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30 Juin 2016

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Le bouquin des méchancetés et autres traits d’esprit

Le trait d’esprit, la petite méchanceté assassine, sont comme ces petits bonbons qui piquent la langue mais presque agréablement… On peut dire d’elle ce que dit René Descartes du chatouillement (oui, il y a une théorie cartésienne du chatouillement ! C’est dans le Traité des Passions, article 94 !)

« La cause qui fait que pour l’ordinaire la joie suit du chatouillement est que tout ce qu’on nomme chatouillement ou sentiment agréable consiste en ce que les objets des sens excitent quelque mouvement dans les nerfs qui serait capable de leur nuire s’ils n’avaient pas assez de force pour lui résister (…). C’est presque la même raison qui fait qu’on prend naturellement plaisir à se sentir émouvoir à toutes sortes de passions, même à la tristesse et à la haine, lorsque ces passions ne sont causées que par les aventures étranges qu’on voit représenter sur un théâtre, ou par d’autres pareils sujets, qui, ne pouvant nous nuire en aucune façon, semblent chatouiller notre âme en la touchant. »

Bref, de même que le chatouillement montre au corps sa propre puissance, de même, les traits d’esprit touchent en nous cette pointe d’intelligence qui nous réveille et nous fait sourire, même à nos dépens…

Ce volume de 1153 pages en expose un nombre incroyable, avec délice… Quelques exemple ?

Un client entre dans un restaurant où l’on jouait au violon une valse de Chopin, et s’effondre en pleurs. On s’étonne : « Ah, vous êtes Polonais ? » et lui : « Non, je suis violoniste… »

Ou Benjamin Disraeli qui disait de Daniel O’Connell, activiste irlandais : « Il a commis tous les crimes, à l’exception de ceux qui requièrent du courage… »

Ou encore George Bernard Shaw, par rapport à la superstition disant que conclure un mariage le vendredi portait malheur et que les époux finissaient invariablement malheureux en ménage : « C’est évident, je ne vois pas pourquoi le vendredi ferait exception… »

Bref, des petites perles de méchancetés, à picorer pour vous aiguiser l’esprit…

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: Anthologie, Humour

28 Juin 2016

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Poison City, de Tsutsui Tetsuya

Cela faisait longtemps que je n’avais pas plongé dans du manga, surtout dans du manga de cette qualité.

Poison City, de TSUTSUI Tetsuya, entrecroise génialement l’histoire d’un mangaka et de son oeuvre. À l’approche des Jeux Olympiques de Tokyo de 2020, et suite à un fait divers, un Comité d’Éthique et de Censure est créé au Japon, pour surveiller (et punir) les oeuvres dites subversives (voire conduire des actions contre leur mangaka).

Un jeune dessinateur, Hinibo Mikio, vient de signer, chez un grand éditeur, sa future série d’horreur… Dans ce contexte de pression insidieuse, comment va-t-il pouvoir créer ?

Se basant sur l’histoire du fameux Comics Code Authority, qui, aux États-Unis, fut la déclinaison au niveau des comics du MacCarthysme, mais se basant également sur sa propre expérience personnelle (un de ses mangas, Manhole, fut classé comme une « oeuvre nocive pour les mineurs » avec « incitation considérable à la violence et à la cruauté chez les jeunes » dans la région de Nagazaki), Tsutsui Testuya fait bien plus que ça, et explore la question par le petit côté de la lorgnette. Alors que son manga aurait pu être une charge bête et méchante, ou ne vouloir servir que sa lutte personnelle, cette oeuvre (en seulement 2 volumes) montre les errements des créateurs, leur tendance à envisager l’auto-censure, à essayer de trouver de mini-parades ridicules, plutôt que d’essayer simplement de faire leur oeuvre la meilleure possible.

Cela m’a énormément fait penser, également, à la charge contre les Jeux de rôles dans les années 90 (aussi bien aux États Unis qu’en France…), ou encore aux dérives télévisuelles que l’on voit fleurir dès qu’un(e) adolescent(e) commet un crime en relation explicite à une oeuvre… Faut-il parler du film « Scream » ? Faut-il parler de « The Catcher in the Rye » et de l’assassinat de John Lennon ?

Bref, ce Poison City est un manga éclairant et vraiment intelligent. Interrogatif, plutôt que bêtement affirmatif. Bref, loin du monde blanc ou noir de la censure et de certains anti-censure…

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: censure, dystopie, Japon, Manga, Tsutsui Tetsuya

27 Juin 2016

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L’Enfer de Dante, illustré par Gustave Doré (1891)

Munissez-vous d’une obole pour Charon et préparez-vous à embarquer sur le Styx, car nous vous conduisons en Enfer cette semaine ! Et pas n’importe lequel, celui de Dante Alighieri, illustré par Gustave Doré.

Un ouvrage devenu rare

C’est en 1861 que Doré commence à travailler sur l’illustration de « La Divine Comédie » de Dante (qui comprend « L’Enfer », « Le Purgatoire » et « Le Paradis »). Il mettra plus de 7 ans à terminer ce projet (qu’il ponctue par beaucoup d’autres). Doré utilise le format et la technique utilisés pour l’illustration du « Juif errant », de Pierre Dupont. Il abandonne donc la traditionnelle plaque de cuivre et opte pour le bois de teinte (dite gravure d’interprétation ou xylogravure), ce qui lui permet d’obtenir un rendu beaucoup plus subtile et riche grâce aux nuances et demi-teintes des lavis. Cependant, suite à la réticence des éditeurs qui jugent ces éditions in-folio trop luxueuses (et donc trop coûteuses), Doré prend sur lui d’auto-éditer ces oeuvres et publie la première partie de « La Divine Comédie » en 1861. Suite au succès critique et populaire, les éditeurs changent rapidement d’avis ! Cet exemplaire de « L’Enfer » est publié en 1891, chez la Librairie Hachette et Cie. Vous pouvez observer sur nos photographies la richesse des gravures de Doré, leur vivacité et l’adéquation du format in-folio qui permet d’observer chaque tableau dans les moindres détails. Le cartonnage en percaline rouge combiné à un titrage stylisé doré est des plus saisissants. Le tout est en très bon état.

L'Enfer de Dante
Portrait de Dante en frontispice

Gustave Doré, artiste majeur du XIXe siècle

Le jeune Gustave Doré est né à Strasbourg en 1832 et a tout de l’enfant prodige. Très tôt, il manifeste un don précoce pour le dessin. Son esprit curieux est nourri par de nombreuses lectures et son sens de l’observation aigu lui permettent déjà de dessiner des croquis talentueux. A 10 ans, il dessine ses premiers albums, directement inspirés des Scènes de la vie privée et publique des animaux, de Grandville (aux éditions Hetzel). Son style vivace teinté d’humour s’affine vite et à 13 ans, Gustave Doré voit ses premières œuvres publiées, il s’agit de 3 lithographies.

S’ensuit le début d’une carrière riche, innovante et prolifique. Ainsi, Doré coiffera tour à tour les casquettes de caricaturiste, peintre, sculpteur, illustrateur, auteur de bandes-dessinées et graveur. Très vite, il devient incontournable dans le milieu et se fait connaître à Paris alors qu’il n’a que 15 ans. Un de ses grands projets consiste à illustrer les livres de sa bibliothèque idéale, constituée d’une trentaine de « chefs-d’oeuvre de la littérature ». Des Contes de Perrault à Shakespeare en passant par la Bible et Homère, tous auront droit à leur illustration par Doré, jusqu’à devenir indissociables pour certains. Celle du poème de Coleridge (The rime of the ancient mariner*) est considérée comme sa plus grande réalisation.

Après avoir fondé une école de gravure, s’être fait connaître dans toute l’Europe et ouvert la Doré Gallery à Londres, Gustave Doré meurt d’une crise cardiaque en 1883, à l’âge de 51 ans. Il laisse derrière lui plus de 10 000 dessins, illustrations et oeuvres en tous genres. Son héritage est aussi culturel, car Doré aura une influence considérable sur les générations futures d’illustrateurs.

Une des 75 gravures du livre
Une des 75 gravures du livre

Un critique désormais anonyme : « L’auteur est écrasé par le dessinateur. Plus que Dante illustré par Doré, c’est Doré illustré par Dante. »

Paolo et Francesca détail
Paolo et Francesca détail
L'Enfer de Dante, illustré par Gustave Doré
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*La complainte du vieux marin

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By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Dante Alighieri, Divine comédie, Enfer, Gravure, Gustave Doré, Illustrateur, Illustration, Moyen-âge

21 Juin 2016

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La Guerre olympique, de Pierre Pelot

Glaçant.

Ce roman présente un futur où des sportifs, sur-entraînés et sur-dopés, s’affrontent tous les deux ans. Ils représentent soit le « camp rouge » , soit le « camp blanc » . Et nous assistons bien non pas à des Jeux, mais une Guerre Olympique. Tous les coups y sont permis, même les plus vils (surtout les plus vils…).

Et pour le camp perdant, comme dans toute guerre, une sentence démographique : dix millions de morts, choisis dans leur rang (mais parmi les déviants,déliquants, subversifs, artistes…) Et la sentence est immédiate, grâce à l’implantation de ces micro-bombes dans le cerveaux de tous les citoyens, et qui explosent dès la proclamation des résultats.

Panem, circences, et paix sociale ?…

Quelques grands romans ont abordé le dévoiement de l’esprit de compétition. Si « W ou le souvenir d’enfance » de Georges Perec est bien évidemment le premier qui me vienne à l’esprit, cette Guerre olympique, de Pierre Pelot, occupe également pour moi, dans une vision totalement différente, une place très importante.

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: dystopie, France, Pierre Pelot, Science Fiction, sport

19 Juin 2016

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Joseph Oberthür, un dessinateur animalier de génie

Nous vous présentons aujourd’hui la dernière acquisition de votre librairie préférée ! Il s’agit d’un ensemble d’ouvrages illustrés par un célèbre dessinateur animalier, j’ai nommé Joseph Oberthür. Chasse, faune sauvage et animaux migratoires, laissez-vous enchanter par les dessins de l’auteur !

Joseph Oberthür
Animaux de vènerie et chasse aux chiens courants

Notre collection d’ouvrages

Comme vous l’avez compris, les thèmes de prédilection de Joseph Oberthür tournent autour de la nature. Les sujets traités restent divers et variés : Camargue, activité migratoire, chasse et pêche, gibiers et même grands fauves !  Sans oublier les récits autobiographiques, bien entendu illustrés d’authentiques dessins de l’auteur. Nous vous invitons à consulter notre collection d’ouvrages illustrés par Joseph Oberthür ICI.

Animaux de vènerie et chasse aux chiens courants
Animaux de vènerie et chasse aux chiens courants

Si le dessin et les animaux vous intéressent, nous vous invitons à découvrir d’autres dessinateurs animaliers. Il y a par exemple Les planches du règne animal de George Cuvier, mais aussi le magnifique travail sur gravure d’Edouard Travies (XIXe s.) ou encore l’œuvre de Roger Reboussin principalement consacrée aux oiseaux.

Docteur Joseph Marie Oberthür

Il est né à Rennes en avril 1972 et mort en 1956, dans la propriété familiale de la Broustière située à Cancale. Très tôt, Joseph Oberthür est attiré par les sciences et s’oriente vers des études de médecin, qu’il réussit avec brio. Cependant, c’est en tant que dessinateur que son nom restera dans les mémoires. Passionné par la nature, la chasse et la faune sauvage, J. Oberthur obtiendra une renommée mondiale grâce à ses travaux de naturaliste et son talent de dessinateur. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Gibiers de passage » ou encore « Les animaux primitifs ». Ses talents de conteur ne sont pas à négliger, mais ce sont l’exactitude et le charme de ses dessins qui lui valent le surnom de « Buffon du XXe siècle« .

Activité migratoire
Activité migratoire

Une saga familiale

Le nom d’Oberthur vous est familier ? Ce n’est guère étonnant ! La famille a marqué l’histoire de l’imprimerie et de sa ville d’adoption : Rennes. Le fondateur, François-Charles est le fils d’un imprimeur installé à Strasbourg, auprès duquel il découvre le travail d’Aloys Senefelder, l’inventeur de la lithographie ! Il part en apprentissage à Paris, puis à Rennes en 1838 chez Landais. Dix ans plus tard, il fonde l’imprimerie Oberthür, qui connaît un grand succès, notamment avec la création de l’almanach du facteur. Il est également entomologiste amateur, passion qu’il transmet à ses fils René et Charles (dont Joseph est le fils).

Vous êtes-vous déjà promené dans le parc Oberthür ? Il appartenait à la famille avant d’être cédé à la ville de Rennes en 1960. Joseph Oberthür nous raconte même les expéditions de chasse qu’il y menait étant enfant ! Aujourd’hui, l’empire Oberthur (qui perd son tréma en 1942 pour franciser le nom), est divisé en 3 activités : imprimerie et reliure (Ouest Impression Oberthur), imprimerie fiduciaire (François-Charles Oberthur Fiduciaire) et impression de calendriers et agendas (Editions Oberthur).

Hase détail
Hase détail
Joseph Oberthür
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By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Animaux, Chasse, dessin, Edouard Travies, Entomologie, Illustrateur, Illustration, Joseph Oberthür, naturaliste, Nature, Oberthür, Ornithologie, Roger Reboussin, Zoologie

16 Juin 2016

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Les Bêtes du Walhalla, de George Chesbro

Je dois à un ami (qui signe sur le net du nom de Henri Bademoude) ma découverte de George Chesbro.

Le personnage principal de ses romans est comme ce qu’il nous propose : un mélange étonnant, détonnant, et incroyablement enthousiasmant. Robert Frederickson, l’enquêteur de l’agence qu’il a monté avec son frère (Garth, un ex-flic), est un freak… Un nain, accrobate de cirque, qui était connu, au sommet de sa gloire, sous le nom de Mongo le Magnifique. Il est bien entendu d’une grande agilité, connaît plusieurs techniques avancées de combat, mais il est aussi doué d’un QI hors-norme, et fut professeur de criminologie…

Ce roman-ci, foisonnant, est à l’image de tous les autres : jouissif de trouvailles et d’intelligence, tout en appuyant là où ça ne fait pas toujours beaucoup de bien…

Le neveu de Mongo vient de mourir. Suicide. C’était un geek pur jus : petit génie de l’informatique, rôliste, et vouant un culte à Tolkien et à son oeuvre. Mais lorsque Mondo commence à y regarder de plus prêt, on aperçoit comme l’ombre d’un projet auquel semble participer le Pentagone…

Auteur prolifique mais trop peu connu, George Chesbro propose des romans d’une belle complexité, qui fleurtent toujours plus ou moins avec les territoires du fantastique (parfois la science-fiction, lorsqu’il aborde le thème des manipulations génétiques…)

Si vous ne connaissez pas ce romancier d’exception (je pèse mes mots), qu’une plongée dans le sombre de l’âme humaine ne vous fait pas peur, et que les romans transgenres vous enthousiasment, il faut vraiment que vous lisiez George Chesbro !

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: Etats-Unis, Fantastique, George Chesbro, Polar, Science Fiction

14 Juin 2016

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The Redress of Poetry, de Seamus Heaney

Parmi les poètes qui ont compté dans mon histoire de lecteur, il y a Walt Whitman, R. M. Rilke, Jean Cocteau, Kenneth White, C. K. Williams…

Et il y a Seamus Heaney.

De cet Irlandais, Prix Nobel en 1995, j’ai appris que la poésie s’épanouissait pleinement dans un hiatus. Tout à la fois mystérieux et accessibles, ses textes frappent et sonnent, par leur largeur poétique et historique et leur trivialité du quotidien. Pour lui, l’universel que cherche le poète n’est pas dans la Sphère des Idées, mais se situe dans le concret du monde.

Je me souviens, notamment, de ce beau poème écrit lors de la découverte dans une tourbière d’un corps momifié (« L’Homme de Grauballe », dans « North »). Tout y est. La tourbe sur les mains et l’histoire sous les yeux. Et c’est tout le sens également de ce recueil d’essais et d’interventions, rassemblés sous le nom « The Redress of Poetry ».

Les textes de Seamus Heaney sont comme ces mûres que l’on cueille, à la fin août…

You ate that first one and its flesh was sweet
Like thickened wine: summer’s blood was in it
Leaving stains upon the tongue and lust for
Picking.

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: Irlande, Poésie, Seamus Heaney

12 Juin 2016

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Notre collection d’ouvrages aux éditions Dana

Aujourd’hui, la librairie vous présente une maison d’édition aux publications pleines de poésie. Les éditions Dana nous proposent de belles associations d’auteurs et d’illustrateurs, le tout sublimé par une mise en page et des matières originales. De véritables livres-objets !

Couverture
Couverture

Des ouvrages en tirage très limité !

Ces beaux-livres ont été tirés à très peu d’exemplaires. Ainsi, il n’existe que 50 exemplaires de l’édition originale des Éléments du P., par Joël Leick. Le nôtre, le n°15, fait partie des 20 entièrement peints par l’auteur. Il en va de même pour nos autres ouvrages dont le tirage a été limité à 150 exemplaires :

  • Ombre ouverte, de Zéno Bianu et illustré par Lise-Marie Brochen (1 des 10 ex. numérotés hors-commerce).
  • Ombre ouverte, id. (1 des 30 ex. numérotés de I à XXX). Couverture en bois.
  • Tisse la ressemblance, de François Rannou, illustré de 8 encres et accompagné d’une linogravure de Huang Rannou (1 des 10 ex. hors-commerce).
  • Un regard en abîme, de Bernard Noël et illustré de 4 gravures de Véronique Sablery (1 des 10 ex. hors-commerce).
  • Kad Godeu, de Taliesin accompagné de dessins originaux d’Eric Brault (tirage limité à 40 ex., 1 des 33 ex. numérotés de 1 à 33). Couverture en bois.
Justificatif de tirage, signature et linogravure
Justificatif de tirage, signature et linogravure

Ces ouvrages sont d’autant plus recherchés qu’ils sont tous numérotés et signés, par les auteurs et illustrateurs (excepté le « Kad Godeu », seulement signé par le dessinateur). On remarque une erreur dans « Un regard sublime » : le colophon ne correspond pas. C’est le colophon de l' »Ombre ouverte », signé par Zéno Bianu et Lise-Marie Brochen qui a été collé à la place.

Zoom sur Bernard Noël

Cet auteur prolifique est né en 1930 dans l’Aveyron et publie son premier recueil de poésie « Extraits du corps », à 28 ans. Il ne s’arrêtera plus, écrivant également romans, essais et critiques d’art. En 1975, il invente même un nouveau concept, celui de « sensure« , désignant la privation de sens d’un mot (sa compréhension et sa signification). L’oeuvre de Bernard Noël est plusieurs fois récompensée : Prix Guillaume-Apollinaire en 1976, Grand prix national de la poésie en 1992 ou encore Prix international de poésie Gabriele d’Annunzio en 2011, pour ne citer qu’eux !

Un souci de l’esthétique

Tout le charme de ces ouvrages repose sur leur dimension charnelle. Leur mise en page est en accordéon, ou leporello pour les bibliophiles. Ainsi chaque page est unique et les vers sélectionnés sont sublimés par leurs jolis écrins. Les illustrations, plutôt sobres et abstraites et s’étendant parfois sur plusieurs pages sont propices à laisser l’imagination vagabonder au gré de nos paysages intérieurs.

L' »Ombre ouverte » et le « Kad Godeu » ont une autre singularité. Leur couverture est faite de bois peint et invite par la vue et le toucher, le lecteur à entrer.

Plats en bois
Plats en bois

Les « Eléments du P. » se distinguent des autres ouvrages car ce n’est pas un leporello. Il est composé de cahiers sous chemise, et surtout, il a été entièrement peint par son auteur.

Les éditions Dana mettent donc en avant des poètes et illustrateurs contemporains tout en leur laissant une grande liberté de composition. Le rendu de cette mise en relation entre images et mots : une union parfaite entre le fond et la forme.

Ombre ouverte (bois)
Ombre ouverte (bois)
Leporello
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By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Bernard Noël, Editions Dana, Eric Brault, François Rannou, Huang Rannou, Illustration, Joël Leick, Leporello, Lise-Marie Brochen, Livre-objet, Poésie, Taliesin, Véronique Sablery, Zéno Bianu

7 Juin 2016

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La vierge froide et autres racontars, de Jorn Riel

À ma lecture de ce petit ouvrage (il fait quelques 150 pages), j’avais ressenti un vrai vent de fraîcheur… dans le très bon sens du terme. Une nouveauté de ton et d’ambiance qui m’avait enchanté et enthousiasmé.

Les protagonistes de ces petits textes vivent sur les pentes gelées du Grand Nord (au Groenland). Ils s’y croisent, s’y entrecroisent, vivent isolés des semaines durant, jouent aux cartes, boivent des coups, s’engueulent (parce que sous ces latitudes là, pas de places pour les tièdes) et se retrouvent toujours avec plaisir… Ils sont comme des îlots pleins de vie dans le froid et la neige.

Et ces îlots sont drôlement sympathiques et gouailleurs. En un mot : Vrais.

Si, cet été, la chaleur s’installe et que vous cherchez désespérément un refuge, embarquez pour le Groenland avec Jorn Riel et sa galerie de personnages haut en couleurs !

By: Bruno Foligné Les mains dans les poches Tags: Danemark, Épopée, Groenland, Jorn Riel, Littérature

6 Juin 2016

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Pierre Louÿs et l’histoire littéraire, Lettres à Frédéric Lachèvre (1907-1921) avec supplément (1919-1921)

C’est un ouvrage d’exception que nous vous présentons cette semaine. Il s’agit de la correspondance entre l’écrivain Pierre Louÿs et le critique littéraire Frédéric Lachèvre. Outre sa rareté et sa beauté, cette édition originale de « Pierre Louÿs et l’histoire littéraire » (1925) comprend neuf lettres manuscrites signées Louÿs. Un livre précieux dans le monde de la bibliophilie !

couv'

Un ouvrage d’exception

Attardons-nous tout d’abord sur l’aspect et la composition du livre. La reliure (signée Blanchetière) est en plein maroquin grenat sous emboîtage. Elle est exceptionnelle, de par sa beauté et son état de conservation, parfaite. L’ouvrage a la particularité d’être entièrement monté sur onglet. Certaines lettres manuscrites retrouvées chez Pierre Louÿs ont été reliées dans cet exemplaire unique, selon la volonté de Lachèvre. On en compte 9 en tout, certaines inachevées, d’autres inédites. L’emblématique encre violette utilisée par l’auteur reste inaltérée. Le supplément concernant la correspondance de 1919 à 1921 est par ailleurs le numéro 1 !

Il existe seulement 75 exemplaires sur Arches de ce livre, pour le moins rare. Le nôtre, le n°57 était l’exemplaire personnel de Frédéric Lachèvre. C’est pourquoi il porte au contre-plat le prestigieux ex-libris de ce dernier, ainsi que son fer doré au 1er plat et sa signature sur le justificatif de tirage.

Lachèvre
Justificatif de tirage et signature de Lachèvre

Une passion commune : les libertins du XVIe s.

Pierre Louÿs et Frédéric Lachèvre avaient plusieurs centres d’intérêt en commun. Tout d’abord, un amour de la littérature doublé d’une passion pour les livres rares et remarquables, ou bibliophilie pour les intimes. La bibliothèque de Louÿs aurait d’ailleurs compté près de 20 000 volumes ! C’est cependant un certain type de littérature qui intéresse au plus haut point les deux auteurs : le curiosa. Et plus particulièrement, le libertinage du début du XVIe siècle. Une passion qui a nourri leur inspiration et leur correspondance féconde. Outre l’écriture de plusieurs études et recueils sur le sujet, Lachèvre a également publié de nombreux auteurs emblématiques du genre (comme Théolphile Viau). Sa bibliothèque n’est d’ailleurs pas en reste.

Lettre du 9 août 1912

La controverse Corneille / Molière

Ce tout autre sujet est également l’objet de plusieurs lettres entre nos deux littérateurs. Pierre Louÿs avance en effet une théorie remettant en cause la paternité des œuvres de Molière. Selon lui, ce dernier ne serait qu’un prête-nom pour Pierre Corneille. Il base sa réflexion sur la ressemblance lexicale entre les pièces de Molière et de Corneille. De plus, il s’agirait selon Louÿs d’une pratique courante à l’époque (mais qui ne le fut en réalité qu’à partir du XVIIe s.). Lui-même a « démontré » cette théorie en nous donnant un bel exemple de mystification littéraire : en 1894, il publie « Les chansons de Bilitis » qu’il fait passer pour une traduction de l’œuvre d’une poétesse grecque, contemporaine de Sappho.

L’exemplaire personnel de Lachèvre nous offre une plongée unique et authentique au coeur de « L’Histoire littéraire ». La facture de ce véritable objet de collection est encore une fois, exceptionnelle. Les lettres manuscrites de Louÿs nous permettent de toucher du doigt l’histoire de la bibliophilie !

Fer de Lachèvre
Fer de Lachèvre
Pierre Louÿs et l'histoire littéraire, lettres à Frédéric Lachèvre
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By: Audrey Cosnier Les Trouvailles de la Librairie Tags: Bibliophilie, Corneille, Correspondance, Frédéric Lachèvre, lettres, Libertin, libertinage, manuscrit, Molière, Pierre Louys
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