23 Fév 2016
0 CommentsMalpertuis, de Jean Ray
Un chef-d’oeuvre fantastique, qui confronte le simple de la vie quotidienne avec les grands mythes fondateurs de l’occident, voila ce qu’est ce grand livre : Malpertuis, de Jean Ray.
Malpertuis, c’est le nom d’une demeure magnifique, dans laquelle vit un vieil homme, Cassave, proche de la mort. Son héritage sera colossal, mais sans descendants directs. Il convoque donc de possibles futurs héritiers, choisis par lui, et leur propose un étrange marché : ils vivront à Malpertuis, et le dernier en vie héritera (si c’est un homme et une femme, ils se devront se marier, et partager).
Mais dans cette quotidienneté, le fantastique entre toujours par effraction : qu’est-ce qui se joue réellement ici ? Qui sont tous ces personnes réunies là ? Et que cherche vraiment Cassave ?
Véritable chef-d’oeuvre, et sans conteste l’un des meilleurs romans de Jean Ray, ce livre aux voix multiples qui s’entrecroisent touche à ce qu’est réellement le fantastique : une zone de non-droit du réel, zone qui ici prend la forme d’une maison grimaçante…
À noter que ce roman a été adapté au ciéma (avec Orson Welles en Cassave !), qu’il est cité de manière très régulière par tous les auteurs de fantastiques, et qu’une excellente maison d’édition, ne publiant que du fantastique, a pris pour nom celui de ce roman !














15 Mar 2016
0 CommentsBeloved, de Toni Morrison
Le Prix Nobel de Littérature de Toni Morrison est probablement le premier évènement littéraire qui a marqué ma vie de lecteur. D’elle, j’avais lu quelques romans, dont celui-ci, Beloved. Et lorsque, par un hasard total, j’ai entendu son nom à la radio lors de l’annonce du Prix (c’était en 1993, j’avais 19 ans), j’ai ressenti une réelle grande joie. Comme le sentiment que ce prix était totalement mérité, et qu’il me touchait, moi, comme lecteur. C’est étrange, mais je me souviens encore de ce jour-là, sans vraiment savoir pourquoi (j’aime beaucoup son oeuvre, mais sans me sentir le moins du monde totalement représentatif ou impliqué dans la reconnaissance de celle-ci).
Cela tient peut-être à la densité de l’écriture et du propos de Toni Morrison : la réalité d’un monde difficile, avec une narration magistrale et dense, et la mise en place incroyable d’une histoire dont tout lecteur ne peut que sortir différent.
Beloved, par exemple, est l’histoire de Sethe, une ancienne esclave, et sa fille Denver, tente de vivre libres, dans cette deuxième moitié du XIXe siècle. Un jour, une jeune fille se présente à la porte. Elle dit s’appeler Beloved. Mais Beloved, c’est le seul mot que Sethe avait inscrit sur la tombe du bébé qu’elle a tué des années auparavant, afin de lui éviter une vie d’esclavage…
Un chef d’oeuvre, qui fut, en son temps adapté au cinéma par Jonathan Demme, avec Oprah Winfrey et Danny Glover.