…
Aujourd’hui, un petit coup de projecteur sur un essai de référence.
Durant mes études, je pense qu’il a été la porte d’entrée la plus importante vers le XVIIe siècle français, et vers sa pensée morale, théâtrale et politique (tout cela absolument liés chez les auteurs de l’époque…). Une sorte de socle intellectuel qui permet ensuite tous les raffinements, et qui éclaire les heures que nous avons pu passer dans Le Cid ou dans Bérénice.
Un ouvrage magique aujourd’hui : Le Chat qui venait du ciel de HIRAIDE Takashi.
Un tout petit livre, qu’on ne peut pas raconter : l’histoire de la relation si particulière qu’entretient un chat avec nous… Cette ouverture de liberté qu’offre ce petit chat, là, qui navigue le long des pages, au narrateur et à sa compagne.
Si vous aimez les chats, lisez ce livre. Si vous ne les aimez pas, lisez le aussi, et vous comprendrez enfin un des grands mystères de l’univers.
Aujourd’hui, coup de projecteur sur Histoire de Lisey.
Dans la lignée des grands textes de Stephen King qui interrogent la question de l’écriture et qui creusent le rôle et le moteur de l’écrivain (on pense de suite à l’un de ses chefs-d’oeuvre : Misery), l’un des derniers avatars en date (et vainqueur d’un Bram Stoker Award à sa sortie, en 2006) est ce très beau roman, volumineux et haletant.
Venant de perdre son mari écrivain, et décidant d’entreprendre son travail de deuil, Lisey replonge dans les papiers et éléments laissés par son mari. Tout s’enchaîne de là…
Un roman magnifique, sur le deuil et l’écriture, sur l’amour et sur tous ces petits riens de la vie de tous les jours…
Le poche du jour : la traduction de deux recueils de Sylvia Plath, chez Gallimard. Recueils-charnières, ils furent réorganisés par son mari et sa soeur quelques temps après le suicide de cette grande poétesse, à partir des centaines de poèmes restés inédits. « La Traversée » et « Arbres d’hiver » sont comme deux parenthèses qui englobent toute une vie poétique, organisent une mythologie, dans lesquels les démons, qui l’ont hanté toute sa vie, semblent plus familiers, tout en gardant leur force de nuisance et leur charge d’inquiétude. Une lecture indispensable !
Le livre de poche du jour sera Moby Dick d’ Herman Melville dans la traduction collective que nous devons à Lucien Jacques, Jean Giono et Joan Smith. Malheureusement l’éditeur n’a pas crédité le graphiste qui a réalisé cette jolie couverture. Je conseille vivement la lecture de ce roman capital, gothique, mystique, aventureux, philosophique, cinématographique. Un monument !
Tous les bibliophiles devraient y relire le chapitre 32 où les baleines sont classées dans trois catégories in-folio, in octavo, in douze… Il n’y a pas d’in-quarto et cela pour une raison bien précise, l’in-quarto ne respecte pas la proportion des in-folio !!! Laissons Melville parler : « Why this book of whales is not denominated the Quarto is very plain. Because, while the whales of this order, though smaller than those of the former order, nevertheless retain a proportionate likeness to them in figure, yet the bookbinder’s Quarto volume in its dimensioned form does not preserve the shape of the Folio volume, but the Octavo volume does. »
Le livre que nous vous présentons aujourd’hui fut et restera le point culminant du travail de l’éditeur et imprimeur Léon Curmer (1801-1870).
Page de titre de Les évangiles des dimanches et fêtes de l’année imprimé par Curmer en 1864
Ce qui frappe en premier lieu quand on ouvre « Les évangiles des dimanches et fêtes de l’année » , c’est la qualité extraordinaire des reproductions, (surtout lorsqu’on la met en regard des techniques disponibles à l’époque). C’est également la grande précision et la justesse des commentaires et descriptions qui l’accompagnent.
Les 2 premiers volumes comportent 401 chromolithographies en couleurs, reproduites d’après des livres d’heures et des manuscrits anciens, avec une attention particulière sur le rendu des miniatures, bordures et autres décorations. Ce travail est tout simplement magnifique. Même nos yeux de bibliophile habitués aux chromolithographies sont éblouis à chaque page, tant par la variété des couleurs que par la complexité des impressions et la soin apporté au choix de l’iconographie reproduite.
Le dernier volume, appendice aux évangiles, contient la liste des souscripteurs. Certains sont prestigieux, et au premier rang d’entre eux, nous pouvons lire Napoléon III en personne.
Ce volume contient également les actions de grâces, illustrées de 80 photographies originales d’après d’anciennes gravures sur cuivre. Ces dernières pages font de ce livre un des tous premiers livres illustrés par photographie.
Ce volume, enfin, propose toutes les notices, l’ornementation de l’appendice, la classification des diverses écoles de peinture des manuscrits.
Pierre Larousse dira dans son dictionnaire : « M. Curmer a entrepris la reproduction en couleur des anciens manuscrits. Il y a réussi au-delà de toute espérance. Il a fouillé et exploré toutes les bibliothèques du continent et de l’Angleterre, il n’existe pas un manuscrit capital qui ne soit pas représenté dans ses éditions des Evangiles des Dimanches. Ce dernier ouvrage surtout, par la haute importance des reproductions, leur variété, leur authenticité, restera comme l’un des plus beaux livres qu’on ait jamais tenté d’exécuter » (Larousse du XIX°, tome 5, page 684). Les deux premiers volumes sont montés sur onglets, et les trois volumes sont reliés plein maroquin rouge du Levant.
Reliure plein maroquin rouge du levant par Segouin pour « les évangiles des fêtes et des dimanches » livre édité par Curmer !
Notre exemplaire comporte la page de titre avec la date de 1872 couplée à la mention : « réimprimé par Bachelin-Deflorenne », mais suivi par la page de titre portant la date de 1864. Comme certains spécialistes l’ont relevé, on peut à juste titre penser que Curmer avait fait imprimer un peu plus de 800 exemplaires (nombre donné par la liste des souscripteurs). Ségouin et Bachelin-Deflorenne auraient donc récupéré les exemplaires disponible à la mort de Curmer et les auraient vendus. Cet état de fait est d’ailleurs confirmé par le bon de commande de l’ouvrage, qui se trouve dans notre exemplaire, dans lequel Ségouin dit être actuellement le propriétaire de l’ouvrage dans une quantité fort restreinte. Il ajoute même que le livre ne sera pas réédité, les pierres étant depuis longtemps effacées. Ségouin vend le livre 1000 francs, en feuilles. L’ancien propriétaire de notre exemplaire a acheté ce volume et une bible pour 1200 francs.
Bon de commande des évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer, livre imprimé en 1864.
Description de notre exemplaire :
3 volumes in-4°, 28 x 20,5 cm, reliés plein maroquin rouge du levant : le volume I contient 3 feuillets montés sur onglet (comme toutes les planches des deux premiers volumes) comprenant le titre avec la date d’impression par Curmer (1864) et le titre avec la date Ségouin (1872), plus une autre chromo donnant les adresses de Ségouin et Bachelin Deflorenne, puis 38 planches numérotées de III à XLI, puis 170 planches (169 numérotées), et pour finir IV planches pour la table. Le deuxième volume : 2 planches non numérotées, puis la numérotation reprend de 172 à 361 puis 4 planches non numérotées et enfin V planches pour les tables. Le troisième volume comprend : XXXII pages, 172 pages non paginées, puis 154 pages, 6 pages non paginées, puis 255 pages, puis 3 pages non paginées, une petite dizaine de feuillets comportent des rousseurs dans le troisième volume, très bel exemplaire de ce MAGNIFIQUE livre qui préfigure le travail que feront les éditeurs de Fac-Simile de la fin du XX° siècle comme Fac-Simile Verlag à Luzern. Un chef d’oeuvre de technique de l’impression !
Chromolithographie pour les évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer
Chromolithographie pour les évangiles des fêtes et des dimanches par Curmer
7 Jan 2016
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Un texte génial et drôle et génialement drôle : Martiens, go home ! de Fredric Brown …
L’humour en science-fiction n’est pas toujours la chose la plus réussie qui soit… Deux exceptions : certaines pages du Guide du Routard Galactique de Douglas Adams, et TOUTES l’oeuvre de Fredric Brown !
En quelques mots, l’histoire : Luke Devereaux est un écrivain de science-fiction en pleine crise de la page blanche. Il décide donc s’isoler dans un petit cabanon en plein désert californien, pour se consacrer pleinement à son écriture, sans tous ces éléments perturbateurs de la vie quotidienne. Mais au moment même où une idée (forcément géniale) germe dans sa tête, on frappe à la porte. Il ouvre … et se retrouve nez à nez avec un être petit, humanoïde et vert, qui lui dit « Salut Toto, c’est bien la Terre ici ? » Les martiens ont débarqué !
Ils sont nombreux, ont des pouvoirs incroyables (voir dans le noir, et à travers les objets ou les murs, se téléporter, entendre des chuchotements à plusieurs kilomètres à la ronde…) mais le plus grave, c’est qu’ils disent toujours la vérité ! Et ça, l’Humanité est-elle prête à le subir ?
L’un des plus grands éclats de rire de ma vie de lecteur (Ah ! La scène de Roméo et Juliette !…).
Comme on dit : À LIRE AU PLUS VITE !